Mode & Beauté

Basique mode : la petite robe noire

CoverMedia

4.9.2018 - 13:09

Source: Covermedia

La petite robe noire est le basique mode par excellence. Simple à accessoiriser, elle se prête aussi à toutes les réinventions des couturiers et stylistes... et aux vôtres

La petite robe noire que célèbre Guerlain avec son parfum serait une invention de Coco Chanel, en 1926. L’esprit : une robe noire, simple, à qui l’on peut faire jouer d’innombrables rôles tant elle sert de base à toutes les possibilités de transformation à l’aide d’accessoires.

Mais revenons à l’époque de sa création. Le noir est depuis longtemps une couleur chic, que la Réforme a porté au pinacle et aussi celle du deuil. Or, en 1926, le noir est encore la couleur du deuil que portent presque toutes les femmes après la première guerre mondiale tant il est vrai que la Der des Ders a fait des ravages, et ce bien après l’armistice.

Le noir est donc une couleur obligée. Le deuil se porte encore en grande pompe. Pour les femmes en deuil, aucune pierre précieuse n’est permise, hormis le jais... Le gris, le violet et le mauve sont les couleurs de sortie de deuil ; et ce n’est pas pour rien que le violet triomphe dans les années 20.

Donc Gabrielle Chanel sait que cette pièce est forcément dans le vestiaire féminin. Et prise d’une inspiration géniale, elle inverse le code. La robe noire montre la tristesse et l’indisponibilité de la veuve (ou de la mère, de la fille ou de la sœur, etc.) ? Elle devient le symbole du chic et de l’élégance. À la portée de toutes les femmes (enfin, pas celle de Chanel !, mais c’est dans l’esprit).

La petite robe noire est une robe démocratique, et ce n’est pas pour rien que Vogue, qui montre dans ses pages les premières robes noires de Mademoiselle Chanel, la surnomme la « Ford de Chanel ». Paul Poiret, qui a la dent plus dure, dit qu’elle « a inventé la pauvreté du luxe ». La petite robe noire (LBD en anglais) sera pourtant, avec le rang de perles « dadame », le symbole du chic bourgeois des années 1940.

Dans les années 1960, elle a conservé ce côté chic et est devenue la norme pour les soirées de la petite bourgeoisie qui profite du début des Trente Glorieuses. Il suffit de revoir la fabuleuse « party » de Playtime de Jacques Tati.

Mais si la robe noire des débuts est sobre, cette dernière ne va pas s’en tenir à ce statut. Elle aspire à celui d’icône de mode, et le gagne facilement.

Givenchy lui donne un côté mutin pour Audrey Hepburn, puis tous les couturiers vont s’y frotter, rendant ainsi un vibrant hommage à Mademoiselle Chanel.

Vous l’aurez compris, il est donc indispensable d’avoir un ou deux robes noires dans sa garde-robe, et cela marche aussi bien si elle est en cuir, en soie, en lainage ou en coton, voire en simple robe t-shirt. L’étape suivante est de savoir l’accessoiriser. Et là, le champ créatif est immense.

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