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Défense

Service citoyen pas la bonne solution pour maintenir les effectifs

L'initiative "service citoyen" a été déposée le 26 octobre 2023 (archives).

L'initiative "service citoyen" a été déposée le 26 octobre 2023 (archives).

ATS

L'introduction d'un service citoyen n'est pas une option pour garantir les effectifs de l'armée et de la protection civile. Le ministre de la défense Martin Pfister a appelé vendredi à rejeter cette initiative le 30 novembre.

Rédaction blue News
Keystone-SDA

Rédaction blue News, Keystone-SDA

10.10.2025, 08:30•10.10.2025, 10:59

L'initiative «Pour une Suisse qui s'engage» (initiative Service citoyen) veut que tous les jeunes s'engagent au bénéfice de la collectivité et de l’environnement, et non plus seulement les jeunes hommes suisses dans l'armée. L'engagement pourrait être effectué au sein de l'armée, du service civil, de la protection civile ou d'un autre service de milice.

L'initiative veut donc étendre l'obligation de servir actuellement limitée à l'armée, à la protection civile et au service civil. Elle précise que les effectifs de l’armée et de la protection civile doivent être garantis.

Doter l'armée

Le Conseil fédéral et le Parlement reconnaissent le bienfondé de l'objectif de l'initiative, soit renforcer l'engagement des citoyens en faveur de la société. «Notre pays vit de l'engagement de ses citoyens, a lancé le ministre de la défense Martin Pfister devant les médias. "Mais l'initiative va trop loin.»

Une extension de l'obligation de servir n'est pas la bonne solution en ce qui concerne l'alimentation durable des effectifs de l'armée et de la protection civile. En effet, l'obligation de servir sert à doter l'armée et la protection civile d'effectifs suffisants pour garantir la sécurité de la Suisse.

Aujourd'hui, environ 35'000 personnes sont astreintes au service chaque année. Parmi elles, environ 28'000 accomplissent leur service dans l’armée, la protection civile ou le service civil. Si l'initiative était acceptée, 70'000 personnes seraient recrutées chaque année.

«Cela dépasse largement les besoins de l'armée et de la PC», a indiqué M. Pfister. «Il faudrait trouver des places d'engagement. Cela mettrait sous pression les emplois existant, notamment au niveau des salaires et demanderait plus de personnel de la Confédération et des cantons sans avantage pour la sécurité de la Suisse.»

Plus cher

Cela implique également que deux fois plus de personnes sont absentes du travail qu'actuellement. Les entreprises en pâtiraient. Et le ministre de rappeler que ces dernières devraient notamment assumer des coûts élevés pour compenser les absences de leur personnel, les heures supplémentaires ou les pertes de production.

Economiquement, il n’est pas judicieux d’affecter un nombre aussi élevé de personnes à des tâches qui ne correspondent pas à leurs compétences professionnelles et pour lesquelles elles sont moins qualifiées, a encore souligné M. Pfister.

Par ailleurs, les coûts annuels doubleraient. Ils passeraient à environ 1,6 milliard de francs pour les APG et à environ 320 millions pour l’assurance militaire. Cette charge devrait être financée par les cotisations salariales des employeurs et des employés.

Sur le dos des femmes

Pour Martin Pfister, un service citoyen «irait dans le mauvais sens pour les femmes». Il représenterait un fardeau supplémentaire. Les femmes assument déjà une grande partie du travail non rémunéré d’éducation, d’assistance et de soins aux enfants et aux proches ainsi que des tâches ménagères.

L'égalité dans le monde professionnel n'est toujours pas une réalité. Contraindre les femmes à effectuer un service citoyen ne constituerait alors pas un progrès en matière d’égalité.

Pour conclure, le ministre de la défense a également rappelé qu'il n'était n’est pas sûr qu’on puisse créer assez de services de milice qui respectent l’interdiction du travail forcé. De plus, on imposerait aux citoyens des obligations allant au-delà du nécessaire.

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