Mode & Beauté

Paris Fashion Week printemps/été 2019 : défilé Rick Owens, sous le signe de l’après cataclysme

CoverMedia

28.9.2018 - 13:09

Source: Covermedia

À contrepied des tendances, toujours anti-mode, Rick Owens signe un défilé printemps/été 2019 une nouvelle fois sous le signe du post-war. Ses femmes, survivantes guerrières, puisent dans les ressources restantes pour se composer de magistrales tenues.

Rick Owens nous raconte une histoire avec son défilé printemps/été 2019. Une histoire du futur, une histoire que l’on connaît d’avance sans vouloir trop savoir. Mais avec l’histoire d’un bouleversement annoncé, il fait acte fondateur. Du chaos peut naître la beauté, l’élégance. De l’absence de repère vient la liberté de (ré)inventer des formes. La mode devient alors création, au sens propre du mot. Et, même s’il a déjà donné sur ce thème avec sa collection masculine, nous ne pouvons que le suivre dans ses propositions osées et déterminées.

Les guerrières survivantes de Rick Owens avancent le plus souvent masquées. D’immenses lunettes masques couvrent leurs yeux et leurs joues de rayons que l’on imagine terribles.

Pour s’en protéger, leurs vestes ou manteaux sont déstructurés, les épaules sur-protégées d’ailerons de cuir, les manches se plient et se déplient tels des origami et ne laissent pas deviner la forme initiale du bras. Ces vêtements surprotecteurs sont noirs, parfois confrontés à une étoffe bordeaux, ou beige et jaune paille, ou encore rouille et gris. Le dessous, fausse doublure, devient dessus. Ils sont parfois portés avec des capuches de manteau de pluie sur lesquelles des énigmatiques figures géométriques où se dessinent les formes de triangles. Figures métalliques qui feront sur certaines pièces office de manches.

Un immense manteau cape-couverture noir et aux très larges rayures noir et marron glacé est fermé aux épaules par un haut de sweat-shirt à capuche qui serre les épaules. Il faut, à l’évidence rester couverte ! Ce haut est décliné en plusieurs tons sur d’autres tenues, dont une robe (qui laisse imaginer qu’elle pourrait être en bure) savamment déchirée.

Pourtant, les jambes ne doivent pas encourir de risques : elles sont exposées quasi nues, dépassant de minijupes asymétriques en jean gris. Au pied, de grosses chaussures protectrices, noir ou couleur daim.

Quand elles ne sortent pas sur le terrain, les femmes d’Owen portent des robes courtes ou longues drapées comme des toges, et parfois serties de ses très longues et très fines franges qui bordent les châles de Manille.

D’autres portent des robes boucliers faites de pièces géométriques aux formes qui rappellent celles de la coiffure métallique, qui peuvent être accompagnées d’un immense et impressionnant manteau. Cuir et matériau réfléchissant, plastique transparent d’un casque de tenue de protection nucléaire : on est là dans un amalgame intéressant, l’agencement de matériau de (pseudo)récupération.

La maitrise des formes est totale, les textures mêlées sont intrigantes, les couleurs et tons naturels d’avant l’invention de la teinture des coloris riches en pigment séduisent. Mais une question demeure : saura-t-on rester chic malgré le cataclysme annoncé ?

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