180'000 pièces saisiesLe nombre d’objets dangereux interceptés explose à l’aéroport de Zurich
ATS
23.7.2025 - 16:39
Les objets dangereux saisis dans les bagages des passagers de l'aéroport de Zurich augmentent d'année en année, du briquet à la batterie externe en passant par les cigarettes électroniques ou les feux d'artifice. L'électronisation de la société et la hausse du nombre de passagers peu expérimentés en sont les causes principales.
Accumulateurs, cigarettes électroniques, cartouches de gaz, sprays aérosol, briquets ou autres feux d'artifice font partie de ces articles dangereux interdits de voyage en avion.
AFP
Keystone-SDA
23.07.2025, 16:39
ATS
Une batterie de secours de type «powerbank», écrasée au fond d'une valise, dégage de la fumée et prend rapidement feu. De petites mais bruyantes explosions accompagnent les flammes. Certaines cellules de batterie sont éjectées du boîtier en feu et explosent à leur tour.
Sans la vigilance du personnel de sécurité, cette démonstration réalisée mercredi face aux médias réunis à l'aéroport de Zurich pourrait constituer un cas réel dans un avion. C'est pourquoi, la batterie aux cellules lithium-ion fait partie des «dangerous goods» ("articles dangereux"), saisis dans les bagages des passagers.
Un accumulateur de feux d'artifice, le 1er Août
Au total, 140'000 pièces ont été retirées, l'an dernier, des valises enregistrées et 40'000 des bagages à main. Elles ont particulièrement augmenté parmi les bagages enregistrés, destinés au transport en soute, indique le principal aéroport de Suisse mercredi.
En 2023, elles étaient encore 90'000 dans les bagages enregistrés et de 30'000 dans les bagages à main. Au premier semestre 2025, l'aéroport de Zurich a déjà recensé 80'000 objets dangereux dans les valises et 20'000 dans les bagages à main.
Le 1er Août 2024, un passager a voulu emporter dans son bagage à main un accumulateur de feux d'artifice pour 100 coups, rapporte à Keystone-ATS Rolf Blöchliger, chef de la sécurité de l'aéroport. Des petits réfrigérateurs et des fusées balises spéciales pour alpinistes ont aussi été trouvés dans des bagages.
Tendance au tout électronique
La raison principale de cette hausse progressive réside dans une tendance au transport de plus en plus fréquent de batteries externes et de batteries de secours de type «powerbank» ainsi que d'aides technologiques à la mobilité et d'objets alimentés par batterie. La multiplication des biens électroniques et des voyages de loisirs contribue également à cette augmentation des articles dangereux saisis.
De plus, les règlements en la matière deviennent de plus en plus complexes, ce qui place souvent les passagers face à un casse-tête. Les moins expérimentés d'entre eux – les vacanciers – étant en augmentation, le nombre d'objets saisis suivent la même courbe.
Les articles dangereux se distinguent des objets prohibés en cabine, tels que les ciseaux, les couteaux suisses, les outils ou les liquides de plus de 100 ml. Ces derniers sont autorisés dans les bagages enregistrés en soute, car ils ne sont pas considérés comme des objets dangereux sur le plan légal. Les articles dangereux sont considérés comme tels en raison de leurs propriétés chimiques ou physiques intrinsèques.
L'aéroport mise sur la formation de son personnel et diverses mesures de communication pour améliorer sa prévention, sur des affiches et son site en ligne, notamment.
Situation inverse à Genève
Contacté par Keystone-ATS, l'aéroport de Genève n'a pas constaté une telle augmentation, au contraire. La découverte de «dangerous goods» y est même en diminution actuellement par rapport à la même période 2024 et l'an dernier présentait déjà une baisse par rapport à 2023. Cointrin recense environ dix cas de ce type par mois.
«Par ailleurs, nous saisissons un nombre important de pointeurs laser interdits, car seuls sont autorisés en Suisse les pointeurs de classe 1», précise le porte-parole de l'aéroport, Ignace Jeannerat. Une action de communication est en cours avec la police cantonale pour sensibiliser la population aux règles sur les pointeurs laser.