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Signaler maintenantSalle de légende, le Madison Square Garden, qui accueille lundi et mercredi les matches 3 et 4 de la finale NBA, reste une enceinte à l'atmosphère unique, bien que ses billets soient devenus trop chers pour l'immense majorité des New-Yorkais.
a thing of beauty 🤩 pic.twitter.com/E8BDiz5pHh
— NEW YORK KNICKS (@nyknicks) June 7, 2026
«Il n'y a rien de comparable au fait de voir un match de basket au Madison Square Garden», clame John Guercio, comptable sexagénaire auto-proclamé «fan de toujours» des Knicks, qui reçoivent les San Antonio Spurs de Victor Wembanyama.
Cinquante-huit ans d'histoire, 19'500 places, le «MSG» présente une configuration atypique, très arrondie, qui évoque, de l'intérieur, une soucoupe volante massive, en pente relativement douce. Malgré deux rénovations, dont une majeure entre 2011 et 2013, l'esprit du lieu n'a pas été altéré, souligne Bill Bradley, champion avec les Knicks en 1970 et 1973.
La lumière légèrement jaune, les vieilles photos des Rolling Stones ou de Mohamed Ali dans les coursives, le son si particulier de l'organiste contribuent à faire de la «World's Most Famous Arena» (l'arène la plus célèbre au monde), son surnom, un lieu hors du temps.
Mais ce qui fait le Garden, ce sont d'abord ses spectateurs, qui pourraient voir leur équipe, menant 2-0 dans cette finale, sacrée pour la première fois depuis 53 ans (le premier à 4 victoires sera champion). «C'est un public bruyant, enthousiaste, critique, connaisseur», observe Bill Bradley. «Et quand ils s'y mettent, ils peuvent porter l'équipe.»
Très exigeants, les fans présents aux matches peuvent aussi parfois se retourner contre un des leurs, voire contre l'effectif tout entier. Bill Bradley est bien placé pour le savoir, lui qui, bombardé à un poste qui n'était pas le sien, a dû subir les quolibets d'aficionados déchaînés à ses débuts professionnels, avec crachats et jets de pièces. Mais il a fini par être adopté. «Dès qu'on s'est mis à gagner», se souvient-il.
«Les fans sont juste sans merci ici», insiste John Guercio, qui se souvient de la période difficile des années 2000, marquée par six saisons d'affilée sans play-offs. «Les gens chantaient des chants hostiles à (l'entraîneur) Isiah Thomas. Eddy Curry (ancien pivot) se prenait des boîtes de poulet frit», dit-il.
Rien de tout cela pour les Knicks actuels, qui pratiquent un jeu collectif séduisant et s'approchent du titre depuis deux saisons. «Ils sont plaisants, facile à aimer, à soutenir», résume Anthony Donahue souvent présenté comme le fan numéro un des Knocks.
Plutôt sages, ces Knicks n'ont pas de personnalité XXL, comme New York les aime tant. Une différence notable avec les héros des trois grandes périodes de la franchise, de Walt Frazier à Latrell Sprewell, en passant par Charles Oakley. Mais «ils jouent à fond, ils ne lâchent jamais. (...) Ils ne font pas trop la fête, pas de trucs stupides. Et New York les a pris dans ses bras», poursuit Donahue.
Certains s'inquiètent d'un effritement de l'ADN du «MSG» sous l'effet d'une escalade des prix des billets. Il est ainsi difficile de trouver un billet à moins de 7'000 dollars pièce à la revente pour le Match 3, même si Anthony Donahue souligne que les tarifs sont bien moins élevés pour les abonnés à la saison.
«Je sais que les gens disent ça tout le temps, rétorque-t-il, mais je suis allé à tous les matches de play-offs cette année au Garden, et le public est toujours incroyable.» Et si les matches des Knicks ont leur parterre de stars, il est, pour l'essentiel, composé de célébrités résidant à New York et passionnées, comme les acteurs Timothée Chalamet et Ben Stiller ou le réalisateur Spike Lee.
Rich Swann, quinquagénaire présent au Garden depuis plus de trente ans, voit une différence entre la saison régulière et les phases finales. «Vous avez des gens qui viennent aux matches parce que ça fait partie des attractions, il y a des touristes», dit-il. Mais une fois les play-offs entamés, poursuit-il, «il n'y a que des vrais fans».