Genève

Vers une interdiction de l'écriture inclusive par l'administration

tb, ats

17.3.2022 - 22:27

Le Grand Conseil genevois veut interdire l'usage de l'écriture inclusive au sein de l'administration et des établissements publics. La majorité de droite estime que cette pratique génère des difficultés de lecture et de compréhension.

A Genève, le langage épicène sera appliqué à tous les actes officiels. Le Grand Conseil a adopté vendredi un projet de loi qui fixe les règles pour une rédaction officielle inclusive et respectant l'égalité (illustration).
Le Grand Conseil genevois veut interdire l'usage de l'écriture inclusive au sein de l'administration et des établissements publics (illustration).
KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

tb, ats

17.3.2022 - 22:27

Tous les services de l'administration sont concernés par cette interdiction d'utiliser des barres obliques, des parenthèses, despoints médians et des tirets. Une motion amendée en ce sens et émanant de l'UDC et du PLR a été adoptée jeudi par 55 voix (la droite et le MCG) contre 35 (la gauche).

«Le soutien à cette motion ne vise pas à nier l'existence d'une demande d'une partie de la population de féminiser la langue, ni à proscrire le langage ou la rédaction inclusive», a précisé la PLR Céline Zuber-Roy. Selon la rapporteuse de commission, en plus d'une atteinte à l'identité de la langue, l'écriture inclusive induit un important surcoût à la lecture et à la compréhension.

«Cette difficulté supplémentaire a un impact sur l'accessibilité des textes, en particulier pour les personnes non francophones, souffrant de troubles «dys» ou ayant un handicap visuel, a ajouté Mme Zuber-Roy. Le député UDC Marc Falquet va plus loin en affirmant que «cette absurdité ne favorise pas l'égalité».

A contre-courant

Cette affirmation tranche frontalement avec la position d'Ensemble à gauche pour qui cette pratique est indispensable au nom de l'égalité. «L'écriture porte les stigmates de la domination des hommes au cours des siècles», a relevé François Nyffeler d'Ensemble à Gauche.

«Cette motion nage à contre-courant en mettant en place une police de la typographie», a insisté la députée Caroline Marti. «La masculinisation de la langue française est une manière d'invisibiliser les femmes», a-t-elle insisté. «L'écriture inclusive n'est pas une formule magique, mais c'est un levier essentiel pour reconnaître l'égalité entre femmes et hommes», a ajouté Mme Marti.

Déjà une directive

La conseillère d'Etat Nathalie Fontanet a rappelé à l'issue du débat qu'une directive proscrivait déjà l'écriture inclusive par les services de l'administration. Le Conseil d'Etat fera en sorte qu'elle soit appliquée, a-t-elle ajouté. En revanche, il sera impossible de l'imposer aux établissements publics qui sont autonomes.

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