Polémique : Avant les défilés les marques s’offrent des directeurs de bonne conduite, est-ce utile ?

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3.9.2019 - 13:12

Source: Covermedia

L’année a été marquée par des polémiques en tout genre qui ont contraint de nombreuses maisons de mode à se doter d’un ou une responsable de bonne conduite. Est-ce un gadget ?

Dans un monde où tout est scruté à la loupe des réseaux sociaux et toute information ou faux-pas commenté à l’envi, rien ne passe inaperçu. Et rien n’est pardonné. Les juges derrière leur écran d’ordi ou de téléphone ont toujours la main lourde. Et les lobbies en tout genre profitent de ces espaces-aubaines pour faire entendre leurs réclamations, indignations et revendications.

Certaines sont légitimes (Victoria’s Secret), d’autres laissent rêveurs sur le bienfondé des polémiques (le manque de diversité chez Off-White !). Mais les marques, qui sont pourtant censées réfléchir à ce qu’elles proposent un peu à l’avance, n’ont plus ni le temps, ni les ressources pour anticiper d’où peut venir s’abattre le couperet. Vint donc l’idée au plus haut niveau de s’adjoindre les compétences d’une personne, avec une équipe, chargée de veiller à prévenir, voire étouffer, les polémiques. Mais est-ce vraiment utile ?

Comprendre que le monde a changé et qu’il est désormais nécessaire de proposer des modèles divers de corps féminins et masculins nécessite-t-il un tel poste dans un organigramme ? Le bon sens, l’écoute ne suffisent-ils pas ? Pour voir que les femmes et hommes ne sont pas tous blancs, maigres et blonds, il suffit de descendre dans la rue… et dans le métro. La mode vend du rêve, bien sûr, mais aujourd’hui, la différence assumée fait partie de ces rêves. Le mannequin grande taille asiatique Michelle Elman fait sans doute plus pour une vision body positive de l’ensemble des femmes et un combat contre les idées-reçues qu’un énième comité Théodule.

Quant aux erreurs géopolitiques, qui portent sur des questions de territoires, les marques pourraient peut-être s’abstenir de vouloir « draguer » l’acheteur à tout prix. Il en va de même à propos des questions concernant des vêtements qui répondent à des impératifs religieux. Ou alors, elles peuvent assumer et cesser un jeu bizarre d’avancées, reculs, excuses…

Mais il s’agit toujours d’un calcul basé sur un ratio économique. Ni la morale, ni la bonne conduite n’ont affaire ici ! D’où l’interrogation sur la dénomination des madame et monsieur anti-gaffes !

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