Revue de presse Des documents fuités dévoilent les liens d’Epstein avec la Suisse romande

ATS

7.12.2025 - 08:16

Près d'un Suisse sur deux prêt à limiter la population du pays, selon un sondage, l'UBS qui envisage de supprimer 10'000 emplois dans le monde d’ici 2027 et les ramifications en Suisse du réseau du prédateur sexuel Epstein font les titres de la presse dominicale. Voici les principales informations, non confirmées à Keystone-ATS:

Keystone-SDA

LE MATIN DIMANCHE/SONNTAGSZEITUNG: Un sondage 20 minutes/Tamedia diffusé par le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung montre que 48% des Suisses sont favorables ou plutôt favorables à l'initiative UDC «Pas de Suisse à 10 millions», qui veut limiter la population à 10 millions d'habitants d'ici 2050. Les opposants représentent 41% des 10'917 sondés tandis que les 11% restants se disent indécis. La fracture est clairement politique: 88% des sympathisants UDC approuvent l'initiative, tandis que ceux de la gauche la rejettent massivement. Electeurs du PLR et du Centre sont très partagés. Le texte impose d'agir dès 9,5 millions d'habitants et pourrait mener à la résiliation d'accords internationaux, notamment celui sur la libre circulation, inquiétant les milieux économiques et la majorité parlementaire. Le National a déjà rejeté l'initiative, qualifiée par certains de «suicide économique». Selon l'OFS, la Suisse pourrait atteindre 10 millions d'habitants en 2040 et 10,5 millions en 2055, la croissance venant entièrement de l'immigration dès 2035. Sans immigration, la population chuterait fortement.

SONNTAGSBLICK: Le conseiller fédéral Ignazio Cassis souhaite mettre à profit la présidence suisse de l'OSCE en 2026 pour instaurer des mesures de confiance et préparer un éventuel cessez-le-feu entre la Russie et l'Ukraine, selon le SonntagsBlick. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pourrait, à court terme, déployer des observateurs, surveiller une ligne de cessez-le-feu et contrôler des élections. «Mais la ligne de front s'étend actuellement sur 1300 kilomètres – pour en assurer la surveillance sur toute sa longueur, l'OSCE est trop petite à elle seule; il faudrait un engagement important de la part des Etats membre», a déclaré M. Cassis dans l'entretien. Il a souligné qu'un accord imposé rapidement par le président américain Donald Trump pourrait survenir, ce qui rend nécessaire que l'organisation soit prête. «Dans un premier temps, nous aurions besoin d'une mission exploratoire qui se déploie, examine la zone et revienne avec un diagnostic.» Selon M. Cassis, les Etats-Unis estiment toutefois que l'OSCE, comme d'autres institutions multilatérales, a perdu le cap et souhaitent réduire son budget.

NZZ AM SONNTAG: Les groupes suisses ont calculé de manière parfois aventureuse leurs engagements d'investissement aux Etats-Unis, selon la NZZ am Sonntag. Des promesses particulièrement élevées, comme celles de Roche et Novartis – chacune s'élevant à 50 milliards de dollars –, n'auraient que peu à voir avec des investissements matériels classiques, car ces entreprises incluent également les coûts de personnel, les dépenses de marketing et d'autres postes.

Selon le journal, la Confédération ne sait pas comment le montant total de 200 milliards de dollars a été établi, ni quelles entreprises entendent y contribuer et à quelle hauteur. Seule la Chambre de commerce américano-suisse, dirigée par Rahul Sahgal, disposerait d'une vue d'ensemble, ayant déterminé cette somme au moyen d'un sondage auprès de 1500 entreprises membres. Les engagements d'investissement devraient être répartis entre une soixantaine d'entreprises, dont presque tous les grands groupes. «La liste détaillée des investissements est strictement confidentielle et n'est détenue que par la Chambre de commerce», a déclaré M. Sahgal au journal. Même le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) ne saurait pas quelle entreprise investira quel montant.

SONNTAGSBLICK: Jusqu'à 10'000 emplois pourraient être supprimés chez UBS d'ici 2027, rapporte le SonntagsBlick. Ce chiffre, qui circule en interne, concernerait aussi bien la Suisse que l'étranger. Officiellement, la banque ne commente pas de plans précis et affirme vouloir limiter les suppressions de postes autant que possible, notamment grâce à la fluctuation naturelle, aux départs anticipés, à la mobilité interne et à l'internalisation de fonctions externalisées. En Suisse, UBS table toujours sur environ 3000 licenciements. D'après le journal dominical, une réduction de 10'000 postes ramènerait les effectifs du groupe à environ 95'000 équivalents plein temps, alors qu'environ 15'000 emplois ont déjà disparu depuis l'été 2023. L'intégration de Credit Suisse (CS) progresse plus lentement que prévu, parce qu'il manque encore de nombreuses relations clients complexes et que la banque doit maintenir des systèmes informatiques hérités de l'ex-CS. Cela génère des coûts importants et retarde les économies de 13 milliards de dollars promises par le directeur général Sergio Ermotti. Fin septembre, UBS avait réalisé 10 milliards d'économie, soit 77% de celles prévues.

SONNTAGSBLICK: Le nouveau directeur de Skyguide, Peter Merz, a ordonné un gel des embauches et des achats, écrit le SonntagsBlick. En toile de fond se trouve la hausse des redevances demandée par Skyguide, que l'autorité européenne compétente a pour l'instant refusée en raison d'un manque d'efficacité reproché au service national de navigation aérienne.

