Stevanovic: "J'ai été tellement mauvais sur ces deux matches"

ATS

26.6.2020

Servette doit retrouver sa force offensive dès samedi à Lucerne (18h15). Et pour cela, il compte beaucoup sur Miroslav Stevanovic, roi des passeurs de Super League.

Miroslav Stevanovic est le roi des passeurs de Super League.
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Parler, il n'aime pas ça. Il y a probablement un mélange de timidité et de manque d'assurance. Sur un talent qu'il renierait presque, comme pour sa pratique de la langue française. «Je voulais apprendre durant le confinement, mais cela en est resté au stade de l'essai», s'excuse en anglais Miroslav «Micha» Stevanovic. Le joueur a beau être le meilleur passeur de Super League (11 assists en 23 matchs), il refuse les louanges et préfère se réfugier dans le travail.

D'ailleurs, l'ailier bosnien de Servette n'est pas content de lui en ce moment. Ses prestations lors des deux matchs de reprise contre Lugano et Sion (1-1 à chaque fois) ne l'ont pas convaincu. Vraiment pas: «J'ai été tellement mauvais sur ces deux rencontres, souffle-t-il. Je ne suis pas dans le rythme en ce moment.» C'est un peu le caractère du bonhomme. Il convient toujours de relativiser: certes, Stevanovic n'a pas été au niveau de ses prestations d'avant l'interruption, mais on a vu pire.

Chez les Grenat, le problème est probablement d'ordre collectif. Offensivement, les Genevois peinent à retrouver une certaine létalité. Sans Sébastien Wüthrich depuis l'hiver, ni Park depuis sa non-prolongation, Servette manque de ressources. L'attaque à deux pointes Koro Koné et Grejohn Kyei a été alignée pour la première fois à Sion mercredi. Avec certaines promesses, mais beaucoup de rodage. La paire devrait voir sa chance renouvelée samedi à Lucerne. «Nous avons très bien joué comme ça à Sion, Kyei a fait du bien, mais il faut maintenant chercher l'efficacité et amener plus de présence dans la surface de réparation», considère Alain Geiger. qui pourra aussi compter sur le retour de blessure d'Alex Schalk.

«La balle et mes jambes ne m'écoutent pas»

Cela devrait donner plus de possibilités à Stevanovic de s'illustrer. Même si celui-ci chasse encore sa confiance: «Sur le terrain, j'ai envie de faire de bonnes choses, mais j'ai comme l'impression que la balle et mes jambes ne m'écoutent pas.» Il soupire: «Je dois continuer à travailler.» Surtout qu'il ne peut plus miser sur l'effet de surprise, lui qui avait été élu meilleur joueur de Challenge League en 2018. «Les autres équipes me connaissent, connaissent Servette, explique-t-il. Ils savent comment Anthony Sauthier et moi jouons. Nous devons nous y faire.»

L'adaptation tactique, cela connaît «Micha». Inamovible dans cette équipe, l'ailier de 30 ans doit en revanche s'ajsuter à la récurrente rocade des attaquants pratiquée par Geiger. «Ils ont tous un profil différent, souligne le passeur. Cela dépend aussi du système. Lorsqu'il n'y a qu'un seul attaquant, c'est plus difficile. Je préfère quand on joue à deux, voire à trois quand Varol Tasar (réd: suspendu samedi) vient fermer au deuxième poteau.» Les chiffres révèlent surtout sa complicité avec Koro Koné, à qui il a «offert» quatre de ses six buts.

Cette spécialité de la dernière passe, il l'entretient un peu: «J'essaye de travailler mes centres, mais quand je regarde les grands joueurs, je constate à quel point je suis loin d'eux.» De cette humilité transpire la sincérité. Mais elle fait croire au déni. Son entraîneur n'en a cure, Stevanovic est un joueur-clé et il s'appuie sur ses qualités. «Je demande pas mal de centres à mon équipe, indique Geiger. Mais il faut qu'il y ait aussi plus de mouvements entre les joueurs offensifs, qu'ils soient flexibles dans leurs positions. Ils doivent sentir ces variations dans le jeu.»

Le technicien servettien croit à la théorie du rodage, notamment pour son numéro 9. «Il lui faut un petit peu de temps», tempère-t-il. S'il retrouve son niveau du début d'année, cela préfigure une belle fin de saison pour Servette. Et un bel avenir, car Stevanovic, qui aurait dû retrouver son équipe nationale en mars après plus de trois ans, envisage son avenir à Genève: «Ici, tout le monde me connaît et le projet du club se poursuit depuis que je suis arrivé en 2017. Alors si le club ne me met pas dehors, je devrais rester.» Servette n'aura pas de mal à profiter de son magicien qui s'ignore.

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