Mondial 2022 : faux pas interdit pour une Nati sous pression

ATS

9.10.2021

ATS

9.10.2021

L'équipe de Suisse et son nouveau sélectionneur joueront très gros samedi à Genève. Murat Yakin et ses joueurs doivent impérativement battre l'Irlande du Nord pour conserver intactes leurs chances de souffler à l'Italie la 1re place du groupe C du tour préliminaire du Mondial, la seule synonyme de qualification directe pour le Qatar.

La Suisse était restée muette à Belfast en septembre dernier.
Keystone

Tenue en échec par l'Italie (0-0) à Bâle et par l'Irlande du Nord (0-0) à Belfast pour les grands débuts de Murat Yakin en match officiel, la Suisse peut encore nourrir les plus grandes espérances. Elle remportera ce groupe si elle gagne ses quatre prochains matches, celui de samedi mais aussi lundi en Lituanie, puis le 12 novembre à Rome contre l'Italie et trois jours plus tard à Lucerne contre la Bulgarie. «Nous pouvons le faire, assure Denis Zakaria. Cette équipe de Suisse possède vraiment de grands joueurs.»

Deux hommes pour sonner la charge

Face à des Irlandais contre lesquels ils ont été incapables de marquer une seule fois dans le jeu lors de leurs trois dernières confrontations et qui retrouveront à Genève le patron de leur défense Jonny Evans, les Suisses chercheront bien sûr à emballer le match. En l'absence du capitaine Granit Xhaka, il reviendra au duo formé par Denis Zakaria et Remo Freuler de sonner la charge. Brillants dans leur club, le Genevois et le Zurichois se doivent samedi d'assumer les - nouvelles - responsabilités que leur confie le nouveau sélectionneur.

Les deux hommes auront comme première mission de procurer des munitions à Breel Embolo et à Xherdan Shaqiri. Haris Seferovic également sur le flanc, il semble acquis que Murat Yakin misera sur les deux Bâlois pour occuper le front de son attaque dans une organisation en 4-4-2. Breel Embolo sort d'un match remarquable samedi à Wolfsburg avec un but, qualifié de rêve, et un assist qui lui ont permis de figurer dans le onze idéal de «Kicker».



Quant à Xherdan Shaqiri, il pourra donner libre cours à son inspiration alors qu'il est quelque peu bridé sur son flanc droit à Lyon. Désigné capitaine, il aura la responsabilité de frapper un éventuel penalty. On rappellera que la Suisse n'a pas transformé un seul des quatre derniers penalties accordés en sa faveur après les trois échecs de Ricardo Rodriguez contre l'Eire, les Etats-Unis et la France, et celui de Haris Seferovic à Belfast. On rappellera aussi que Xherdan Shaqiri n'a tiré qu'un seul penalty en 96 sélections, celui qu'il avait marqué lors de la séance des tirs au but du huitième de finale contre la Pologne à l'Euro 2016.

L'ombre de Michael Frey

Si la Suisse devait une nouvelle fois ne pas trouver le chemin des filets contre l'Irlande du Nord, Murat Yakin se retrouvera dans la ligne de mire des critiques. Le Bâlois a réussi un contre-pied étonnant la semaine dernière avec son choix de ne pas appeler Michael Frey dans sa liste des 23 sélectionnés.

Auteur de 12 buts en Championnat de Belgique depuis le début de la saison, le Bernois est dans la forme de sa vie. Il offre, sur le papier, bien d'autres assurances qu'Albian Ajeti et que Cedric Itten. Aux yeux de Murat Yakin, ces deux derniers ont, toutefois, l'avantage de «connaître la maison». L'argument semble toutefois un peu court pour deux joueurs qui ont été en situation d'échec l'an dernier dans le Championnat d'Ecosse.



On souhaite à Murat Yakin que l'ombre de Michael Frey ne plane pas longtemps sur ce match qui marquera les grandes retrouvailles du public romand avec l'équipe de Suisse, près de deux ans après le Suisse - Eire (2-0) du tour préliminaire de l'Euro 2020 qui s'était également joué à Genève.

Nul doute que les spectateurs de La Praille n'oublieront pas de féliciter les joueurs pour leur succès contre la France à l'Euro. Pour les fans les plus enthousiastes, ce 28 juin 2021 restera comme le plus beau jour de leur vie. Ils ne pourront pas, en revanche, remercier l'entraîneur qui était sur le banc lors de ce soir de grâce à Bucarest. Parti précipitamment à Bordeaux pour un projet bien aléatoire, Vladimir Petkovic aurait très certainement eu droit à un accueil qui lui aurait, à lui le «mal-aimé», fait chaud au coeur.