M. Merz a préparé le personnel à des temps difficiles dans une vidéo interne. Un porte-parole de Skyguide a confirmé au journal que les postes vacants ne seraient pourvus que si le processus d'entretien était déjà achevé et qu'aucune nouvelle ressource externe ne serait engagée avant l'approbation du budget 2026.

M. Merz a mis en place une task-force interne et renonce délibérément à des consultants externes, estimant que les meilleures solutions pour améliorer l'efficacité doivent venir du personnel lui-même.Selon le journal, il envisagerait aussi de réduire la direction, que son prédécesseur Alex Bristol avait élargie. Cette information n'a été ni confirmée ni démentie par Skyguide.

SONNTAGSZEITUNG: L'entrepreneur Alfred Gantner a participé aux entretiens qui ont eu lieu en septembre entre le conseiller fédéral Guy Parmelin et le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick, rapporte la SonntagsZeitung. Le Département fédéral de l'économie (DEFR) l'a confirmé au journal, en précisant que des contacts issus du monde économique avaient joué un rôle déterminant dans l'organisation de ces rencontres.

M. Gantner a notamment expliqué comment le secteur privé suisse souhaitait investir aux Etats-Unis afin de contribuer à réduire le déficit commercial. Des responsables politiques, comme la conseillère aux Etats du Centre Marianne Binder ou la conseillère nationale verte Christine Badertscher, ont mis en garde contre un risque de mélange entre politique et intérêts économiques. «L'agenda de M. Gantner laisse des questions ouvertes», a notamment déclaré Mme Binder.

Le DEFR souligne pour sa part que M. Gantner n'a pas participé aux négociations et n'a signé aucune clause de confidentialité. «Les négociations techniques se sont déroulées lors d'autres réunions», a précisé le département. M. Gantner fait partie des grands patrons suisses que Donald Trump avait reçu dans le Bureau ovale de la Maison blanche début novembre.

LE MATIN DIMANCHE: La Commission fédérale des maisons de jeu a infligé une amende de 570'000 francs au casino de Neuchâtel pour manque de vigilance envers plusieurs joueurs à risque, rapporte le Matin Dimanche. Une inspection a révélé en 2022 des manquements «d'une gravité moyennement importante» dans la détection précoce du jeu excessif.

Le Tribunal administratif fédéral a récemment confirmé la sanction, jugeant que le casino avait trop souvent minimisé des signaux clairs: un entrepreneur ayant perdu 40'000 francs, un apprenti gagnant 500 francs par mois mais perdant 4000 en une soirée, une future retraitée qui a perdu 52'000 francs en 2022, une joueuse lourdement endettée ou encore un père de famille accumulant 36'000 francs de pertes. Dans plusieurs cas, le casino n'a pas agi assez tôt ou a clos des procédures malgré des situations financières manifestement fragiles. Le TAF a dénoncé cette passivité, rejeté les circonstances atténuantes et ajouté 10'000 francs de frais, portant le total à près de 600'000 francs.

SONNTAGSZEITUNG/LE MATIN DIMANCHE: Des données transmises aux journaux du groupe Tamedia par l'organisation de lanceurs d'alerte Distributed Denial of Secrets révèlent de nouveaux détails sur les ramifications suisses du réseau de Jeffrey Epstein. Selon le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, le délinquant sexuel américain a financé une jeune danseuse vivant à Genève dès les 18 ans de cette dernière, lui versant des milliers de dollars, l'aidant à payer son école privée et lui fournissant même une carte de crédit. Ces paiements s'inscrivaient dans sa méthode habituelle: rendre des jeunes femmes financièrement dépendantes avant de les attirer dans ses résidences. Rien n'indique toutefois que la Genevoise ait subi des abus. Les e-mails montrent qu'elle a effectué plusieurs voyages aux Etats-Unis, jusqu'à la rupture en 2008, peu avant que Jeffrey Epstein n'entre en prison. Les fuites mentionnent aussi une seconde ballerine passée par la Suisse, un projet de salon du mannequinat à Bâle et divers contacts helvétiques, suggérant des liens plus larges.

NZZ AM SONNTAG: L'eurodéputé Andreas Schwab ne s'attend pas à ce que la Suisse active prochainement la clause de sauvegarde liée à la libre circulation des personnes. «Il n'est réalistement pas à prévoir que cela se produise dans les vingt prochaines années», dit-il dans un entretien à la NZZ am Sonntag. Le président de la délégation du Parlement européen pour la coopération avec la Suisse juge toutefois légitime que la Suisse se réserve le droit d'activer cette clause dans certaines situations.

La pénurie de logements ne constitue cependant pas, à ses yeux, un motif plausible. Ce problème est «présent dans pratiquement tous les pays d'Europe. Là aussi, je suis certain que la Suisse trouvera des solutions», affirme-t-il. La Suisse devrait démontrer au préalable l'existence de «graves distorsions», dont la définition relèverait ensuite de la justice. Selon M. Schwab, la clause de sauvegarde pourrait par exemple s'appliquer si, dans la région de Bâle, le taux de chômage dans le secteur du carrelage augmentait soudainement de manière très importante en dépassant 50%, a précisé l'eurodéputé allemand.