«Chacun connaît son rôle dans l'équipe. Il y a beaucoup de concurrence en milieu de terrain mais les meilleurs sont là», a expliqué le sélectionneur de l'équipe de Suisse Murat Yakin à Zurich pour justifier ses choix avant de s'envoler pour la Coupe du monde aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, où la «Nati» disputera sa 6e phase finale d'affilée.
Sur les 26 joueurs retenus, sous la conduite de l'emblématique capitaine Granit Xhaka, seuls deux évoluent en Suisse (l'attaquant Christian Fassnacht et le gardien Marvin Keller, tous deux aux Young Boys) . Les autres jouent dans les cinq grands Championnats européens, dont 9 en Allemagne.
«Les attentes sont énormes, j'ai la possibilité d'appliquer plusieurs systèmes de jeu et j'ai hâte d'y être», s'est réjoui Murat Yakin, à trois semaines du premier match de la «Nati», contre le Qatar le 13 juin à San Francisco.
«Nous emmenons assez de maillots et de vêtements» (pour tenir jusqu'en finale le cas échéant, ndlr), a ajouté le sélectionneur.
Fidèle à lui-même, Murat Yakin a insisté plusieurs fois sur l'homogénéité du groupe. Chacun doit se mettre au service de l'équipe et connaît sa partition. Il a loué les qualités des principaux absents, relevant qu'ils avaient beaucoup de potentiel et gardaient toute sa confiance, en faisant allusion à Joël Monteiro, Vincent Sierro et Alvyn Sanches notamment.
Polyvalence
«Evidemment, ils étaient déçus. Ce n'était pas facile. Mais nous avons beaucoup de concurrence à ces postes», a relevé le sélectionneur. «Nous avons voulu miser sur des valeurs sûres et retenir des joueurs méritants. La forme actuelle a joué un rôle afin que l'équipe soit performante. Nous pouvons jouer selon différents schémas et sommes flexibles. Concernant Alvyn (Sanches), il a un grand potentiel, mais nous avons à son poste des joueurs qui sont encore un peu en avance sur lui, comme Johan Manzambi.»
Retenu dans le cadre des 26, une des rares surprises, l'attaquant Zeki Amdouni manque de temps de jeu à Burnley et doit encore retrouver rythme et sensations après sa blessure aux ligaments croisés d'un genou l'été dernier mais «il est prêt d'un point de vue médical», a précisé le coach. «Il n'est pas encore à 100% mais il sait comment nous jouons, il connaît les systèmes, les automatismes, son rôle», a argumenté le sélectionneur.
Yakin se réjouit de pouvoir compter sur Manzambi, la valeur montante, qui dispute ce mercredi la finale de l'Europa League avec Fribourg, contre Aston Villa. «C'est une personnalité intéressante, il progresse sans cesse sans avoir encore atteint tout son potentiel. Il est très polyvalent, je peux même le faire jouer en attaque.» Noah Okafor, attaquant nominal, s'est lui aussi «très bien intégré à nouveau dans le groupe».
«Fassnacht sait où est le but»
Yakin a fait confiance à Christian Fassnacht (32 ans), qui a rejoint récemment l'équipe nationale après deux ans et demi d'absence. Il a terminé meilleur buteur de Super League (18 buts) et cela valait une reconnaissance: «Les chiffres parlent pour lui. Christian sait où se trouve le but et connaît aussi son rôle défensivement», a observé l'ancien international.
Concernant l'attaquant Cédric Itten, qui évolue en 2e Bundesliga (Düsseldorf), Yakin a expliqué son choix par «la forte présence» qu'il exerce dans la surface.
Désireux de ne froisser personne et de garder toutes les options ouvertes pour l'avenir, Yakin a aussi vanté le professionnalisme de Vincent Sierro, bien que le Valaisan ne figure pas dans la liste. A mi-terrain, avec par exemple Denis Zakaria, Djibril Sow et Ardon Jashari, Yakin avait l'embarras du choix.
Pour un tournoi aussi long, il est important, aux yeux de Yakin, de pouvoir s'appuyer sur des joueurs ayant un fort esprit d'équipe, à même aussi de tirer le groupe. Le noyau se compose de 16 à 17 éléments.
L'équipe de Suisse arrivera à San Diego le 2 juin , où elle aura son camp de base. Dans le groupe B, elle jouera contre le Qatar, le Canada et la Bosnie-Herzégovine. Au total, avec une liste de joueurs de piquet longue comme le bras, Yakin est en contact avec une cinquantaine de joueurs.