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L'initiative pour un service citoyen avait été en octobre 2023 (archives).
ATS
L'initiative populaire pour un service citoyen est une «expérimentation» dangereuse, selon un comité réunissant des membres de tout l'échiquier politique. Le texte, en votation le 30 novembre, causera des dommages à l'armée, à l'économie et renforcera les inégalités, selon ses détracteurs.
L’initiative service citoyen demande que toute personne de nationalité suisse effectue un service au bénéfice de la collectivité et de l'environnement, et non plus seulement les jeunes hommes. L'engagement pourrait être effectué au sein de l'armée, du service civil, de la protection civile ou d'un autre service de milice.
Les personnes qui n'accomplissent pas de service devront s'acquitter d'une taxe. La loi d'application pourrait en outre prévoir si, et dans quelle mesure, des personnes qui n'ont pas la nationalité suisse effectuent également un service.
Environ 35'000 personnes sont actuellement astreintes chaque année. Avec l'initiative, quelque 70'000 personnes seraient recrutées.
Avec un cercle aussi large, ce service mettrait à disposition des effectifs théoriques pléthoriques. L'impact de l'initiative sur la société civile serait intolérable, a estimé le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) lors d'une conférence de presse à Berne.
Les personnes risqueraient d'être affectées à des tâches pour lesquelles elles sont moins bien qualifiées que celles qu'elles assument tous les jours dans le monde du travail.
De plus, «qui croit que les femmes de ce pays, dont le travail domestique est déjà insuffisamment considéré et valorisé, ne rêveraient que d'une chose: ajouter une couche supplémentaire avec le service citoyen?», a ajouté l'UDC.
En diluant l'obligation de servir, le texte compliquerait en outre encore le recrutement d'un nombre suffisant de militaires et de personnels de la protection civile. Un argument également utilisé par le conseiller national Reto Nause (Centre/BE). Au lieu de renforcer le système de milice, l'initiative l'affaiblit.
Si les femmes sont également obligées de faire du service, il faudra dans un premier temps deux fois plus de bureaucratie qu'aujourd'hui pour affecter ces personnes à des places d'engagement appropriées, a également constaté la conseillère nationale Andrea Zryd (PS/BE).
Ces personnes devront être formées et accompagnées au sein des communes et des cantons par exemple. Tout cela, plus le salaire des personnes qui font du service, engendrera des coûts que les pouvoirs publics devront supporter.
Actuellement, les coûts annuels s'élèvent à environ 800 millions de francs pour les allocations pour perte de gain (APG) et à environ 160 millions pour l’assurance militaire. Avec un service citoyen tel que le demande l'initiative, ces coûts doubleraient, selon le Conseil fédéral.
Les employeurs ne sont pas convaincus non plus par l'initiative. «Deux fois plus de personnes manqueraient à leur poste de travail pendant leur période de service. Cela aggraverait la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, provoquerait des pertes de productivité et obligerait les entreprises à recourir à des solutions de remplacement coûteuses», a listé le président de l'Union patronale suisse (UPS), Severin Moser.
Les Vert-e-s critiquent eux la restriction de la liberté individuelle. «L'initiative fait passer la contrainte pour de la solidarité. Si l'on veut vraiment encourager l'engagement, il faut renforcer le volontariat et non pas obliger les gens à s'engager», selon le conseiller national Balthasar Glättli (Vert-e-s/ZH).
Le Parlement a très largement rejeté l'initiative, lancée par l'association Service citoyen. Parmi ses soutiens, on y trouve les PLR Johanna Gapany (FR) et Maja Riniker (AG), présidente du Conseil national, ainsi que le conseiller national zurichois Islam Alijaj (PS).