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Le rappeur vaudois estime ne pas rentrer dans trop de styles.
YouTube/Capture d'écran
À quelques heures de son concert sur la scène Spotlight, nous avons pu échanger avec A6el. Le rappeur lausannois de 20 ans s'est prêté au jeu de notre interview portrait. Rencontre.
En décembre dernier, A6el était désigné Révélation musicale suisse de l'année aux Tataki Awards. Une reconnaissance qui lui a notamment permis d'intégrer la programmation gratuite du Montreux Jazz Festival. À quelques heures de son concert sur la scène Spotlight (il se produira à 21h), le rappeur lausannois de 20 ans nous a accueillies dans un hôtel de la Riviera. Portrait d'un artiste qui monte.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans la musique?
En vrai, ça a été beaucoup d'influences. Ça n'a jamais été un but dans ma vie de faire de la musique, mais c'était plus un besoin. Je l’ai nourri et, aujourd’hui, je suis là.
C’est quoi ton premier souvenir marquant de concert marquant?
Je pense que c'était mon deuxième concert. C'était un show gratuit à Lausanne. Et tout a été décalé: je jouais au final à 1h du matin. Je me suis dit qu'il n'y aurait personne. Et là, je monte sur scène, il y a une bonne foule qui est venue pour moi. Et là, ça m'a mis ma première claque. J'étais un peu au bord des larmes. Je voyais que c'était un peu concret, ce que je faisais. Et ouais, c'était ma première claque dans la musique!
Si tu ne devais en choisir qu’une, laquelle de tes chansons proposerais-tu pour faire découvrir ton univers à quelqu’un qui ne te connaît pas encore?
C'est une bonne question, en vrai. Le truc avec moi, c'est que je n'arrive même pas à me mettre dans trop de styles. Si je lui fais écouter «Soleil», peut-être qu'il va trop kiffer, mais après, les autres chansons, il ne va pas aimer. Du coup, en vrai, je lui ferai découvrir un peu tout. Il n'y a pas trop de morceaux chocs. Et après, il trouvera ce qu'il aime peut-être dans ma catégorie ou chez un autre artiste.
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Si tu devais résumer ton parcours avec trois chansons — les tiennes ou celles des autres —, lesquelles choisirais-tu pour créer cette bande-son?
C'est une bonne question. Je pense que pour un premier son, je vais dire un «J'ai les blues» ou «Manifeste» de Gizmo, parce que c'est un artiste que j'écoutais énormément quand j'allais assez mal dans ma vie avant que je commence la musique et qui m'a pas mal aidé. Et après, en fait, c’est des montagnes russes. Je mettrais une petite musique joyeuse. Un son de Makala ou de Tyler. Ensuite, une redescente. Ça marche comme ça la vie en vrai. On n'a jamais le bonheur tous les jours, mais je pense que ce serait à peu près ça.
Si on checkait ta playlist maintenant, quel est le dernier morceau que tu as ajouté?
On va voir ça (il sort son téléphone). Dans les derniers morceaux que j'ai likés, il y a «Piscine privée» de Makala. Et il y a aussi «Toi et moi» de Lujipeka, son dernier projet.
Y a-t-il morceau, plaisir coupable, que personne ne s’attendrait à trouver dans tes écoutes?
Ouais, de fou! Je vais dire « Medusa » de Saïf. Qui ne ressemble pas trop à ce que je fais, mais j'aime bien.
Si on imagine que tu as une baguette magique te permettant de réaliser n’importe quel souhait, quel serait le feat de tes rêves?
Tyler, The Creator, je pense.
Et la scène sur laquelle tu rêverais de te produire?
Je ne sais pas trop… Les arènes de Nîmes. C’est très joli.
On est à quelques heures de ton concert, comment te sens-tu avant de monter sur scène?
Là, on a encore un peu de temps, du coup ça va. Après, je me stresse un peu en loge. Dès que je sors de mes loges, c'est A6el qui prend le rôle. Ce n'est plus moi, du coup là ça va un peu mieux. J'ai hâte de monter sur scène et tout!
Justement, as-tu des routines pour t’y préparer?
Non, en vrai c'est vraiment naturel! Comme un problème un peu psychique (il rit), mais c'est vraiment full naturel. Je ne me chauffe même pas la voix, je ne fais pas des trucs, je ne fais rien en vrai. Je sors de ma loge et j'essaie de faire le boulot!
Quand on lui demande le meilleur conseil qu'il ait reçu jusqu'à présent, le rappeur n'hésite pas. «En vrai, de faire pour faire et de ne pas trop s'attarder sur des trucs bêtes», répond-il. Et de préciser: «Il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui pensent que, dès que tu fais de la musique, ça va marcher pour toi. Et du coup, il y a plein de gens qui ont un peu la haine parce que ça ne marche pas alors qu'ils font des trucs chouettes. Mais je pense que c'est le jeu aussi. La musique, c'est un art. Ce n'est pas à toi de choisir si tu vas réussir ou pas. C'est aux autres.»
Pour A6el, le plus important est d'ailleurs «de faire de la musique par plaisir». «Peut-être que le succès viendra après, mais ce n'est pas une priorité», conclut-il.