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Christian Fassnacht, joueur de l'équipe nationale suisse de football, pose pour un portrait lors du stage de préparation à la Coupe du monde 2026 à Saint-Gall.
KEYSTONE
Christian Fassnacht n'est de loin pas un habitué du onze de l'équipe de Suisse. Pourtant, il s'apprête à disputer son troisième grand tournoi, auréolé du statut de meilleur buteur de Super League.
Il y a encore un mois, Fassnacht était encore blessé au tendon d'Achille. À ce moment-là, Young Boys, son club, n'avait plus rien à jouer, les places européennes étant hors de portée. L'équipe médicale avait conseillé au joueur de 32 ans, dans un premier avis, de ne plus prendre part à la fin de saison et de se soigner tranquillement. Mais cela ne convenait pas au Zurichois, qui s'est battu pour revenir, a marqué trois buts lors des trois dernières journées pour terminer meilleur buteur de la Super League.
«Je suis comme ça, je n'abandonne jamais», souligne Fassnacht. Alors qu'il revient sur ces dernières semaines, il est assis dans un pavillon non loin du centre d'entraînement à Saint-Gall. S'il regarde droit devant lui, il voit des journalistes, des ordinateurs portables, et des caméras. Le fait qu'il se retrouve ici plutôt que quelque part sur une plage n'était pas du tout acquis.
Car la question de l'équipe de Suisse et du Mondial semblait presque réglée pour lui. Pendant deux ans et demi, il n'avait plus été appelé, avant de recevoir un appel du sélectionneur Murat Yakin en novembre dernier. Lors des matches amicaux du printemps, Fassnacht était toutefois de nouveau absent. Le sélectionneur expliquait alors le connaître déjà et vouloir tenter autre chose. Une participation à la Coupe du monde était donc plus qu'incertaine. Mais il avait volontairement choisi de ne pas réserver de vacances.
La capacité à revenir malgré les obstacles est ce qui caractérise Christian Fassnacht. Sans elle, il ne serait jamais devenu footballeur professionnel. Lorsqu'il évoluait avec les M16 du FC Zurich, on lui avait dit qu'il ne continuerait pas. Trop petit, pas encore assez développé physiquement, lui avait-on fait comprendre.
Fassnacht s'est alors retrouvé en 2e ligue interrégionale, le cinquième niveau du football suisse. Il y a joué quatre ans dans le monde amateur, avec le FC Thalwil, essayant de se faire remarquer pour atteindre un niveau supérieur. Il a ensuite gravi les échelons pas à pas: en l'espace de trois ans, il est passé par Tuggen, Winterthour, Thoune, puis Young Boys. En novembre 2018, il a fait ses débuts en équipe de Suisse.
Aujourd'hui, l'ancien footballeur amateur s'apprête à disputer son troisième grand tournoi après l'Euro 2021 et la Coupe du monde 2022. «Quand j'entends ça, je suis vraiment extrêmement fier, dit-il. C'est un parcours que je n'aurais jamais pu imaginer.»
Dans le même temps, Fassnacht est conscient qu'il ne jouera probablement pas un rôle principal lors du Mondial. «Je sais que j'ai aussi un rôle en dehors du terrain», explique l'attaquant. Dans un long tournoi, les remplaçants peuvent vite devenir frustrés. Avec Fassnacht, le sélectionneur n'a pas trop à s'en faire. «J'ai évidemment des ambitions et des objectifs, mais je ne fais pas de vagues si je ne joue pas», précise-t-il.
Et lorsqu'on a besoin de lui, Fassnacht peut devenir un joker en or, comme il l'a prouvé lors de l'Euro 2021 en huitièmes de finale contre la France. Entré alors que le score était de 3-1 en faveur des Bleus, il avait récupéré les ballons ayant mené aux 3-2 et au 3-3.
«À l'époque, je suis entré sur le terrain avec le sourire malgré le retard au score, parce que j'étais heureux de pouvoir jouer et que je voulais simplement aider l'équipe.» Son attitude positive avait alors clairement contribué à l'un des plus grands succès de l'histoire de la Suisse.