Revue de presse Travail au noir : une condamnation qui interroge l’exploitation du «Constellation»

ATS

18.1.2026 - 07:53

Les derniers développements du drame de Crans-Montana, le problème d'hébergement à Davos durant le WEF et les conseils d'un ancien conseiller de Donald Trump aux autorités suisses avant d'éventuelles discussions avec le président américain font les titres de la presse dominicale.

Les propriétaires du Constellation se disent dévastés par le drame et assurent qu'ils ne se «déroberont pas», ici une photo d'une de leurs autres propriétés
Les propriétaires du Constellation se disent dévastés par le drame et assurent qu'ils ne se «déroberont pas», ici une photo d'une de leurs autres propriétés
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Keystone-SDA

LE MATIN DIMANCHE/SONNTAGSZEITUNG. La procureure générale du Valais, Beatrice Pilloud, a demandé des ressources supplémentaires aux autorités cinq jours après l'incendie catastrophique de Crans-Montana. Elle a demandé l'embauche d'un greffier à plein temps, selon la SonntagsZeitung. Bien avant le drame, le Ministère public valaisan était déjà en difficulté, selon Le Matin Dimanche. Dans son rapport annuel 2024, la procureure générale Beatrice Pilloud alertait sur une hausse massive des dossiers et un système «en danger», faute de ressources suffisantes. Les procureurs valaisans traitent nettement plus de dossiers que dans d’autres cantons, avec un soutien administratif limité. Cette surcharge nourrit retards, erreurs et critiques, tandis que les moyens supplémentaires accordés restent marginaux face à une enquête appelée à durer des années.

NZZ AM SONNTAG. Les dossiers de l’enquête pénale sur l’incendie de Crans-Montana (VS) ont mis en lumière de graves lacunes dans les investigations, selon la NZZ am Sonntag. Entre autres, les smartphones des exploitants du bar n’auraient été saisis que huit jours après la catastrophe, écrit le journal en se fondant sur les pièces de l’enquête. Le Ministère public aurait en outre traité les membres des autorités valaisannes avec des «gants de velours», estime le quotidien. Le responsable de la sécurité de la commune aurait été autorisé à remettre personnellement, deux jours après l’incendie, des documents relatifs au bar au Ministère public – alors même qu’il se trouvait en situation de conflit d’intérêts. Par ailleurs, selon les pièces de l'enquête, le Ministère public a apparemment oublié de procéder à l’autopsie des victimes. En se basant sur les actes de l'enquête pénale, la NZZ am Sonntag conclut que l’appartement des exploitants du bar n’a pas été perquisitionné. Le Ministère public ainsi que les avocats des exploitants du bar n’ont pas souhaité prendre position.

Retour sur le drame de Crans-Montana

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Depuis le 1er janvier 2026, la Suisse reste sous le choc de la tragédie de Crans-Montana. Résumé des faits de ces premiers jours dramatiques de l'année.

15.01.2026

LE MATIN DIMANCHE. À la suite de la tragédie de Crans-Montana, des parents de victimes gravement brûlées ont créé en urgence l’association Swisshearts afin d’aider les familles à faire face aux lourds frais liés à l’hospitalisation de leurs proches à l’étranger, rapporte le Matin Dimanche. Déplacements, hébergements et séjours prolongés auprès des patients représentent des coûts de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de francs, difficilement supportables sur la durée. Fondée en quelques jours par quatre parents touchés par le drame, Swisshearts vise à offrir un soutien financier rapide et centralisé, sans doublonner les aides existantes. L’association s’adresse aux familles résidant en Suisse, en priorité celles de victimes majeures, moins bien couvertes par le cadre légal. Grâce à une plateforme sécurisée, elle redistribue les dons selon les besoins réels, répondant à une forte volonté de solidarité de la population.

