Pourquoi beaucoup de femmes sur-diplômées quittent leurs postes à responsabilité ?

Relax

28.2.2021 - 13:29

GENERIC: Femme, woman, cheffe, entreprise, leader
alvarez / Getty Images

Elles avaient tout pour réussir en entreprise. Pourtant, elles ont décidé de démissionner avant de dévenir PDG. Trop récente pour être quantifiée, cette vague n'en n'est pas moins représentative d'un renoncement à une certaine image de la réussite et à un modèle de schéma classique. 

Aux Etats-Unis, cette vague de démissions porte déjà un nom : l'"opting» out». Alors qu'elles ont, en apparence, tout pour réussir et arriver au sommet de la pyramide de l'entreprise, certaines femmes bardées de diplômes et à la carrière brillante préfèrent rentrer chez elles. Ce phénomène a été repéré, en France, par l'ancienne avocate d'affaires Céline Alix. Celle qui travaillait pour de gros cabinet a publié «Merci, mais non merci, comment les femmes redessinent la réussite sociale« aux éditions Payot. Elle y interroge des dizaines de femmes (avocates, cadre supérieur ou manager). Trop récente pour être quantifié, cette vague n'en n'est pas moins représentative d'un renoncement à une certaine image de la réussite et à un modèle de schéma classique.

Plus de paix, moins de challenge

Pour l'auteure de «Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière», Lucille Quillet, les raisons peuvent faire appel à la volonté de trouver un meilleur équilibre vie pro/vie perso. «C'est fatiguant, explique la journaliste, d'être la Wonder Woman qui arrive à tout gérer, vie pro, vie perso, être mère, épouse, working girl... Le tout sous la pression d'un regard extérieur sociétal, professionnel et familial souvent trop critique, culpabilisant et exigeant.»

La journaliste rappelle que depuis plusieurs décennies, les femmes ont eu accès au marché du travail, certes, «mais sans être allégées du rôle de gestionnaire du foyer». «Aux femmes, donc de tout gérer, continue-t-elle. Elles finissent, de ce fait par capituler. Elles cherchent la paix, moins de challenges car elles ne sont pas sur-humaines».

Le pouvoir, ce «boys club» ?

Si certaines femmes choisissent ce qui pourrait être l'inverse d'une ascension professionnelle, c'est aussi parce qu'elles sont tombées de haut. «Croyant, à tors, qu'elle trouveraient le Graal une fois arrivées au top management, beaucoup de femmes découvrent un jeu formaté par des hommes en majorité».

Arrivées là, elles sont déçues de ce qu'elles y trouvent. «Le «pouvoir» n'est parfois qu'un boys club, résume Lucille Quillet, un club de courtisans où l'on maintient un statu quo. Elles ne sont pas intéressées. Certaines femmes quittent des comex ou des entreprises, car elles voient qu'elles ne s' accompliront pas, qu'il y a beaucoup de façade derrière tout ça." 

En s'arrêtant juste en-dessous du plafond de verre, les femmes récupère finalement leur pouvoir en s'affranchissant des règles de la réussite. Et l'auteure de conclure : «En claquant la porte des grosses entreprises, elles transforment peu à peu le monde du travail. Elles trouvent plus de valeur, de sens, d'épanouissement, et pas forcément là où il y a les plus gros salaires».

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