Revue de presse Une affaire de fraude retarde l’enquête sur l’incendie de Crans-Montana

ATS

8.3.2026 - 07:36

Les menaces que fait peser sur la Suisse la guerre menée par Israël et les Etats-Unis en Iran, mais aussi une affaire de fraude qui retarde l'enquête sur l'incendie de Crans-Montana et un élu genevois honoré en Russie font les titres de la presse dominicale. Voici les principales informations, non confirmées à Keystone-ATS:

Keystone-SDA

SONNTAGSZEITUNG: Le ministre suisse de la défense Martin Pfister critique dans la SonntagsZeitung les États belligérants dans la guerre au Moyen-Orient. «Les Américains et Israël ont attaqué l'Iran par les airs, violant ainsi le droit international, tout comme l'Iran», déclare-t-il sans autres précisions. Il n'est pas exclu que l'Europe soit entraînée dans la guerre, ajoute le conseiller fédéral. «Le danger ne se limite pas à une confrontation militaire classique, mais s'étend également à une guerre asymétrique sous forme d'attaques terroristes», relève le centriste zougois. Et «il existe un risque d'attentats terroristes en Suisse», avertit-il.

SONNTAGSBLICK: Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) met en garde dans le SonntagsBlick contre des représailles iraniennes après l'attaque lancée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran. «Le SRC estime probable que les services iraniens, leurs mandataires ou des réseaux criminels mandatés par l'Iran mènent des actions en Europe et en Suisse», déclare dans le journal son porte-parole. Des attaques «asymétriques» pourraient être commises contre des cibles israéliennes, juives ou américaines, ajoute-t-il, soulignant que des actes de sabotage, des manifestations violentes, des campagnes de désinformation ou des cyberattaques sont également possibles. Le danger ne vient pas seulement du régime iranien, mais aussi de groupes alliés, comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien, poursuit le porte-parole. Dans un rapport récent, le SRC écrit que le Hezbollah dispose, au sein de la diaspora chiite libanaise en Suisse, d'un réseau de personnes susceptibles de soutenir l'organisation.

NZZ AM SONNTAG: La Suisse a déjà acheté une flotte de camions pour le système américain de défense aérienne Patriot qu'elle a commandé, constate la NZZ am Sonntag. Au total, 62 poids lourds à six et huit roues ainsi que quatre remorques ont été commandés. Le prix des véhicules atteint plusieurs dizaines de millions de francs, indique l'Office fédéral de l'armement (armasuisse) dans le journal. Les premiers prototypes ont déjà été livrés et d'autres véhicules sont «en production». Le ministre de la défense Martin Pfister a indiqué vendredi que la Suisse devra encore attendre cinq ans avant de recevoir les systèmes Patriot. La Suisse est le seul pays à vouloir monter le système américain sur des véhicules Iveco. «Nous devons cesser de miser sur des solutions spéciales coûteuses», relève dans le journal la conseillère nationale Maja Riniker (AG/PLR).

SONNTAGSZEITUNG: Un procès dans une affaire de fraude dans le domaine du vin retarde l'enquête sur l'incendie de Crans-Montana (VS), qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit du Nouvel An, écrit la SonntagsZeitung. La procureure Catherine Seppey mène à la fois l'enquête sur l'incendie et le procès pour fraude à Sion, qui concerne des vins de luxe inexistants ou non livrés, dont certaines bouteilles pouvaient atteindre jusqu'à 36'000 francs. Des retards sont également dus au fait que le suspect dans l'affaire de fraude aux vins ou son avocate ont été malades et que cette dernière est également l'avocate de la gérante du bar ravagé par les flammes à Crans-Montana, Jessica Moretti. Un avocat de victimes de Crans-Montana, Sébastien Fanti, critique dans le journal le manque de ressources de la justice valaisanne: «Une partie de la procédure [dans l'affaire des vins] va être prescrite et je pense que cela risque également d'arriver pour la plupart des faits concernant Crans-Montana».

