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L'artiste de 45 ans, connue pour son énergie communicative, se heurte souvent à des réactions hostiles.
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Incontournable des nuits parisiennes LGBT, la DJ Barbara Butch, dont un concert a été interrompu ce week-end par des militants propalestiniens à Grenoble, est régulièrement la cible d'attaques depuis qu'elle a été l'un des visages de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris.
Directrice artistique de la Nuit Blanche à Paris en juin, elle avait placé la manifestation culturelle sous le signe d'un grand coeur rouge.
«Choisir l'amour, c'est pas être naïf, c'est un choix profondément politique. Je pense à l'amour qui n'est pas juste le romantisme, mais la solidarité, la rencontre, le soin, la joie. C'est un acte de résistance», expliquait-elle alors à l'AFP.
L'artiste de 45 ans, connue pour son énergie communicative, se heurte toutefois souvent à des réactions hostiles.
Son concert à Grenoble samedi soir a ainsi dû être interrompu peu après son démarrage, et la DJ exfiltrée, lors d'une action de militants propalestiniens, alors que cette date faisait depuis mai l'objet d'un appel au boycott, notamment de la part de l'antenne grenobloise de La France insoumise.
En cause: la signature, par l'artiste juive, d'une tribune en soutien à la contestée proposition de loi Yadan qui visait à «lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme» et a depuis été retirée.
«J'ai signé une tribune pour dénoncer l'antisémitisme en France, l'antisémitisme que je subis au quotidien, depuis des années, depuis mon enfance, qui a été encore plus fort après les JO», avait expliqué Barbara Butch sur Instagram, regrettant que «tout le monde fasse des amalgames entre la politique israélienne et le fait d'être juif».
«Cette manière de m'attaquer est intolérable», avait-elle martelé, captures d'écran de messages haineux à l'appui.
En novembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait déjà condamné quatre hommes, jusqu'à dix mois ferme, pour l'avoir cyberharcelée au moment des Jeux olympiques.
Barbara Butch a fait l'objet d'attaques sur les réseaux sociaux après sa prestation à la cérémonie d'ouverture, où elle était apparue aux platines, entourée de drag queens, de mannequins et du chanteur Philippe Katerine, presque nu et peint en bleu.
Ce tableau, intitulé «Festivité», avait suscité l'ire des milieux conservateurs et d'extrême droite, qui l'ont interprété comme une parodie de La Cène de Léonard de Vinci, une analyse battue en brèche par le directeur artistique de la cérémonie, Thomas Jolly.
A l'audience, la musicienne lesbienne et obèse – victime de nombreux messages grossophobes – avait raconté avoir eu «juste envie de (s)'enterrer et de disparaître à ce moment-là». Ce harcèlement avait eu de lourdes conséquences sur sa santé.
Son univers artistique prône au contraire l'inclusion et le rejet des discriminations et de la violence.
Cette artiste engagée, née dans une famille traditionaliste, assure vouloir offrir des soirées accessibles à tout le monde, pourvu qu'il y ait de la danse et du lâcher prise.
Après divers petits boulots – serveuse, videuse, téléprospectrice – et des débuts dans des bars de la capitale, la DJ aux sets électro-disco a gagné en notoriété: habituée du Rosa Bonheur, la guinguette du parc des Buttes-Chaumont, elle mixe en France comme à l'étranger, notamment dans les festivals réputés de Montreux et du Sziget en Hongrie.
Militante féministe assumant son corps, elle apparaît nue en 2020 en couverture de Télérama pour illustrer sa une sur «le fléau de la grossophobie».
Elle persiste et signe en 2021, posant le corps simplement en partie camouflé par des fleurs pour le créateur Jean Paul Gaultier.
«Malgré la difficulté, malgré les insultes, le harcèlement, je suis là. Toujours grosse, toujours juive, toujours lesbienne mais plus que jamais fière», écrivait-elle sur Instagram en avril 2025, après avoir été distinguée Chevalière de l'Ordre des arts et des lettres.
«Mon combat, c'est de nous unir tous et toutes avec nos différences sur un dancefloor libre, joyeux et plein d'amour», réaffirmait-elle.