21.10.2014 - 16:00, Hélène Lelièvre/AllTheContent News Agency

Education: sévir ou laisser faire?

Education: sévir ou laisser vivre?

Pour mettre en pratique les interdits, l'enfant doit les comprendre. Il suffit donc de lui en expliquer les raisons.
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Votre enfant s'affirme et gagne en autonomie. Rien d'inquiétant, il grandit. Mais pour les parents, il devient alors parfois difficile de savoir comment réagir. Faut-il céder à tous ses caprices ou serrer la vis? L'éducation est souvent une question d'équilibre, avec la communication comme principale alliée.

Il est 12h. C'est l'heure du repas en famille. Gabriel, 2 ans, refuse de manger ses légumes. Il ne connaît encore que peu de mots, mais il y en a un qu'il connaît très bien: «NON!» Et il le dit sur tous les tons; ce scénario se répétant quand il faut enfiler ses chaussures pour sortir, quand il est l'heure de quitter le parc ou encore au moment de prendre son bain. Ca y est, il est entré dans une phase d'opposition et il le fait savoir. Votre enfant cherche à vous tester, cela déstabilise forcément. 

Quel parent ne s'est pas trouvé un jour démuni face à une telle situation? Parfois, les mots ou les actes dépassent les principes que l’on s'était fixés, comme en témoigne Pascaline: «Je suis passée par la case fessée, mais je l'ai très mal vécue. Je n'étais pas pour, mais j'ai cédé bêtement aux diktats en la matière et reproduit ce que j'ai moi-même connu. Mais, on vit bien mieux sans! D'autant que cela ne fonctionne pas et aggrave même la situation.»

La communication au cœur de la stratégie

Pour ne pas en arriver là, il faut parfois déployer une véritable stratégie pour conserver son calme. C'est le cas de Florence: «Parfois, c'est difficile: je prends énormément sur moi et je lui explique que je vais cinq minutes dans une autre pièce pour me calmer. Cette méthode fonctionne assez bien.» La clé du succès, prônée par nombre de parents et de spécialistes de la petite enfance, est sans doute le dialogue et le fait d'expliquer aux enfants que si on leur donne des limites, ce n'est pas pour les punir, mais pour leur donner des repères. 

Une méthode qu’applique bien volontiers Pascaline: «Avec ma fille, il faut toujours énoncer clairement la règle avant de faire quelque chose, la rappeler juste au moment de le faire et répéter ce schéma si elle commence à se braquer.» Expliquer mais aussi écouter. Adele Faber et Elaine Mazlish, auteures du livre l'Atelier des Parents, conseillent une écoute empathique. Silvia Porret, animatrice d’atelier Faber et Mazlish dans le cadre de l’Atelier Bien Grandir: «L’objectif est d’avoir un meilleur lien entre adulte et enfant. Quand on dit: "Ce n’est pas grave", l’enfant a l’impression de ne pas être aimé et écouté. Il vaudrait mieux lui dire par exemple: "Je comprends, tu es triste d’avoir perdu ton animal de compagnie." L’enfant se sent alors compris. 

Le choix des mots est donc important. Autre exemple, s’il ne veut pas manger ses haricots: "Je peux entendre que tu n’aimes pas les haricots, mais il est important pour moi que tu manges équilibré." Et prendre du temps pour écouter ce que l’enfant a à dire. Le noyau central de cette méthode, c’est l’estime de l’enfant.»

Punir?

Pour autant, peut-on punir un enfant qui fait une bêtise ou qui n'écoute pas? «Je n'aime pas le terme "punition". En cherchant dans le dictionnaire, on constate qu'il y a une idée d'humiliation. Au lieu de punir, je préfère dire que certains actes ont des conséquences naturelles.» 

Et Silvia Porret de donner un exemple concret, issu de sa propre expérience de mère: «Vous faites vos courses avec votre enfant. Au moment où cela se passe mal, vous proposez à votre enfant soit de marcher à côté du caddie, soit d'aller dedans. Si cela ne fonctionne pas, vous devez décider à sa place. Et s’il n'est pas d'accord et qu'il hurle, vous avez encore la possibilité de laisser votre caddie vers les caisses et de quitter le magasin. La fois suivante, vous vous arrangez pour faire garder votre enfant au moment où vous allez faire vos courses. Et vous lui expliquez: "Non, aujourd'hui j’ai besoin de faire mes courses tranquillement. Il y aura plein d'autres fois où tu pourras me montrer que tu peux rester tranquille à côté du caddie".» 

Silvia Porret a souvent constaté que grâce à cette technique, les parents ont conscience qu'ils ont encore droit à l'autorité. Et c'est une autorité saine et, le plus souvent, très efficace.

Pour aller plus loin:

- «Se faire obéir sans crier», Barbara Unell et Jerry Wyckoff , Editions Marabout Poche
- «J'ai tout essayé», Isabelle Filliozat, Editions JCLattès.

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