LE MATIN DIMANCHE: L'ancien chef étoilé suisse Fredy Girardet a perdu des millions de francs dans une vaste escroquerie montée par une société spécialisée dans la gestion de fortune, relate Le Matin Dimanche. Entre 2008 et 2015, la fortune de l'ancien patron du restaurant de l'Hôtel de Ville à Crissier (VD) est passée de 3,7 millions de francs à 744'000 francs. Trois prévenus doivent faire face à la justice, dont le fondateur de la société de fortune considéré comme un proche par l'ancien cuisinier. Le procès doit reprendre lundi. L'affaire porte sur plusieurs dizaines de millions de francs de préjudices auprès de 28 parties plaignantes. Mais d'autres victimes ont renoncé à porter plainte, de peur de voir leur nom accolé à cette débâcle. Le verdict du tribunal de première instance sera rendu le 31 mars. Aujourd'hui âgé de 89 ans, Fredy Girardet dit ne plus vouloir «parler de cette affaire».

LE MATIN DIMANCHE: Le député UDC Guy Mettan, en lice pour présider le Grand Conseil genevois en 2027, s'est rendu en Russie au début février pour y recevoir un doctorat honoris causa de l'université Herzen de Saint-Pétersbourg, rapporte Le Matin Dimanche. Contrairement à l'Ordre de l'Amitié reçu par la Fédération de Russie en 2017, l'ancien journaliste suisse, qui a aussi le passeport russe depuis 1998, n'avait, cette fois-ci, pas à demander une autorisation au Parlement pour accepter la récompense, les doctorats honorifiques des universités n'étant pas soumis à cette règle. Mais sa décision provoque un tollé, hormis à l'UDC. «Des discussions vont avoir lieu dans les partis, afin de décider si c'est une bonne idée» qu'il obtienne la première vice-présidence dans deux mois pour être désigné à la tête du Parlement en 2027, indiquent des élus dans le journal.

NZZ AM SONNTAG: Le ton se durcit entre partenaires sociaux en Suisse, avec, comme conséquence, une hausse des grèves, remarque Roger Rudolph, professeur en droit du travail à l'université de Zurich, dans la NZZ am Sonntag. «Cela ne se voit pas seulement dans les grèves, mais aussi en amont, lorsque des mesures de lutte sont déjà brandies pendant les négociations sur les conventions collectives de travail ou que des campagnes parallèles sont lancées dans les médias», relève-t-il. Le journal pointe la récente grève des chauffeurs de bus à Winterthour (ZH). Dans un document stratégique, le syndicat des secteurs public et parapublic (SSP), très actif dans le mouvement à Winterthour, écrit qu'il faut «réapprendre à organiser des actions de grande envergure, des luttes et des grèves». «Lorsque cela s'avère stratégiquement nécessaire, les conflits sont menés et intensifiés», poursuit le document.

NZZ AM SONNTAG: Les relations entre la Suisse et les États-Unis sont restées intactes malgré les droits de douane imposés aux biens suisses par le président américain Donald Trump, affirme dans la NZZ am Sonntag l'ambassadeur de Suisse aux États-Unis, Ralf Heckner. «Je n'exclus pas totalement qu'un jour, on puisse porter un regard positif sur la politique économique de l'administration Trump, y compris du point de vue de la Suisse», lance-t-il. Il dit avoir accompli un travail important en coulisses dans les négociations entre Berne et Washington, qui ont permis de réduire les surtaxes douanières de 39% à 15%, avant que celles-ci ne soient déclarées illégales par la cour suprême américaine. «J'ai établi des contacts et ouvert des portes», ajoute le diplomate.

SONNTAGSBLICK: Une femme condamnée pour fraude est à l'origine du timbre représentant la célèbre sculpture «L'homme qui marche» d'Alberto Giacometti émis par La Poste suisse à l'occasion du 125e anniversaire de l'artiste suisse, raconte le SonntagsBlick. La conception du timbre est l'œuvre d'une artiste et curatrice d'art de l'Engadine (GR), condamnée à la mi-janvier par le Tribunal fédéral pour usage frauduleux d'une carte de crédit d'un membre de la famille royale du Bahreïn pour ses dépenses privées. Le montant du préjudice atteint 325'000 francs. Elle a écopé de deux ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, ainsi que d'une expulsion du territoire pendant cinq ans. La Poste dit dans le journal n'avoir pas eu connaissance de cette condamnation, mais précise que les créateurs ne reçoivent aucun mandat et ne sont donc pas rémunérés.