Mode & Beauté

Polémique : le racisme dans la mode

CoverMedia

10.9.2018 - 13:10

Source: Covermedia

Le racisme imprègne toutes les sociétés, occidentales ou non. La mode serait-elle épargnée ?

S’il est une constante sur toute la planète, en dépit d’efforts au cours des siècles d’individus et de groupes, c’est bien le racisme. Alors, l’industrie de la mode en serait-elle épargnée ? C’est peu probable, en dépit de quelques efforts depuis les années 1970.

Quelques mannequins aux peaux plus foncées que les blanches Occidentales, quelques modèles à la peau noire ont réussi à accéder aux podiums et aux photos des magazines qui comptent dans le domaine de la mode. Mais on s’esclaffe encore quand une femme noire fait, à l’automne 2018, la couverture, pour la première fois du célèbre numéro de rentrée d’un de ces magazines...

Les bonnes volontés sont là, mais les mauvais réflexes aussi.

La jeune mannequin Shanina Shaik, métisse pakistanaise et lituanienne, en a fait l’expérience et a décidé de témoigner au grand jour. On lui aurait dit à ses débuts que son apparence était « ethniquement ambiguë » et la desservirait. Quoi que la personne qui a trouvé cette phrase alambiquée ait voulu dire, il est clair que la remarque est de nature raciste et tend à exclure Shanina Shaik du monde de l’industrie de la mode.

Shanina a donc porté la question sur la place publique, dans Model Squad, des docuséries réalisés sur cet univers qu’elle connaît bien. Des mannequins de toutes origines s’y expriment vivement sur le sujet. Si, avec une carrière florissante, elle a réussi à faire mentir la prédiction, elle considère que rien n’est réglé pour autant : la diversité, dit-elle, qu’elle soit liée aux nuances de la peau ou à d’autres facteurs, n’a toujours pas bonne presse.

Ce n’est pas Ebonee Davis, une jeune mannequin américaine, qui dirait le contraire. En février dernier, elle avait tenu un discours très structuré sur le racisme dans la mode lors d’une conférence TED à l’université du Nevada. Elle est aussi l’auteure d’une lettre ouverte à l’industrie de la mode. Ce qu’elle demande n’est pas une inclusion au sens traditionnel du terme, mais une autre façon de voir et de penser : « Plutôt que de vouloir faire rentrer ma beauté dans vos standards préétablis et de me demander de changer, élargissez vos critères de beauté pour les rendre inclusifs (…) L'industrie de la mode ne reflète pas seulement des standards de beauté. C'est le reflet de l'état actuel de notre démocratie. », écrivait-elle.

La question n’est pas ouvertement débattue en France. Ce qui ne veut pas dire que le racisme n’existe pas au pays de la mode.

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