Mise en cause dans un audit externe, la conseillère d'Etat Valérie Dittli s'est défendue vendredi dans une déclaration personnelle devant les six autres membres du gouvernement vaudois. Elle a pour l'heure exclu toute démission et dit assumer certains faits reprochés.
La déclaration de Valérie Dittli suite aux révélations de l'audit la concernant
Valérie Dittli n'est plus la grande argentière vaudoise. Mise en cause par une analyse externe de son département, la conseillère d'Etat vaudoise doit céder la gestion des finances à Christelle Luisier. Le contenu de cet audit, confié en janvier à l'ancien ministre neuchâtelois Jean Studer, a été dévoilé vendredi lors d'une conférence de presse. Il en ressort que le Conseil d'Etat doit prendre «au plus vite» des mesures pour assurer «le bon fonctionnement de l'Etat et protéger la santé des collaborateurs concernés», écrit le gouvernement vaudois dans son communiqué. Le rapport Studer met notamment en lumière «une collaboration gravement altérée» entre Valérie Dittli et sa directrice générale de la fiscalité, Marinette Kellenberger. Cette mauvaise entente s'étend «au-delà des deux protagonistes».
21.03.2025
«Je suis très fière d'être conseillère d'Etat et je vais continuer à donner le maximum dans cette fonction», a déclaré devant les médias Valérie Dittli, qui se voit retirer les finances. «Je suis prête à continuer à travailler de manière constructive» avec le gouvernement, «qui a le droit de se réorganiser», a-t-elle affirmé, «heureuse» que le rapport de Jean Studer soit enfin publié.
«Je suis quelqu'un qui assume ses choix et je compte bien exercer mon mandat pendant cinq ans (...) Je suis une personne très positive et très déterminée à poursuivre mon engagement au service de la population et du canton de Vaud avec efficacité et transparence», a poursuivi la ministre centriste.
«Je suis consciente que j'ai pu prendre des décisions pas toujours parfaites (...) Je suis parfois trop directe (...) Il se peut que mes propos soient parfois interprétés comme des ordres, mais ce n'est pas mon intention (...) J'assume mes décisions et suis prête à assumer leurs conséquences», a ajouté Mme Dittli.
Pas d'accord sur tout
Elle dit partager de «manière globale» certaines conclusions de l'audit, qu'elle a aussi elle-même initié et appuyé. Mais elle «refute formellement» d'autres conclusions, notamment quant au reproche de violation du secret de fonction en matière de secret fiscal.
Valérie Dittli estime aussi ne pas avoir toujours pu faire son travail comme elle le souhaitait. «Je ne commenterai pas les difficultés vécues depuis deux ans et demi face à une cheffe de service (la directrice de la fiscalité, ndlr) qui a constitué un dossier d'éléments à charge contre moi», a-t-elle affirmé.
Enfin, la conseillère d'Etat admet que des choses «auraient dû et pu être clarifiées et apaisées plus tôt et de manière plus constructive».
Interrogée sur son style de management, elle a répondu qu'elle avait «l'habitude de planter des petites graines et de ne pas rouvrir la terre avant qu'elles ne sortent». «J'ai confiance en mes collaborateurs (...) En revanche, certaines personnes n'acceptent pas que je sois à la tête de ce département» des finances, a-t-elle complété.