Revue de presse Affaire Epstein : des documents révèlent des liens avec la Suisse

ATS

23.11.2025 - 08:15

Des procédures judiciaires accélérées contre délinquants nord-africains récidivistes, des ramifications de l'affaire Epstein en Suisse et une réduction envisagée par Martin Pfister du nombre de F-35 à commander aux Etats-Unis font les titres de la presse dominicale. Voici les princpales informations, non confirmées à Keystone-ATS.

Keystone-SDA

SONNTAGSZEITUNG. Les enquêteurs utilisent des procédures accélérées contre des délinquants récidivistes originaires d’Afrique du Nord, révèle la Sonntagzeitung. L’objectif est de réduire à 48 heures le délai entre l’arrestation et le jugement sous forme d’ordonnance pénale. Le système fédéral jouerait en faveur des voleurs en série car les autorités ne peuvent souvent les détenir que 48 heures au maximum, lorsqu'ils ont été arrêtés. Beaucoup commettraient ensuite des délits dans un autre canton. Les procureurs et les autorités migratoires ont réagi en lançant la task-force «Sécurité dans le domaine de l’asile et des étrangers». Dans un projet pilote, ils coordonnent désormais des cas provenant de toute la Suisse. Par ailleurs, au sein de la commission asile de la Confédération et des cantons, de nouvelles possibilités de détention pour ce type de délinquants sont actuellement en discussion.

SONNTAGSBLICK. Le ministre de la Défense, Martin Pfister, souhaite, selon le SonntagsBlick, acheter dans un premier temps 30 F-35 au lieu de 36. Ce renoncement ne serait toutefois pas définitif, indique le journal, qui cite plusieurs sources au sein de l’administration fédérale. Cette première réduction permettrait de respecter le plafond de coûts de six milliards de francs pour l’acquisition des avions. Pour une phase ultérieure, le chef du Département fédéral de la défense souhaiterait garder ouverte l’option d’acheter dix F-35 supplémentaires. La manière dont se poursuivra la procédure d’acquisition des chasseurs-bombardiers sera bientôt décidée par le gouvernement.

SONNTAGSZEITUNG/LE MATIN DIMANCHE. Le PS présente une alternative à la stratégie du Conseil fédéral pour la protection de l’espace aérien. Redoutant des attaques de drones bon marché contre des infrastructures critiques, il estime que la Suisse doit prioriser la détection, la guerre électronique et des moyens sol-air mobiles. Le parti propose d’acquérir une douzaine d’avions de combat légers, mieux adaptés à la lutte contre les drones, et cite le M-346 italien. Il juge toutefois nécessaire de conserver aussi des avions de combat performants, mais privilégie un modèle européen plutôt que le F-35, trop cher et source de dépendance envers les États-Unis. Pour éviter une faille de sécurité, le PS suggère de prolonger l’usage des F/A-18 jusqu’au milieu des années 2030 afin d’évaluer calmement une alternative européenne. Il rejette en outre le système Patriot, jugé inefficace contre les drones et trop coûteux. Selon ses calculs, une flotte mixte européenne et un dispositif anti-drones coûteraient 4 milliards, contre environ 9 milliards pour les F-35 et les Patriot. Enfin, le PS plaide pour renforcer la coopération avec les pays voisins, voire pour une force aérienne commune avec l’Autriche.

LE MATIN DIMANCHE. En cas de transfert du siège d'UBS aux Etats-Unis, 20% des 34'000 postes que compte actuellement la banque en Suisse pourraient disparaître, selon des analystes consultés par le Matin Dimanche. Les fonctions les plus touchées seraient celles liées à la finance, aux risques, à la comptabilité, à la fiscalité ou à la gestion institutionnelle, principalement à Zurich. Les postes liés à la banque de détail suisse seraient eux épargnés. UBS reste discrète sur l'état de ses négociations avec l'administration américaine et réaffirme vouloir rester une banque mondiale basée en Suisse. Les rumeurs de départ du siège sont liées au durcissement des exigences en fonds propres imposé par Berne, jugées trop contraignantes. Certains experts estiment que la Suisse devrait négocier avec UBS dont les pratiques sur les marchés sont aujourd'hui moins risquées que lors de son sauvetage par la Confédération en 2008.

