Médias

Un comité de droite s'oppose à toute dépendance envers l'Etat

vf, ats

13.1.2022 - 15:54

En tant que quatrième pouvoir, les médias ont pour tâche de surveiller les autorités. Un comité parlementaire de droite rejette toute subvention directe qui minerait leur indépendance. Il plaide pour le rejet le 13 février du train de mesures en faveur des médias.

Deux écrans lors d'une conférence de presse de la commission parlementaire non partisane contre le paquet de mesures en faveur des médias le jeudi 13 janvier 2022 à Berne.
Deux écrans lors d'une conférence de presse de la commission parlementaire non partisane contre le paquet de mesures en faveur des médias le jeudi 13 janvier 2022 à Berne.
KEYSTONE

vf, ats

13.1.2022 - 15:54

«La diversité et la qualité doivent être le résultat de la concurrence. Cette tâche ne saurait être déléguée à la Confédération», a déclaré jeudi devant la presse le conseiller national Gregor Rutz (UDC/ZH) pour l'alliance bourgeoise qui soutient le comité référendaire.

La diversité médiatique est importante pour la démocratie. Mais le secteur doit et peut résoudre les défis structurels actuels «de manière indépendante et sous sa responsabilité», selon la conseillère nationale Jacqueline de Quattro (PLR/VD).

Changement radical

Selon elle, l'aide indirecte actuelle à la presse, qui passe notamment par une distribution postale à un prix réduit et la loi fédérale sur la radio-TV, sont des instruments adéquats. Avec la nouvelle loi, le soutien, qui passera de 136 millions de francs à 287 millions, représente un changement de paradigme.

L'aide directe aux médias crée de nouvelles dépendances par rapport à l'Etat. L'ancien député UDC bernois Manfred Bühler a rappelé les abus de l'ex-chancelier autrichien Sebastian Kurz, accusé d'avoir acheté des sondages manipulés avec des fonds publics. «Cet exemple nous donne une idée de ce que nous pouvons attendre de l'introduction d'une aide publique directe aux médias.»

Contre-poids crédible

L'indépendance journalistique est essentielle. «Seul un média indépendant des pouvoirs publics peut assumer son rôle de quatrième pouvoir. Ce n'est qu'à cette condition que les médias peuvent faire réellement contrepoids au pouvoir des puissants», a martelé Philipp Kutter (Centre/ZH). En outre, la politique peut influencer non seulement les contenus des publications mais aussi les décisions entrepreneuriales.

Plusieurs de ces élus redoutent aussi que l'argent ne profite pas aux petits journaux régionaux. «Les grandes maisons d'édition auront encore plus de moyens financiers pour acheter des petits titres», selon le conseiller aux Etats Ruedi Noser (PLR/ZH). Ce soutien est aussi inégalitaire selon eux, puisqu'il sera accordé uniquement aux médias payants. Il nuit enfin aux formats innovants susceptibles d'émerger.

La tâche de l'Etat doit se limiter à définir des conditions-cadre sans intervenir dans la concurrence économique, estime le comité «Non au train de mesures en faveur des médias». Cette alliance compte plus de 90 parlementaires actifs et anciens des rangs du PLR, du Centre, de l'UDC, de l'UDF et de la Lega.

Compenser partiellement les pertes

Le projet soumis en votation vise selon le gouvernement à renforcer la diversité médiatique et à compenser en partie la diminution des recettes publicitaires ainsi que la baisse des ventes d'abonnement. L'indépendance des journalistes n'est aucunement remise en cause.

Le paquet prévoit une hausse des aides de 151 millions de francs par année. L'aide indirecte à la distribution des journaux sera notamment augmentée de 70 millions de francs, à 120 millions. Une aide directe de 30 millions est prévue pour les médias en ligne.

Un autre volet prévoit de soutenir l'agence Keystone-ATS, les écoles de journalisme, le Conseil suisse de la presse ainsi que des projets informatiques bénéficiant aux médias électroniques. L'argent provient de la redevance radio-TV, pour un maximum de 28 millions de francs (soit une hausse de 23 millions par rapport au régime actuel).

vf, ats