Valais

Surmortalité des plus de 65 ans durant les deux vagues observées

zd, ats

15.12.2020 - 15:09

Sion.
Keystone /archives

L'Observatoire valaisan de la santé a observé une surmortalité des personnes âgées de plus de 65 ans durant les deux vagues pandémiques. Celle-ci est «essentiellement due au Covid-19», écrit-il dans son rapport publié mardi.

Afin d'estimer l'impact du coronavirus, l'observatoire a comparé l'évolution du nombre de décès toutes causes confondues, semaine après semaines, de 2015 à 2020.

«Chez les personnes âgées de 65 ans et plus une surmortalité est observée entre la mi-mars et la mi-avril 2020 puis à nouveau dès la semaine du 26 octobre qui correspond à la deuxième vague», indique-t-il dans son rapport. Il souligne par ailleurs que l'ampleur de l'impact de l'épidémie sur la santé psychique «reste à déterminer».

Avant 2020, les maladies infectieuses représentaient 1% des décès en Valais, peut-on lire dans le document. Si elles constituaient la principale cause de mortalité jusqu'au début du siècle passé, les maladies infectieuses ont perdu du terrain grâce aux progrès dans le domaine de l'hygiène, des vaccins et des antibiotiques. «La pandémie de Covid-19 a toutefois changé en partie cette perspective», ajoute l'observatoire qui lui dédie plusieurs pages de son étude.

«Ne pas oublier les autres problèmes»

Mais la pandémie «ne doit pas nous faire oublier les autres problèmes de santé de la population», souligne en avant-propos la cheffe du département valaisan de la santé Esther Waeber-Kalbermatten. Ce rapport, qui a notamment analysé des données issues de l’Enquête Suisse sur la Santé 2017 et de l’Office fédéral de la statistique, «nous rappelle de garder une vision globale» de la situation, ajoute-t-elle.

Selon ces informations, l'an passé 2898 résidents valaisans ont perdu la vie. Les maladies cardiovasculaires (près de 30%) et les cancers (plus de 25%) sont les deux principales causes de décès tout âge confondu, chez les hommes comme chez les femmes. Ces pourcentages tendent toutefois à reculer, constate l'observatoire. Concernant les cancers, cette diminution sur les vingt dernières années «s'explique par une meilleure prise en charge des patients».

L'observatoire s'inquiète en revanche de voir que «le tabagisme et la consommation excessive d’alcool restent des problèmes majeurs de santé publique». En 2017, en Valais, 400 à 450 morts seraient attribuables à la cigarette et 100 à 150 à la boisson chaque année. Autres éléments à surveiller: l'augmentation des cas d’obésité (12%) et de diabète (5%) qui ont à peu près doublé sur ces vingt dernières années.

Statut socio-économique

Le rapport constate également que le statut socio-économique d'une personne a des effets sur sa santé. Ainsi, le tabagisme et l’obésité sont plus fréquents et l’espérance de vie est plus courte chez les individus dont le niveau de formation est moins élevé.

Fort de ce constat, le canton doit maintenant «adapter et mieux cibler nos messages afin de toucher tous les milieux socio-économiques et éviter toute inégalité sociale. Il faut également favoriser l'éducation supérieure», relève encore Esther Waeber-Kalbermatten.

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