NZZ AM SONNTAG/SONNTAGSBLICK. Le président du géant pharmaceutique Roche n’était pas suffisamment fortuné pour participer à la rencontre des entreprises suisses avec le président américain Donald Trump. Au sein du «Team Switzerland», autour d’Hélène Budliger Artieda, directrice du Secrétariat d’État à l’économie (Seco), on estimait que M. Trump ne respectait que les personnes plus riches que lui, selon la NZZ am Sonntag. En arrière-plan, le président de Roche, Severin Schwan, aurait toutefois activé plusieurs leviers. Il aurait participé à de nombreuses visioconférences avec des représentants du Seco, ont indiqué plusieurs sources au journal. M. Schwan aurait également contacté personnellement plusieurs dirigeants de groupes suisses afin d’augmenter le montant total des investissements directs. Le président d’UBS, Colm Kelleher, a également soutenu la Suisse dans le conflit douanier avec les États-Unis. Selon le SonntagsBlick, le président de la grande banque suisse aurait utilisé son réseau auprès des cercles américains.

NZZ AM SONNTAG. Des documents concernant le délinquant sexuel décédé Jeffrey Epstein révèlent des liens avec la Suisse, rapporte la NZZ am Sonntag. Les pistes mènent au recrutement présumé de jeunes femmes pour le trafic sexuel d’Epstein, écrit le journal en se référant à des courriels et à l’évaluation d’une avocate représentant des victimes aux États-Unis. Dans un e-mail datant de 2016, une personne non identifiée a proposé à M. Epstein une «assistante de Zurich». Aux États-Unis, le terme «assistante» aurait couramment servi de mot-code dans l’entourage du réseau d’Epstein, selon le journal. L’Office fédéral de la justice n’a reçu aucune demande d’entraide judiciaire des États-Unis dans l’affaire Epstein. M. Epstein a également été client d’une banque suisse. C’est ce qu’a montré un rapport bancaire dont la publication avait été obtenue par des médias américains début novembre. Le journal ajoute qu’il existait aussi des liens avec la Crypto Valley zougoise.

NZZ AM SONNTAG. Une majorité de la population suisse s’est déclarée favorable à la reconnaissance de la Palestine comme État. D’après un sondage de l’institut de recherche Sotomo cité par la NZZ am Sonntag, 57% des personnes interrogées soutiennent cette reconnaissance, un tiers s’y oppose et 10% restent indécises. L’enquête a été menée entre le 7 et le 20 novembre auprès de 2088 personnes en Suisse alémanique et en Suisse romande. Presque deux tiers des femmes souhaitent cette reconnaissance, contre la moitié des hommes. La Suisse romande y est également un peu plus favorable que la Suisse alémanique.

SONNTAGSZEITUNG: Les risques associés à la participation de Migros Zurich dans le distributeur allemand Tegut seraient plus élevés qu’estimé jusqu’ici. Les engagements hors bilan liés aux loyers et aux leasings s’élèveraient ainsi à plus de 730 millions d’euros. Au total, cela représenterait une perte d’environ un milliard de francs si Migros devait se retirer de Tegut. Migros Zurich a contesté cette analyse, estimant qu’une telle approche ignore complètement la valeur de tous les actifs existants.

SONNTAGSBLICK. Les collaborateurs de l’ancien conseiller fédéral Alain Berset ont reçu plus de 750'000 francs au total sous forme d’indemnités de départ après sa démission. Selon le Sonntagsblick, le secrétaire général de M. Berset à l’époque, Lukas Gresch, a perçu près de 370'000 francs. Toujours selon les recherches du journal basées sur la loi sur la transparence, Stefan Honegger, qui travaillait comme collaborateur personnel de M. Berset, aurait reçu environ 150'000 francs. Une somme un peu moins importante a été attribuée à Michael Brändle, également collaborateur personnel du conseiller fédéral socialiste. Rémy Lüthy et Gianna Blum, qui n’ont travaillé que brièvement pour M. Berset, ont touché respectivement environ 54'000 et 44'000 francs.

Note: CES INFORMATIONS NE SONT PAS CONFIRMÉES.