Partout où il passe, Oliver Glasner connaît le succès. Pourtant, les mandats de l'entraîneur autrichien dépassent rarement les deux saisons. Ce sera aussi le cas à Crystal Palace, le club anglais qu'il va quitter après l'avoir emmené en finale de la Conference League (mercredi face au Rayo Vallecano).
En théorie, l'honnêteté et l'ambition sont des qualités louables dans le monde du travail. Mais chez Oliver Glasner, elles semblent parfois se retourner contre lui. Car même si l'entraîneur de Crystal Palace peut décrocher mercredi un troisième trophée en deux ans – le club n'en avait jamais remporté aucun avant son arrivée -, son départ est déjà acté. Une fois de plus.
Engager Glasner peut représenter un défi. Il apporte une énergie inépuisable et une ambition démesurée – et exige la même chose de tous au sein du club. Cela a régulièrement provoqué des frictions avec les dirigeants. «Pour embaucher Oliver, les conditions doivent être réunies», explique le patron de Palace, Steve Parish. «Il a besoin d'un environnement qui lui permette d'atteindre ses objectifs. Il veut gagner des titres»
Conflit à Wolfsburg
C'est ce qu'il peut faire mercredi soir à Leipzig face aux Espagnols du Rayo Vallecano. Glasner a déjà remporté la Coupe d'Angleterre et le Community Shield (qui oppose le vainqueur de la Premier League et de la Coupe). Sa dernière dimanche à Selhurst Park, dans le sud de Londres, a donc été particulièrement émouvante. Les supporters des Eagles lui ont rendu un vibrant hommage.
Avant cela, l'Autrichien de 51 ans avait déjà remporté l'Europa League avec l'Eintracht Francfort (2022) et atteint la finale de la Coupe d'Allemagne (2023). Il avait aussi conduit Wolfsburg en Ligue des champions (2021/22)
Avec Glasner, le succès semble presque garanti dès la signature. Mais cela peut aussi devenir épuisant. Notamment parce que l'entraîneur n'évite aucun conflit et parle publiquement de sujets qui dépassent son champ de compétence.
À Wolfsburg, il s'était brouillé avec le directeur sportif Jörg Schmadtke, après avoir critiqué à plusieurs reprises la politique de transferts du club. Selon certaines sources, les deux hommes ne se parlaient plus que pour le strict nécessaire pendant des mois. Un an avant la fin de son contrat, Glasner avait quitté le club pour Francfort.
Brouille à Francfort
Après le triomphe européen, les tensions étaient également montées sur les bords du Main. Glasner voulait investir immédiatement dans la qualité de l'effectif. Le directeur sportif Markus Krösche préférait continuer à développer de jeunes talents pour les revendre avec bénéfice. Krösche avait aussi été agacé que Glasner n'accepte pas immédiatement sa proposition de prolongation de contrat.
Glasner est devenu de plus en plus émotif et sa frustration se manifeste régulièrement en conférence de presse. Après avoir perdu son calme face à la question d'un journaliste, le patron de l'Eintracht, Axel Hellmann, l'avait publiquement recadré. «Il sait que cette réaction n'était ni bonne ni appropriée», avait déclaré son supérieur à l'époque.
Après la séparation avec Glasner, Krösche s'était finalement senti obligé de défendre publiquement cette décision. Parfois, il faut prendre des décisions impopulaires, avait expliqué le dirigeant. Il niait toutefois avoir eu un problème avec le très bavard Glasner.
En finale contre son successeur ?
La frustration de voir son employeur ne pas suivre sa vision l'a également rattrapé à Londres. Après la victoire en Coupe, Glasner avait averti que le club ne devait pas devenir un «one-hit wonder». Pourtant, les deux meilleurs joueurs des Eagles ont été vendus: Eberechi Eze à Arsenal durant l'été, Marc Guéhi à Manchester City en janvier. Le fait que les indemnités de transfert n'aient pas été réinvesties à la hauteur espérée a fait monter sa tension.
Glasner ne fuit aucun conflit et reste fidèle à ses principes. En janvier, il a officialisé son départ, même s'il l'avait déjà communiqué en interne depuis longtemps. Il veut gagner des titres. Et si son club ne lui offre pas cette possibilité, il part ailleurs.
Son successeur à Londres pourrait d'ailleurs se trouver face à lui mercredi. Selon plusieurs médias, l'entraîneur du Rayo, Iñigo Perez, fait partie des candidats crédibles.