En s'offrant la Fiorentina jeudi soir (1-0), le Lausanne-Sport s'est assuré un début d'année 2026 européen. Ce parcours en Conference League, qui a débuté en juillet dernier, n'est pas près de s'arrêter.
Qui aurait pu décemment prédire, au soir d'une défaite 2-1 sous la terrible chaleur de Skopje au 2e tour préliminaire de la compétition, que Lausanne allait terminer à la 9e place de la phase de ligue quelques mois plus tard? Peut-être son entraîneur Peter Zeidler, qui n'a jamais cessé de mentionner son «rêve» de jouer l'Europe depuis son arrivée sur le banc lausannois en juin.
Le technicien allemand n'avait jamais atteint une phase de groupes d'une compétition européenne avant cette saison. Ni avec le RB Salzbourg, ni avec Saint-Gall, qu'il a pourtant transformé en une place forte du football suisse. «C'était toujours un objectif, a-t-il rappelé jeudi soir en conférence de presse. Et cette fois, je suis parvenu à transmettre cet enthousiasme pour l'Europe. J'en suis tellement fier.»
Soixante ans plus tard
Avec leurs exploits face au Besiktas et la Fiorentina, Peter Zeidler et ses joueurs ont renvoyé le LS à ses grandes heures, celles des «Seigneurs de la nuit», les héros du dernier sacre national du club, en 1965. 1965, c'est aussi la dernière fois que Lausanne a joué sur la scène continentale après la trêve hivernale. Un quart de finale de la Coupe des Coupes perdu face aux Londoniens de West Ham.
«Lausanne, ce club, cette ville, mérite l'Europe, mérite de vivre ces émotions», a souligné le mentor du LS. Des émotions illustrées par les tifos que les supporters lausannois ont déployés avant le coup d'envoi. Sur une fresque impressionnante, l'exploit de ses joueurs à Istanbul en septembre a rejoint d'autres moments forts de l'histoire récente du club: Lazio 1998, Amsterdam 2000, Moscou 2010. Et sur la tribune sud, un avertissement pour la Fiorentina: «Qu'importent leurs noms, qu'importent leurs blasons, à Lausanne, on sait faire trembler les plus grands.»
Oui, Lausanne fait désormais trembler les plus grands, même si l'honnêteté commande de rappeler que c'est une Viola en grande difficulté qui s'est présentée jeudi à la Tuilière. Il n'empêche que face à des joueurs de la trempe d'Edin Dzeko et de Moise Kean, le LS a joué avec cette assurance, cet esprit de corps remarquable qui semble l'habiter dès qu'il s'agit d'évoluer en Coupe d'Europe.
«L'envie, la mentalité, la solidarité: tout cela surpasse parfois l'aspect tactique», a savouré Peter Zeidler, pas peu fier de la performance souveraine de ces hommes, face à un club historique du championnat italien. «On a juste été forts, il faut le dire. Grands compliments à mes joueurs.»
Un adversaire abordable
La fierté était également palpable en zone mixte, où Kévin Mouanga, taille patron face aux stars florentines, a mentionné l'aspect historique de cette victoire. «Cela faisait longtemps que le club n'avait pas vécu ça. On fait partie de l'histoire du club désormais, et on espère la marquer encore plus», a affirmé le défenseur central.
La suite du chapitre 2025/26 de l'histoire européenne du LS s'écrira les 19 et 26 février, lors des barrages d'accession aux 8es de finale. Une étape supplémentaire qu'il n'était pas loin d'éviter jeudi soir, mais un but décisif de l'ex-Servettien Dereck Kutesa a permis à l'AEK Athènes de dépasser le club vaudois sur le fil.
Le 16 janvier, un tirage au sort déterminera qui des Bosniens de Mostar (23e de la phase de ligue) ou des Tchèques d'Olomouc (24e) affronteront les Lausannois. Deux adversaires sans aucun doute à leur portée. «On ne veut pas s'arrêter en février. On veut continuer», a promis Peter Zeidler. Une chose est sûre: la fièvre européenne qui s'est emparée du peuple lausannois ne demande qu'à se prolonger un peu plus.