Après un début de phase de qualifications sur les chapeaux de roue, l’équipe de Murat Yakin avait l’occasion de mettre un pied et demi au Mondial 2026 en Amérique. Dans un stade de Genève porté par des supporters bouillants, les Helvètes ont saisi cette opportunité en disposant de la Suède 4–1. Découvrez les notes des joueurs de la Nati.
Gardien de but
Gregor Kobel
Le portier du Borussia Dortmund restait sur cinq rencontres sans concéder le moindre but sous le maillot national, et la rencontre du soir a mis un point final à cette belle série. Paradoxalement, sa soirée fut de grande qualité, puisqu’il a réalisé probablement l’arrêt le plus important de la phase des qualifications, sauvant la baraque devant une frappe croisée de Bernhardsson alors que ses coéquipiers étaient sonnés en fin de première mi-temps. Kobel a sorti le bon arrêt, au bon moment.
Latéral gauche
Ricardo Rodríguez
Absent lors des deux derniers matchs de son club du Real Betis pour des soucis musculaires, Ricardo Rodriguez était bien présent sur la pelouse genevoise pour une 135ᵉ sélection. Malheureux sur le renvoi de la balle dans l’axe lors du premier but suédois et peu en verve dans ses duels, le vétéran de l’arrière-garde helvétique n’a pas livré une performance exceptionnelle malgré quelques éclats défensifs. Un match moyen, sans plus, pour l’indéboulonnable Rodriguez, préservé à la 70ᵉ.
Défenseur central
Manuel Akanji
Dès le début du match, Manuel Akanji a sorti le bleu de travail. Solide dans ses replis défensifs, le Zurichois a pleinement assumé son rôle au cœur de la colonne vertébrale du jeu helvétique. Mais comme ses coéquipiers, le défenseur de l’Inter Milan a connu un trou d'air entre la 30ᵉ minute et la mi-temps, avec quelques imprécisions qui auraient pu coûter cher. De retour du vestiaire, il a sonné la charge avec plusieurs interventions bien senties, une relance plus haute et une grande assurance balle au pied. Au final, Akanji a sorti un match complet et a répondu présent au meilleur des moments, en patron.
Défenseur central
Nico Elvedi
Sur un nuage dans cette phase de qualifications, Nico Elvedi a délivré une performance conforme à ses nouveaux standards de propreté. Sorties défensives, retours devant les attaquants suédois, pieds qui s’immiscent devant des ballons chauds : même s’il s’est montré moins dominant balle au pied, le défenseur axial de Mönchengladbach a encore une fois fait un travail plus que correct. Après le trou noir de l’année passée, Elvedi a retrouvé des certitudes et, par ricochet, la Suisse aussi.
Latéral droit
Silvan Widmer
Titulaire indiscutable sous le maillot rouge et blanc, Silvan Widmer a même regagné du temps de jeu à Mayence en Bundesliga. Dans sa débauche d’énergie caractéristique, le latéral droit de la Nati a tout donné pendant 90 minutes, des deux côtés du rectangle vert. Mais l’excès d’engagement ne rime pas toujours avec qualité : l’Argovien s’est notamment fait manger sur son côté lors de la seule réalisation suédoise. Une performance dans la moyenne pour Widmer, précieux dans les intentions, plus confus dans l’action.
Milieu de terrain
Granit Xhaka
Dans un monde à part en Premier League avec Sunderland, Granit Xhaka est aussi le maître à jouer incontestable de l’équipe de Suisse. Organisation de la possession, gestion du rythme, placement de ses coéquipiers en les haranguant : le Bâlois a récité sa partition malgré une fausse note, une passe manquée en fin de première mi-temps qui aurait pu être fatale. Mais Xhaka ne s’est pas démonté et a montré la voie aux siens en prenant ses responsabilités, notamment en transformant l’importantissime penalty du 2–1. Proche de la perfection, le capitaine emmène le navire suisse à la conquête de l’Amérique.
Milieu de terrain
Michel Aebischer
Michel Aebischer retrouvait un poste de titulaire après quelques sorties mitigées dans l’exercice, avec la dure tâche d’endosser le costume de Remo Freuler dans un rôle de milieu défensif. Le joueur du Pisa SC a finalement assuré l’essentiel et s’est offert plusieurs récupérations clés. Même s’il a semblé sur le fil en fin de première période, le Fribourgeois a relancé la machine après la pause. Consistant, sans en faire trop, Aebischer s’est montré être un remplaçant convenable en l'absence de Freuler.
Milieu de terrain
Fabian Rieder
Que dire de la soirée de Fabian Rieder ? On a retenu quelques bonnes séquences offensives, quelques coups de pied arrêtés notables, ainsi qu’un tacle très dangereux de Jesper Karlström sur lui, mais au global le Bernois s’est encore montré trop discret. Sa sortie à la 70ᵉ minute a d’ailleurs donné raison à Yakin : sans lui, la Suisse a inscrit deux buts supplémentaires. Piquant mais pas indispensable, Rieder ne s’est toujours pas assuré une place de titulaire indiscutable.
Attaquant
Ruben Vargas
Oui, Ruben Vargas n’a pas brillé offensivement. Brouillon dans ses contrôles, imprécis dans la dernière passe et auteur de pertes de balle douteuses, on est en droit d’attendre davantage de l’ailier du Séville FC dans la surface adverse. Pourtant, Vargas a livré un match plein et incarne, en quelque sorte, la mutation de la Nati sous l’ère Yakin. Agressif au pressing, constant dans ses retours défensifs, le Lucernois a compensé ses limites offensives par des intentions défensives irréprochables. Cet abattage, essentiel aux récents succès helvétiques, justifie une note qui valorise cet aspect de son jeu… et sa belle passe décisive pour Ndoye.
Attaquant
Dan Ndoye
Dan Ndoye a véritablement pris une dimension internationale depuis quelques mois, et la Suisse en est l’un des heureux bénéficiaires. Polyvalent sur les deux côtés, l'ailier de Nottingham Forest a fait étalage de sa palette offensive face à des Suédois impuissants. Aérien et virevoltant, le Vaudois a d’abord offert une passe en retrait millimétrée à Embolo sur le premier but, avant de clore la messe avec une superbe réalisation qui a fait exploser le stade de Genève. Pour Ndoye, seul le ciel semble être la limite.
Attaquant
Breel Embolo
Souvent la cible de critiques, parfois trop dures, Breel Embolo a tout de même inscrit son quatrième but en cinq rencontres. Le joueur du Stade Rennais a signé un geste d’attaquant en pleine confiance dès sa première occasion. Le Bâlois est aussi celui qui obtient le penalty, profitant des largesses défensives suédoises. Même s’il manque la balle de match juste après le 2–1, la Nati peut se targuer d’avoir en ses rangs un véritable buteur : Embolo, qu’il serait temps de respecter à sa juste valeur.
À noter que Miro Muheim (70e), Djibril Sow (70e), Johan Manzambi (85e), Christian Fassnacht (85e) et Andi Zeqiri (90e) entrés en cours de match, n’ont pas été évalués.
Le barème des notes :
- 6 : match parfait
- 5 : bon match
- 4 : match satisfaisant
- 3 : match insuffisant / trop inconstant
- 2 : match mauvais
- 1 : match exécrable
- / : non noté