Gaël Clichy

Gaël Clichy : "Je suis très exigeant et très compliqué à gérer"

vasc, ats

4.12.2020 - 15:48

Gaël Clichy attend encore sa qualification pour porter le maillot de Servette à Bâle samedi (20h30) en Super League. Si la signature de l'ex-international français interpelle, lui n'y vient pas qu'en pré-retraite.

«Partout où je suis passé, j'ai eu la chance de gagner.» A 35 ans, Gaël Clichy ne va connaître que son quatrième club professionnel, cinq si l'on compte ses débuts à Cannes à la sortie de l'adolescence: après Arsenal, Manchester City et Istanbul Basaksehir, le voilà à Servette, où il a signé mercredi. Il s'y entraînait depuis plusieurs semaines. Le joueur a une expérience folle: trois titres de champion d'Angleterre (avec les Gunners en 2004, avec City en 2012 et 2014), un en Turquie la saison dernière et vingt sélections en équipe de France.

Mais comment s'est-il retrouvé à Servette, lui qui n'a pas manqué d'offres l'été dernier? «A mon âge, notamment d'un point de vue financier, certaines n'étaient pas faciles à refuser, dit-il dans une interview avec Keystone-ATS. Mais je cherchais un endroit où établir ma famille, avec de bonnes conditions de scolarité pour mes enfants, et qui me rapproche de la France. Tout en restant compétitif sur le plan personnel. Je me suis installé à Genève et Servette a été l'offre idéale pour allier famille et sportif. Mais il a fallu être persévérant, car le club avait son projet. Je devais montrer que j'étais dans la capacité d'amener quelque chose.» D'où une signature seulement début décembre.

Tout le monde sera dans son champ de vision

Forcément, le latéral gauche va gagner moins que ce qu'il a pu amasser partout où il est passé. «Une fois que j'ai refusé une offre de prolongation avec Basaksehir, il était clair que l'argent n'était plus un critère. Je vais donc gagner beaucoup moins. J'aurais pu continuer en Turquie et laisser ma famille à Genève. Mais je suis une personne qui est complétée par ce qui l'entoure. Donc par ma famille. Ce n'aurait pas fonctionné.»

Cela ne veut pas dire que Clichy vient en pré-retraite. A l'entraînement, ses coéquipiers le voient, son nouvel entraîneur le confirme: «Il est encore très frais, il a envie de jouer», a relevé Alain Geiger.



Et Clichy, qui a disputé quarante-cinq matches avec Basaksehir l'an dernier courant à chaque fois «dix à onze kilomètres par match», ne laissera rien passer. «Je suis là pour apporter une démarche professionnelle, détaille-t-il. J'ai certes un certain talent, mais j'ai surtout entrepris beaucoup d'efforts pour arriver là où j'en suis. Je peux amener quelque chose de concret à un groupe. Pour montrer aux autres comment être plus professionnel, par exemple au niveau de la pré-activation avant l'entraînement, la récupération. Il y a beaucoup de jeunes à Servette, et en faisant attention à ces détails, on peut être plus performant.»

L'ancien international ne cache pas qu'il entend bien avoir du succès à Servette aussi. «Mais si je n'avais pas senti une démarche pour aller de l'avant, je ne serais pas venu», plaide-t-il. Et s'il a voulu s'engager avec les Grenat, c'est aussi pour être lui-même: «Je suis quelqu'un de très exigeant, de très compliqué à gérer, car je suis très demandeur. Les préparateurs physiques, le coach, les joueurs et même les jardiniers: ils seront tous dans mon champ de vision. Je serai sur leur dos. Car si on me fait venir, il faut me donner les outils pour avoir du succès, sinon ça n'ira pas.» En ouvrant la porte à Clichy, Servette se donne peut-être aussi les moyens de grandir.

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