Football

Blatter: "Selon les statuts, je suis encore président de la FIFA"

ATS

26.10.2018

Sepp Blatter (82 ans) reste combatif. Le Valaisan veut toujours faire lever sa suspension qui court jusqu'en 2021. Mais l'ancien président de la FIFA ne rêve pas d'un come-back, même si son avis est encore souvent requis, selon ses dires.

Sepp Blatter a refermé complètement le livre "FIFA".
Sepp Blatter a refermé complètement le livre "FIFA".
Keystone

Sepp Blatter, faut-il encore vous appeler Monsieur le président?

"Ce n'est pas obligé. Mais selon les statuts, je suis encore le président de la FIFA malgré ma suspension. Il aurait fallu me destituer avant l'élection du nouveau président, c'est écrit dans les statuts."

Souhaiteriez-vous être à nouveau président de la FIFA?

"Je n'ai plus d'ambition. C'est fini, le livre est refermé. J'ai servi et rempli ma mission. J'ai pris la FIFA quand elle était dans les chiffres rouges et je l'ai quittée dans un état financier remarquable. Et surtout, aujourd'hui, on joue au football partout dans le monde."

Mais vous poursuivez la lutte contre votre suspension par la commission d'éthique de la FIFA. Voulez-vous réhabiliter votre nom uniquement, ou y a-t-il autre chose en jeu?

"Il n'y aura pas de come-back pour moi. Mais j'aimerais que justice soit rendue. Je veux aussi que le ministère public de la Confédération traite la procédure ouverte contre moi. Ce dossier devrait être réglé après trois ans, alors que je ne suis pas accusé. Et enfin, la commission d'éthique devrait lever ma suspension. Dans les conclusions de son jugement, elle a exclu toute corruption. Quant aux reproches de mauvaise gestion, ce n'est pas à cette commission de s'en occuper, mais à l'assemblée générale de la FIFA, donc le congrès."

Votre opinion reste demandée et écoutée, vous avez donc encore de l'influence?

"Mon influence est grande? Je ne vais pas vous contredire. On me demande en effet encore beaucoup mon avis. Je ne sais pas quelle importance j'ai encore, mais je fais toujours partie du jeu. Et je vois ce qu'il faudrait faire autrement. Je n'aimerais pas diriger la FIFA. Mais je donne mon avis, notamment sur Twitter, et il est parfois différent de celui des gens qui ont le pouvoir maintenant à la FIFA.

Nouvelles structures, passage de la Coupe du monde à 48 équipes, introduction du VAR. Il y a eu de nombreux changements depuis votre départ.

"L'arbitrage a toujours été l'une de mes préoccupations, déjà quand j'étais à l'association valaisanne il y a bien longtemps. Ce n'est pas possible d'utiliser une Coupe du monde pour tester le VAR avant que cela ait été fait dans les grands championnats."

Il y a d'ailleurs eu de nombreuses discussions cet été en Russie au sujet de l'arbitrage...

"Certaines équipes, ce n'était pas des Européens ou les grands pays d'Amérique du Sud, n'ont jamais profité du VAR, jamais. Mais un grand comme la France en a bénéficié deux fois. Selon le principe le doute profite à l'accusé, on n'aurait jamais dû accorder le penalty en finale."

Et le passage à 48 équipes, qu'en pensez-vous?

"J'ai été surpris par la rapidité avec laquelle la décision a été prise. 48 équipes, c'est presque un quart des membres de la FIFA. En plus, avec des groupes de trois, une équipe est toujours au repos, ce qui peut permettre des arrangements lors du dernier match. On peut justifier la hausse avec des arguments de politique sportive, je le comprends. Les Africains sont contents, ils auront plus de pays en phase finale. Mais financièrement, cela ne fera pas une grande différence. Plus de billets seront vendus, mais les coûts vont être bien plus importants. L'histoire montrera quels problèmes cela va provoquer."

Craignez-vous que votre successeur ne presse trop le produit football?

"Le fait de multiplier les compétitions m'irrite. C'est aussi valable pour l'UEFA et sa Ligue des nations. Le calendrier devient trop chargé, ce n'est pas bon pour les joueurs. Avoir du football en permanence n'est pas bon non plus."

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