PFW Maison Margiela : Galliano aime les corsets

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25.6.2018 - 18:24

Source: Covermedia

Maison Margiela se situe résolument du côté de l’abolissement des frontières homme/femme. Et John Galliano agit d’une façon très radicale.

Corsets, plumes, foulards-fichus (qu’on a vus au défilé Vetements de cet automne), John Galliano pousse le bouchon plus loin encore que, par exemple, Kim Jones chez Dior. Il s’attache lui aussi à « redéfinir une nouvelle masculinité ». Sa prochaine collection, a-t-il annoncé, sera mixte.

Des lignes mouvantes donc, qui s’inscrivent dans le prolongement des déjà très anciennes et premières tentatives de redéfinition d’une nouvelle féminité qui emprunterait au vestiaire masculin (de la Gabrielle Chanel des années 30 à Saint Laurent des années 70). C’est d’ailleurs à la célèbre Madeleine Vionnet et son invention fabuleuse de sa coupe en biais qui donne élasticité et fluidité à la coupe, que Galliano emprunte une technique qu’il applique à plusieurs de ses pièces. Mais à la différence de Vionnet, Galliano aime le corset, dont il enserre le corps masculin, à rebours du courant « comfort clothes » très mainstream dans les défilés cette saison. Un corset apparent, comme il se doit, porté serré comme une ceinture ou un bustier.

Le rose, le bleu céladon, le blanc, le beige, le kaki (plus brun que vert), le rouge, le doré, le noir, l’imprimé léopard, les plumes, le vinyle, une touche de motifs et tissus asiatiques, le motif prince de Galles et aussi le voile transparent, qui joue les emballages, sont les grands gagnants de ce défilé.

Les pantalons sont le plus souvent skinny, mais certains ont une ampleur qui se rapproche de la jupe, d’autres sont simplement flare (noir, élégant, porté avec un bustier corset). On note quelques shorts, quelques combinaisons qui n’ont plus rien à voir avec le travail.

Le blouson de cuir vieilli se porte sur un manteau midi molletonné rouge, un autre est doré, les manteaux sont longs mais jamais oversize.

Les baskets sont fleuries, les santiags, bleu pâle, dorées ou argentées, les boots sont aussi pointues que les aimaient Hedi Slimane, les chaussures aiment le vernis et certaines sont des modèles où le gros orteil est séparé du reste du pied. Des bottes d’égoutier pointues laissent un faible interstice entre la cuisse et un mini short en latex (ou cuir ?).

On passe sur les gants de ménage (réinterprétés ou non) utilisés comme gants, on l’a déjà vu (du même Galliano, d’ailleurs), mais on s’amuse des chapeaux structurés, et des voiles qui entourent le visage des garçons comme celui des dames élégantes ou vieillissantes dans les années 1910.

Un show réussi, théâtral, mais moins provocateur sans doute que le souhaitait Galliano.

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