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À Vancouver, le Mondial a réveillé un sentiment endormi depuis 2010
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Seize ans après les JO

À Vancouver, le Mondial a réveillé un sentiment endormi depuis 2010

Des fans assistent à Canada-Maroc au «FIFA Fan Festival».

Des fans assistent à Canada-Maroc au «FIFA Fan Festival».

IMAGO

Principal site canadien de la Coupe du monde et terre d’accueil de plusieurs matches de l’équipe de Suisse, la ville de Colombie-Britannique vibre au rythme du «soccer» cet été. Eclectique, la population s’est majoritairement mobilisée autour de l’événement qui permet à la population de se rappeler des bons souvenirs des Jeux olympiques d’hiver 2010. Reportage.

Laurent Morel

Laurent Morel

07.07.2026, 08:00•07.07.2026, 11:27

Les plus nostalgiques diront que l’ambiance était différente, meilleure, au mois de février 2010, lorsque Vancouver s’était complètement transformée aux couleurs olympiques et qu’une large partie de la population avait eu l’occasion d’y adhérer et d'y assister grâce aux nombreuses épreuves disputées dans la cité située entre mer et ciel (du Pacifique aux impressionnantes montagnes environnantes). Pourtant, les sept matches disputés dans l’Ouest canadien ont réveillé un sentiment qui dormait dans une agglomération qui compte près de trois millions d’habitants.

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Autour de son stade olympique du BC Place, qui accueille les matches, la ville s’est entièrement parée aux couleurs du «soccer», le nom qu’est donné au football au Canada comme aux États-Unis. L’artère de Granville Street est devenue piétonne pour l’événement (et pourrait d’ailleurs le rester au vu du succès rencontré). De très nombreuses boutiques et magasins mettent en avant dans leurs vitrines les produits dédiés à la Coupe du monde. Les ballons géants ont poussé partout comme des champignons. À l’aéroport, un pan entier du bâtiment principal a été peint avec le logo de la Coupe du monde et les drapeaux canadiens sont suspendus sur de très nombreux balcons. Dans la ville comme dans toute la Colombie-Britannique, de Victoria à Whistler et même jusqu’aux plus petits villages de cette province où la nature est reine, les matches sont diffusés dans la plupart des bars et des restaurants, lorsque l’une ou l’autre fanzone n’a pas fleuri.

À Vancouver justement, en dehors du stade, plusieurs manifestations publiques ont vu le jour. La «Canada Soccer House», mise en place par la fédération nationale, réunit les différentes communautés dans une ambiance bon enfant. Mais c’est surtout dans l’immense «FIFA Fan Festival» que se donnent rendez-vous les habitants de la troisième agglomération du pays. Sur plusieurs hectares, dans une large zone du gigantesque Hastings Park (dans lequel se situe l’une des patinoires olympiques de 2010), plusieurs dizaines de milliers de personnes se donnent rendez-vous certains jours de matches (le site n’est pas ouvert quotidiennement).

Au programme : diffusion des matches sur plusieurs écrans géants, nombreux stands de nourriture, activation des sponsors et plusieurs concerts, dont ceux des stars Mötley Crüe, Flo Rida, Simple Plan, Ziggy Marley ou Ibrahim Maalouf, entre autres. «On est très fiers du résultat après avoir travaillé sur ce projet pendant près de quatre ans», répète à l’envi Taunya Geelhoed, directrice des opérations pour le comité d’organisation local. «On compte 330 000 visiteurs durant la première moitié de la Coupe du monde, c’est une vraie réussite.»

Le «soccer», un langage universel

L’entrée de base est gratuite, mais le prix du parking compense avec un tarif à 45 dollars canadiens la journée, soit plus de 25 francs suisses. Heureusement, les transports publiques fonctionnent parfaitement dans la ville et les prix n’ont pas été majorés, comme c’est le cas à New York ou Boston, par exemple. Par ailleurs, pour s’assurer de l’accès au tout nouvel amphithéâtre, la scène principale, il faut dépenser quelques dizaines de dollars ou se coltiner une longue queue.

Toujours est-il que Vancouver peut se vanter, comme l’ensemble du pays, de bénéficier de très nombreuses communautés aux origines étrangères, asiatiques, latino-américaines, européennes et même africaines. De quoi ajouter du sel à une compétition aussi rassembleuse. Cependant, ne vous fiez pas aux maillots variés que portent les gens aux quatre coins de la province pour connaître la nationalité de quelqu’un. Ici, on choisit souvent ses couleurs parce qu’on aime bien un maillot ou un joueur.

Et si le «soccer» arrive loin derrière le hockey sur glace à Vancouver (comme dans tout le Canada), le sport a une vraie histoire, grâce notamment à l’implantation des Whitecaps, finalistes lors de la saison écoulée en MLS. Côté suisse, on se souvient d’ailleurs du passage remarqué au début de la franchise de notre consultant Alain Rochat, qui garde de très bons souvenirs de l’endroit, ou de celui de Davide Chiumiento. Et si ce n’est pas le cas de tout le monde, la plupart des spectateurs connaissent le football, même s’ils ont parfois tendance, dans le stade, à siffler dès qu’un joueur fait une passe au gardien. Question de culture…

Alors oui, comme beaucoup aiment à le rappeler dans la région, Vancouver est peut-être la meilleure «host city» de cette Coupe du monde… Tant mieux, la Suisse y a trouvé refuge et elle laissera aux Canadiens un bon souvenir, même si en battant l’équipe à la feuille d’érable, elle l’a empêché de disputer deux matches supplémentaires à domicile.

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