Vous avez trouvé une erreur?
Signaler maintenant
L'avocat général a affirmé que l'accusé avait "massacré" sa compagne avec "une violence inouïe" (image d'illustration).
ATS
C'est la troisième fois qu'il était jugé pour les mêmes faits: un homme de 30 ans a été condamné à 27 ans de réclusion criminelle mercredi par la cour d'assises d'appel du Bas-Rhin pour le viol et le meurtre de sa compagne en 2019. Il a aussi été condamné à une interdiction définitive du territoire français à l'issue de l'exécution de sa peine.
En 2023, ce ressortissant ghanéen avait été condamné à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Bas-Rhin, une peine alourdie l'année suivante en appel à 27 ans. Les peines étaient assorties à chaque fois d'une interdiction définitive du territoire français. Le suspect s'était pourvu en cassation.
Lors de ce troisième procès, l'avocat général Brice Raymondeaud-Castanet a requis entre 25 et 30 ans de réclusion criminelle à son encontre, déplorant sa «persévérance dans le mensonge».
Sa version des faits «n'est absolument pas crédible», a-t-il dit. «Bien sûr qu'il a tué (sa compagne) volontairement, avec une violence inouïe. Il l'a massacrée», a-t-il asséné, énumérant les «quatre chocs énormes à la tête, la fracture du crâne, le coup de couteau dans la jugulaire qui l'a fait se vider de son sang».
Le drame a eu lieu au domicile du couple, dans la nuit du 17 au 18 avril 2019 à Strasbourg. Selon l'accusé, lors d'une violente dispute, il aurait frappé la jeune femme avec une bouteille en verre. L'un des éclats de verre serait à l'origine de sa mort. L'accusé aurait ensuite porté sa compagne dans la baignoire où elle a été retrouvée par la police le 18 avril.
Le couple s'était rencontré en 2012, lorsque l'accusé était arrivé en France. La jeune femme, avec laquelle il était pacsé, l'avait aidé dans ses démarches administratives.
L'avocat de l'accusé, Jean-Emmanuel Medina, a plaidé un homicide involontaire survenu dans un contexte de violences «réciproques» et demandé à la cour de l'acquitter du viol. Il l'a tuée, «mais il n'est pas un monstre», a-t-il insisté.
Présentant ses excuses aux proches de la jeune femme, l'accusé a reconnu sa responsabilité dans sa mort: «Vous avez perdu Sandra à cause de moi», leur a-t-il dit.
Mais le trentenaire, dont le sperme avait été retrouvé dans le vagin de la victime, a nié tout viol. «Je n'ai pas violé Sandra, ce n'est pas ma nature du tout», a insisté l'accusé. Il a dix jours pour se pourvoir en cassation.