Carnet noirPremière femme au Conseil d'Etat vaudois, Jacqueline Maurer-Mayor n'est plus
ATS
19.5.2026 - 14:21
L'ancienne conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline Maurer-Mayor est décédée subitement lundi à l'âge de 78 ans. Elle avait siégé au Château cantonal de 1997 à 2007, devenant la première femme à accéder à ce poste.
L'ancienne conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline Maurer-Mayor, ici en 2002, est décédée lundi.
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19.05.2026, 14:21
19.05.2026, 15:38
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L'annonce de sa disparition a été faite mardi après-midi en ouverture de la séance du Grand Conseil par son président Stéphane Montangero. Il a notamment rappelé «l'élection historique» de la radicale, «première femme à accéder à une fonction politique aussi élevée» dans le canton. Elle a «ouvert la voie à ses successeures» et «normalisé enfin» l'accession de femmes au Conseil d'Etat, a-t-il ajouté.
Jacqueline Maurer-Mayor avait accédé au gouvernement vaudois en mars 1997 (avec 56% des voix), à la faveur d'une élection complémentaire, succédant au radical Jacques Martin. Elle l'avait emporté sur la candidature de combat de Pierre-Yves Maillard, alors jeune conseiller communal et président du PS lausannois.
Née le 22 juin 1947 à Vaulion, elle a présidé deux fois le Conseil d'Etat, en 2000 et 2004. En charge du Département de l'économie, cette adepte du partenariat social a dû affronter quelques tempêtes, dont la plus forte reste sans doute la crise de la Banque cantonale vaudoise (BCV), qui avait dû être recapitalisée à hauteur de 1,25 milliard de francs.
Chômage réduit de moitié
Elle s'est aussi investie pour le développement économique, les chômeurs de longue durée et la lutte contre le travail au noir. C'est elle qui a par exemple créé le Développement économique western Switzerland (DEWS) pour la prospection économique à l'étranger et le Développement économique Vaud (DEV) pour l'accueil d'entreprises sur sol vaudois.
Ministre de tutelle du Bureau de l'égalité, Jacqueline Maurer-Mayor en a fait un service, l'a soutenu et lui a donné une visibilité. Elle met en place le premier Plan de l'égalité dans le Canton de Vaud. C'est aussi sous sa direction qu'est fondée la Commission cantonale de lutte contre la violence domestique et que le premier Plan de lutte contre la violence domestique est adopté.
Elle contribue en outre activement à l'essor des garderies de l'Etat de Vaud. C'est en outre sous sa tutelle encore que s'organisent les premières JOM, journées «Oser tous les métiers».
A son départ, le taux de chômage est passé de 8,3% en 1997 à 4,3% en 2007, rappelle le Canton dans un communiqué. Peu avant de quitter ses fonctions, elle a présenté un projet de loi sur l'appui à la promotion économique qui réunit l'ensemble des dispositifs d'aide en la matière.
Femme pionnière
Son parcours politique l'a fait passer par le Conseil communal lausannois (1973-1981), puis le Grand Conseil (1978-1986, 1990-1997), qu'elle a présidé en 1996. Cette ancienne assistante de direction n'était alors que la deuxième Vaudoise à ce poste, quinze ans après la libérale Marguerite Narbel.
Au sein de son parti, elle a aussi endossé des responsabilités, présidant les Femmes radicales vaudoises puis devenant la vice-présidente du Parti radical vaudois. Elle a en outre dirigé la section vaudoise de l'Automobile Club de Suisse et a présidé le Groupement des hôpitaux régionaux vaudois.
Problèmes de santé
Jacqueline Maurer-Mayor a connu des problèmes de santé, notamment en 2000 alors qu'elle siégeait au Conseil d'Etat. Elle avait dû être opérée d'un anévrisme intracrânien, ce qui l'avait amenée à revoir ses priorités, expliquait-elle alors. Elle était à nouveau hospitalisée presque dix ans plus tard, en mai 2009, après une rupture d'anévrisme, ce qui l'avait conduite à quitter la présidence du conseil de la Fondation de Beaulieu pour alléger son emploi du temps.
Au moment de son départ du gouvernement, le président du Grand Conseil saluait une «femme d'Etat» et une «grande dame» dont la «fidélité et la loyauté» étaient les principales qualités, mais qui pouvait parfois se montrer «colérique, voire soupe au lait». Il lui avait offert un battant de toupin, symbole de son tempérament de «battante et combattante».
Dans son communiqué diffusé dans l'après-midi, le Conseil d'Etat a salué «son sens de l'Etat et son engagement sans faille au service de la population vaudoise». Au nom des autorités cantonales, il exprime «sa grande tristesse» et présente ses «condoléances émues» à la famille de Mme Maurer-Mayor.