FC Sion: Tramezzani de retour à Tourbillon

ATS

3.6.2020 - 15:55

Une valse des entraîneurs à quatre temps. Après Stéphane Henchoz, Christian Zermatten et Ricardo Dionisio, le FC Sion finira la saison avec Paolo Tramezzani sur son banc.

Cela était prévisible: Ricardo Dionisio n'était pas la bonne personne pour relever la mission maintien. Du moins aux yeux de son président Christian Constantin. Il faut dire qu'avec seulement deux points sur les cinq premiers matchs disputés avant l'interruption de la saison, le technicien portugais – débauché à l'hiver au grand dam du Stade Nyonnais – n'avait pas grand-chose pour lui. Quelques intentions louables, peut-être. Mais le président valaisan ne cherchait pas ça maintenant.

Et puis, la situation contractuelle de Dionisio était particulière. Engagé jusqu'au 30 juin, avec une option de prolongation de deux ans, il mettait son club dans l'embarras, sachant que la Super League reprendra le 20 juin pour se terminer début août. Bref, pas d'avenant sur le contrat et un communiqué qui se veut impartial: «Ricardo Dionisio Pereira et le FC Sion se séparent», a-t-on pu lire mercredi à la mi-journée. Le temps pour lui de diriger une dernière séance le matin à Riddes et de dire au revoir aux joueurs qui auront accompagné sa première expérience en tant qu'entraîneur d'une équipe professionnelle.

Tramezzani de retour

Aussitôt parti, aussitôt remplacé. Car depuis la décision sur la poursuite de la saison, Sion savait qu'il aurait une mission capitale à relever: celle du maintien. Elle met le club de Tourbillon dans l'urgence. Alors la nomination de Paolo Tramezzani n'a pas traîné, dans le courant de l'après-midi. Elle a surpris.

Car l'Italien n'est pas un nouveau dans la maison sédunoise. Jeudi matin, à Riddes, où il dirigera son premier entraînement, certains joueurs, comme Jan Bamert, Quentin Maceiras, Pajtim Kasami ou Ermir Lenjani, se rappelleront à son souvenir mitigé. C'est lui qui avait commencé la saison 2017-18, surfant sur la vague d'un excellent passage à la tête de Lugano.

Sauf que, à Sion, celui qui fut l'adjoint de Gianni De Biasi en équipe nationale d'Albanie n'a duré que seize matchs. Avec seulement quatre victoires et une risible élimination contre les Lituaniens de Suduva en Ligue Europa. Pas de quoi rendre rancunier Christian Constantin qui, cité dans le communiqué du club, estime que «l'histoire entre Paolo et nous n'était pas terminée. Nous avons gardé un bon contact et lui confier la mission maintien est la meilleure décision à prendre aujourd'hui».

La tâche ne sera pas aisée. Actuellement huitièmes de Super League, les Valaisans n'ont qu'une marge de quatre points d'avance sur les deux derniers, Neuchâtel Xamax et Thoune. Elle peut fondre, d'autant plus qu'ils devront affronter deux fois Saint-Gall, Servette, Bâle et Lucerne. Pas vraiment des adversaires directs. La pression, Tramezzani (49 ans) l'aura assurément. Depuis son renvoi de Sion, ce dernier n'a connu que deux expériences: un an à Chypre à la tête de l'APOEL Nicosie, avant de passer deux mois avec Livourne en Serie B, où rien n'a fonctionné (deux points en sept matchs).

Constantin perd «35'000 francs par jour»

L'effectif à disposition n'a pas vraiment de quoi lui offrir de la sérénité. Certes, Pajtim Kasami, Mickael Facchinetti ou Birama Ndoye sont revenus, après leur licenciement express au début de la crise liée à la pandémie du coronavirus. Mais Johan Djourou et Xavier Kouassi (partis à Xamax), ainsi que Seydou Doumbia et Alex Song (sans club) ne sont plus là. Et Geoffroy Serey Dié et Gaëtan Karlen ont beau avoir signé à Sion, leur qualification semble improbable.

C'est du moins ce qu'a annoncé la Swiss Football League la semaine dernière. Ce que Christian Constantin conteste: «Le règlement de la FIFA dit quelque chose d'autre, a-t-il détaillé à Keystone-ATS. Je vais maintenant demander leur qualification et nous verrons bien ce que dit la SFL. Pour moi, c'est clair: les joueurs qui n'ont plus de contrat peuvent être signés.» Un litige qui promet de durer encore un peu, peut-être jusque devant les tribunaux.

Reste qu'en attendant, la mission sportive se veut capitale. Car en cas de relégation, cela pourrait être catastrophique sur le plan financier. Fervent partisan d'un arrêt de la saison et d'un passage à douze équipes, le président martignerain ne fait pas de mystère sur les difficultés rencontrées actuellement par son club: «Depuis lundi, je perds 35'000 francs par jour.» La reprise des entraînements signifie en effet la levée du chômage partiel pour ses joueurs. Ceux-ci devront donc rapidement être compétitifs. A Tramezzani d'actionner les bons leviers.

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