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Vincent Fichot, pendant sa grève de la faim devant une gare de Tokyo, le 10 juillet 2021.
AFP via Getty Images
«Cette décision légitime mon combat»: le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi en son absence une mère de famille japonaise à deux ans de prison pour avoir soustrait en 2018 à Tokyo ses deux enfants à son mari français.
Agé de 43 ans, il n'a pas revu ses deux enfants depuis leur enlèvement par leur mère japonaise à Tokyo où la famille habitait.
Le tribunal correctionnel a condamné son ex-épouse à deux ans de prison avec mandat d'arrêt et au retrait de l’autorité parentale, à l'issue d'une audience chargée en émotion. «Ce n'est pas une victoire symbolique, cette décision légitime mon combat», s'est-il réjouit.
En août 2018, Vincent Fichot, trader français installé au Japon rentre chez lui après le travail et découvre une maison vide. Sa femme n'est pas là, ses enfants ont disparu. Il comprend tout de suite que Tsubasa, 3 ans et Kaede, 11 mois, ont été enlevés par leur mère avec qui il est marié depuis 2009. Le couple n'allait pas bien et M. Fichot avait évoqué une demande de divorce peu de temps avant.
Vincent Fichot contacte alors, paniqué, son avocat. Ce dernier le prévient: «Elle a enlevé tes enfants, tu ne les reverras plus. Si tu veux avoir des enfants, il faut refaire ta vie», se remémore-t-il.
Démarre alors un long combat: des démarches judiciaires enclenchées en France et au Japon, une grève de la faim de 21 jours en 2021, son affaire plaidée par Emmanuel Macron auprès des autorités nippones, son combat devant l'ONU ou le parlement européen, jusqu'à ce procès devant un tribunal correctionnel. «Pour lui, cette procédure est fondamentale», a déclaré l'avocate de M. Fichot pendant l'audience. «La personne que vous avez en face de vous est une personne extraordinaire, son combat est existentiel, c'est le coeur de sa vie, il a tout mis de côté pour retrouver ses enfants», a estimé Me Jessica Finelle.
Au tribunal, Maiko K, visée par un mandat d'arrêt international depuis 2021, était représentée par deux avocats français. Ce sont eux qui donnent au père les dernières nouvelles de ses enfants, dont il ne sait rien depuis l'été 2018. «Le petit garçon fait du rugby et la petite fille du patin à glace». C'est tout ce qu'il apprendra.
«J’ai tout perdu: mes enfants, mon travail, ma maison, mes économies», a déploré le père de famille qui touche le RSA et qui vit chez ses parents depuis son retour du Japon en 2021.
Le principe de la garde partagée des enfants en cas de séparation des parents n'existe pas légalement au Japon, ce qui fait que les enlèvements parentaux y sont courants et tolérés par les autorités locales, au nom d'un principe de continuité du foyer familial. Plus de 150.000 enfants par an seraient concernés, selon des associations, dont des binationaux.
«Je pense que cette condamnation va envoyer un message clair aux autorités japonaises: que l'enlèvement d'enfants, c'est sérieux. J'espère que ça va dissuader des Japonais d'enlever d'autres enfants à leur parent français», s'est félicité Vincent Fichot.
«On m’a volé le droit d'être le papa des petits. J’espère pouvoir être au moins un jour le grand-père des leurs», a souhaité le père de Tsubasa, 10 ans dans un mois, et Kaede, bientôt 8 ans.