Droits de douane «Echanges très positifs»: ce que l'on sait de la visite de Parmelin à Washington

ATS

14.11.2025 - 00:38

Le ministre suisse de l'économie Guy Parmelin s'est montré optimiste jeudi après sa visite à Washington pour discuter des droits de douane américains. «Nous avons eu une très bonne discussion et avons pu clarifier presque tous les points», a-t-il dit à la radio SRF.

Guy Parmelin s'est déjà rendu plusieurs fois aux Etats-Unis pour négocier une baisse des droits de douane (archives)..
Guy Parmelin s'est déjà rendu plusieurs fois aux Etats-Unis pour négocier une baisse des droits de douane (archives)..
ATS

Keystone-SDA

«Nous avons eu un très bon entretien, nous avons clarifié quasiment tout», a déclaré le Vaudois à la RTS et à la SRF. «Dès que tout sera définitivement clair, nous allons communiquer», a-t-il ajouté, se refusant à toute autre déclaration.

Accompagné de la secrétaire d'Etat à l'économie Helene Budliger Artieda, M. Parmelin s'est rendu à Washington dans la nuit de mercredi à jeudi. Des discussions ont eu lieu «à différents niveaux», a déclaré à Keystone-ATS un porte-parole du Département fédéral de l'économie (DEFR).

Echanges «très positifs»

M. Parmelin a notamment rencontré le représentant de la Maison-Blanche pour le commerce (USTR) Jamieson Greer. «Les échanges ont été très positifs», a déclaré à la presse un haut responsable américain ayant participé à la réunion entre les deux hommes, cité par l'AFP.

Selon cette source requérant l'anonymat, les Suisses «sont très conscients de la nécessité de réduire» les déséquilibres commerciaux. La Maison Blanche affirme que les Etats-Unis importent plus de produits helvétiques qu'ils n'en exportent vers la Confédération.

«Ils nous ont présenté des plans en ce sens», a ajouté le responsable, cité par l'AFP, laissant entendre que les droits de douane visant les produits suisses pourraient être réduits.

Proche d'un accord, dit Bloomberg

M. Parmelin s'est rendu à plusieurs reprises à Washington ces derniers mois pour tenter d'abaisser la surtaxe douanière de 39% qui frappe depuis août les produits suisses, l'une des plus élevées imposées par le président américain Donald Trump.

Lundi soir, l'agence financière Bloomberg avait affirmé, citant des sources anonymes, que la Suisse était proche d'un accord ramenant les droits de douane à 15%, soit au même niveau que ceux appliqués aux principaux concurrents des entreprises suisses, soit de l'Union européenne, du Japon ou de la Corée du Sud.

Lundi également, évoquant la Suisse lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche lundi, Donald Trump a déclaré: «Nous travaillons à un accord pour baisser un peu leurs droits de douane». Il n'a toutefois pas voulu donner de chiffres précis, se contentant d'ajouter: «Nous travaillons sur quelque chose pour aider la Suisse».

Soulagement pour l'économie

Ce sont surtout les industries horlogère et médicale ainsi que celle des machines, des équipements électriques et des métaux qui devraient profiter de droits de douane plus bas, a récemment indiqué UBS à l'agence AWP. L'alignement des droits de douane avec l'UE devrait en outre réduire la pression exercée sur les exportateurs suisses et éviter qu'ils ne délocalisent leur production vers l'UE ou les Etats-Unis, selon la Banque cantonale de Lucerne.

Vendredi matin, la faîtière de l'industrie technologique Swissmem a annoncé que les droits de douane américains ont eu un impact sur les résultats du troisième trimestre 2025. Les exportations vers les Etats-Unis ont en effet chuté de 14,2% sur un an, tandis que les exportations vers le reste du monde ont augmenté de 4,0%, en grande partie à destination de l'Europe.

Interrogée sur les ondes de la RTS, la directrice d'economiesuisse Monika Rühl se dit quant à elle optimiste sur l'issue des négociations au vu des déclarations, tant du côté suisse qu'américain.

Pour elle, des droits de douane de 15% représenteraient une «demi-victoire», qui enlèverait à la Suisse un désavantage concurrentiel important par rapport à ses concurrents européens. «Mais cela reste tout de même énorme», relève-t-elle.

Parmi les concessions envisageables, la directrice de la faîtière de l'économie cite par exemple une hausse des investissements suisses aux Etats-Unis, ce qui aurait un effet positif sur la balance commerciale. «Nous ne sommes toutefois pas prêts à payer n'importe quel prix, comme une reprise automatique des sanctions unilatérales américaines», nuance-t-elle.

Le patron du géant du luxe genevois Richemont, Johann Rupert, part quant à lui «du principe que ces droits de douane seront abaissés, c'est évident», a-t-il déclaré vendredi. Pour M. Rupert, il existe un «malentendu» entre les Etats-Unis et la Suisse qui sera clarifié cette semaine. M. Rupert fait partie des grands patrons suisses qui avaient été reçus par Donald Trump dans le bureau ovale le 5 novembre dernier.