Contraception: l'influence du statut migratoire, mais pas seulement

iw, ats

26.10.2021 - 15:26

Le statut migratoire influence la pratique de la contraception: les femmes issues de groupes de migrants se protègent moins que les Suissesses. Mais d'autres facteurs entrent en jeu comme le revenu, la formation ou le style de vie.

Le préservatif est le moyen de contraception le plus fréquemment utilisé en Suisse, suivi des méthodes hormonales combinées (pilule). Les femmes font plus attention que les hommes (photo d'illustration).
ATS

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26.10.2021 - 15:26

Dans l’ensemble, 78% des hommes et des femmes de 15 à 49 ans sexuellement actifs ont eu recours à la contraception. Le préservatif est la méthode la plus fréquemment utilisée (35%). Suivent les méthodes hormonales combinées, à savoir la pilule (30%).

Neuf pour cent des personnes interrogées recourent à des méthodes hormonales purement progestatives (stérilets hormonaux ou piqûres); 8%, hommes ou femmes, se font stériliser; 4% utilisent le stérilet en cuivre; enfin, 3% font appel à des méthodes de contraception naturelles. En cas de pépin, 1% se rabat sur la pilule du lendemain.

C'est ce qui ressort d'une enquête de l'Observatoire suisse de la santé se basant sur des données de 2017. L'utilisation de méthodes contraceptives varie d'un groupe de population à l’autre, en fonction du pays d’origine des migrants de première et de deuxième génération.

Les plus prudents

Les personnes d’origine suisse indiquent le plus souvent contrôler leur fécondité, tous types de moyens contraceptifs confondus (84% des femmes et 82% des hommes). Les personnes originaires du Portugal, d’Espagne ainsi que d’Amérique du Sud et du Nord affichent des taux semblables.

Les personnes issues de tous les autres pays prennent nettement moins souvent des mesures pour éviter les grossesses. Les prévalences les plus faibles sont enregistrées chez les ressortissants d'Europe du Sud-Est (68% des femmes et 62% des hommes), et chez ceux provenant de l'est de la Méditerranée et d'Afrique (67% des femmes et 55% des hommes).

Le statut migratoire joue aussi un rôle dans les pratiques contraceptives: les femmes déjà citoyennes suisses à la naissance, dont les parents sont d’une autre nationalité, ont plus ou moins autant recours aux contraceptifs que les Suissesses de parents suisses. Par contre, les femmes nées en Suisse, mais ayant une autre nationalité à la naissance contrôlent nettement moins souvent leur fécondité, selon le rapport de l'Obsan.

Des choix individuels

Les personnes provenant du Portugal et d’Espagne sont celles qui ont le plus recours aux méthodes hormonales combinées (46%). Ce moyen est utilisé par un peu moins d'un tiers des Suissesses et Suisses. En revanche, la pilule est le moins apprécié des ressortissant-e-s de l'Est de la Méditerranée et d'Afrique.

Des facteurs socio-économiques entrent en jeu. D'autres liés au style de vie influencent aussi les habitudes: les femmes faisant plus de 150 minutes de sport par semaine ont plus souvent recours à la contraception que les autres. Mais elles optent plus rarement pour les méthodes hormonales combinées.

Les végétariennes ont aussi moins tendance à contrôler leur fécondité. Les personnes qui mangent chaque jour cinq portions au moins de fruits et légumes, évitent viande et boissons sucrées et ne fument pas prennent nettement plus rarement des contraceptifs hormonaux combinés. Parmi elles, les femmes mentionnent plus souvent la stérilisation comme moyen de contraception.

Les femmes présentant une consommation d’alcool à risque recourent plus fréquemment à la stérilisation et au stérilet hormonal. En revanche, en ce qui concerne le stérilet en cuivre, les méthodes naturelles, le préservatif et les autres méthodes, on ne relève pas de différence en fonction de facteurs liés au style de vie.

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