NZZ AM SONNTAG. L’exploitant du «Constellation» à Crans-Montana, Jacques Moretti, a été condamné en Suisse en 2016. Il avait employé des travailleurs au noir à Crans-Montana, écrit la NZZ am Sonntag. Cela remet en question le fait qu’il aurait même dû obtenir une autorisation d’exploiter l’établissement. En vertu de la législation valaisanne, des personnes ayant des antécédents judiciaires ne sont, dans certaines circonstances, pas autorisées à exploiter un bar. Sur la base d’autres documents, le journal met également en cause la responsabilité du Canton. En 2015, le Canton aurait exigé les plans de l’ensemble du bar, sans toutefois les recevoir de la part de l’exploitant. Les travaux de transformation n’ont cependant pas été empêchés. Le Service cantonal du feu serait parti du principe que les travaux n’avaient pas commencé, a déclaré Marie-Claude Noth-Ecoeur, cheffe de service au Département valaisan de la sécurité, au journal. En effet, selon la loi valaisanne sur les constructions, les plans auraient dû être déposés. Les exploitants du bar n’ont pas pris position.

NZZ AM SONNTAG. Le responsable de la sécurité de Crans-Montana (VS) en place en 2019 avait jugé le contrôle du Constellation «en ordre «. L’inspecteur considérait que les voies d’évacuation et la largeur de l’escalier étaient correctes, écrit le journal en se fondant sur le procès-verbal de la dernière inspection incendie du bar. En revanche, il avait critiqué le revêtement en bois de l’établissement. Le protocole ne mentionne pas la mousse très inflammable utilisée pour l'insonorisation du plafond. L’inspecteur avait par contre relevé que les extincteurs n’étaient ni signalés ni fixés, et que l’éclairage des panneaux indiquant les sorties de secours n’avait pas été testé. Le procès-verbal précise que si ces manquements étaient corrigés dans un délai de trois mois, l’établissement pouvait continuer à fonctionner.

SONNTAGSBLICK. Le traitement des patients venus d’Ukraine et de la bande de Gaza en Suisse a facilité le contact avec des interlocuteurs dans plusieurs pays européens, après la catastrophe de Crans-Montana. C’est ce qu’a déclaré un porte-parole de l’Office fédéral de la protection de la population au SonntagsBlick. Le fait que la Suisse ait reçu en quelques heures le soutien de plusieurs pays européens est dû à de bonnes relations avec les organisations européennes de protection civile, ont indiqué des observateurs au journal. Pourtant, encore en novembre, le Conseil fédéral avait reporté la participation officielle de la Suisse au mécanisme européen de protection civile, invoquant l’absence de base légale pour l’inclusion de pays tiers.

SONNTAGSBLICK. L’ancien conseiller à la sécurité nationale de l’ex-président américain Donald Trump, John Bolton, recommande au Conseil fédéral de faire preuve de retenue lors d’une éventuelle rencontre avec Trump au Forum économique mondial de Davos (GR). « Evitez autant que possible le contact avec Trump», déclare-t-il dans une interview accordée au SonntagsBlick. Le président de la Confédération, Guy Parmelin, devrait avant tout écouter le président américain. Donald Trump trouve formidable que les autres écoutent quand il parle. «Celui qui entretient ce type de relation avec lui peut ensuite plus facilement formuler des exigences», explique M. Bolton. Il cite l’exemple de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui aurait bien réussi avec cette stratégie.

SONNTAGSZEITUNG. Des tiny houses empilables pourraient, selon le directeur du Forum économique mondial (WEF) à Davos (GR), Alois Zwinggi, servir de logements temporaires. «Nous en discutons avec les autorités», déclare M. Zwinggi dans une interview accordée à la Sonntagszeitung. Il juge inacceptable que des familles soient chassées de la commune pendant une semaine d’école. Le WEF ne peut toutefois qu’en appeler au sens des responsabilités des bailleurs. Les organisateurs se disent en outre préoccupés par les prix élevés de la parahôtellerie. Cette année, le WEF amène 20% de personnel en moins à Davos, tout en payant 20% de plus pour les hébergements. Selon lui, ces prix font grimper le coût d’événements qui n’ont rien à voir avec le WEF.