Ce drame qui a marqué la Suisse Un mois après, le récit de la nuit tragique du 1er janvier

ATS

30.1.2026 - 09:15

Il y a un mois, le 1er janvier 2026, la station valaisanne de Crans-Montana basculait dans un «drame sans précédent». Dans la nuit du Nouvel An, le bar «Le Constellation» était ravagé par un incendie, faisant 40 morts et 116 blessés.

Tous les moyens disponibles sont déployés: des dizaines de pompiers, gendarmes, inspecteurs et près de 150 intervenants sanitaires sont envoyés au front, appuyés par 42 ambulances et 13 hélicoptères. Leur engagement se poursuivra bien au-delà du lever du jour.
Tous les moyens disponibles sont déployés: des dizaines de pompiers, gendarmes, inspecteurs et près de 150 intervenants sanitaires sont envoyés au front, appuyés par 42 ambulances et 13 hélicoptères. Leur engagement se poursuivra bien au-delà du lever du jour.
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Il est environ 01h30 lorsque l'incendie se déclare dans l'établissement, alors happé dans les festivités de la nouvelle année. Alertées par de nombreux appels, les forces d'intervention déclenchent aussitôt «l'alarme rouge».

Tous les moyens disponibles sont déployés: des dizaines de pompiers, gendarmes, inspecteurs et près de 150 intervenants sanitaires sont envoyés au front, appuyés par 42 ambulances et 13 hélicoptères. Leur engagement se poursuivra bien au-delà du lever du jour.

Les premières informations révélées par les médias donnent rapidement l'ampleur du drame: les victimes se comptent par dizaines. A 10h00, les autorités valaisannes tiennent leur première conférence de presse dans la commune voisine de Lens. Elles confirment un bilan très lourd, avec «plusieurs dizaines de personnes présumées décédées» et d'une centaine de blessés.

Identifier les victimes

«A l'heure où je vous parle, tous les blessés ont pu être pris en charge», déclare le nouveau commandant de la police cantonale Frédéric Gisler, qui vient de prendre ses fonctions en ce 1er janvier. Gravement atteints, les blessés ont été acheminés à Sion et dans différents hôpitaux valaisans, mais aussi dans d'autres cantons, notamment dans les hôpitaux universitaires de Lausanne, Genève et Zurich.

Au vu de la gravité des événements, le gouvernement valaisan décrète la situation particulière, qui ne sera levée que le 14 janvier. «Le drame est sans précédent en Valais», déclare le conseiller d'Etat Stéphane Ganzer devant les médias.

L'enquête démarre. La piste terroriste est exclue par la procureure générale Béatrice Pilloud, celle de l'accident privilégiée. Il est question d'un incendie qui a provoqué une déflagration, puis un embrasement généralisé.

Les priorités se dessinent: il faut identifier le corps des défunts. «Cela pourrait prendre plusieurs jours voire plus», préviennent les autorités. C'est le 4 janvier que l'ensemble des 40 victimes – dont 20 mineurs – seront identifiées, et que le message sera donné aux familles. Les 116 blessés le seront le jour suivant.

Premiers recueillements

A la mi-journée en ce jour du Nouvel An, le retentissement de la tragédie est aussi grand que les émotions sont vives. A travers toute la Suisse, et bien au-delà.

Les témoignages de solidarité se répandent, les pays se tournent vers la Confédération à travers les voix d'Emmanuel Macron ou encore du ministre italien des affaires étrangères Antonio Tajani. Tous deux se rendront en Valais: le chef de la diplomatie transalpine le lendemain, le président français lors de la cérémonie d'hommage du vendredi 9 janvier à Martigny.

Le recueillement commence quelques heures à peine après le drame, avec des fleurs et des messages déposés à proximité du bar incendié. Parmi les hommages: «reposez en paix auprès des étoiles.» Bouclé par les forces de l'ordre, «Le Constellation» est désormais entouré de bâches blanches.

Les premiers témoignages sont recueillis, les micros se tendent vers les jeunes (trop) imprégnés du drame. Les amis, frères et soeurs manquent à l'appel. A travers les émotions, ils racontent les scènes de chaos. Le mot «tragédie» se répète ici et là.

«Les bougies sur les bouteilles qui auraient embrasé le plafond» sont évoquées pour la première fois. Le lendemain, elles deviendront l'hypothèse «privilégiée» par les enquêteurs.

Pays en deuil

Vers 15h00, le président de la Confédération Guy Parmelin, qui s'est déjà exprimé sur le réseau social X, se rend sur le Haut Plateau. A 17h15, il a rendez-vous à Sion pour donner une conférence de presse aux côtés des autorités valaisannes.

Le ton grave, le conseiller fédéral évoque l'une des pires tragédies de l'histoire du pays. Les drapeaux seront mis en berne durant cinq jours au Palais fédéral.

Il est désormais question d'une «quarantaine de morts» et du transfert de «blessés graves et de grands brûlés» à l'étranger. Plusieurs le seront en France et en Italie, les deux pays étrangers les plus touchés par la tragédie.

En soirée, dans la station valaisanne endeuillée, une messe présidée par l'évêque de Sion Mgr Jean-Marie Lovey réunit près de 400 personnes. Entre sollicitude, proximité et compassion, un premier hommage est rendu aux victimes, à leurs familles et à leurs proches.