Face au champion d'Europe, Murat Yakin a gagné en légitimité

stw, ats

6.9.2021 - 13:34

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6.9.2021 - 13:34

En 180 minutes, Murat Yakin a déjà imprimé sa patte sur l'équipe de Suisse. Le 0-0 obtenu dimanche soir contre l'Italie championne d'Europe est un résultat positif pour le nouveau sélectionneur. Retour sur les principaux enseignements de ce match.

Murat Yakin a déjà imprimé sa patte sur l'équipe de Suisse.
Keystone

Sommer au top

Yann Sommer vit vraiment un été au top. Après avoir brillé lors de l'Euro, le gardien a continué sur sa lancée face aux Italiens. Pourtant, le fait qu'il ait été le meilleur Suisse dérange à la base Murat Yakin. «Si le gardien est l'homme déterminant, c'est que quelque chose ne joue pas ailleurs», avait affirmé en préambule le nouveau sélectionneur.

Mais son discours n'était plus le même après le match. «Yann a été fantastique. Je suis heureux de sa prestation au top», a-t-il déclaré. Le highlight a été son arrêt sur le penalty de Jorginho. Depuis dix mois, Sommer a stoppé dans cet exercice particulier des essais de spécialistes tels que Sergio Ramos, Kylian Mbappé ou donc Jorginho.

Les statistiques indiquent que le gardien suisse a arrêté près de 40% des treize derniers penalties tirés face à lui. Un chiffre vraiment étonnant.



Le double de Xhaka

Yakin a suscité la surprise en titularisant Fabian Frei au pied levé, quelques jours après son rappel en équipe nationale. «Quand Granit Xhaka est devenu indisponible, il était clair pour moi que seul Frei était le seul en lice pour reprendre son poste», a expliqué le sélectionneur.

Murat Yakin a tenté de joindre Frei dans la nuit de mercredi à jeudi, le joueur ne voyant le message que le lendemain matin. Il a été titularisé après seulement trois entraînements avec l'équipe et alors que sa dernière sélection datait de mars 2018.

Fabian Frei a évolué comme Yakin le souhaitait. Excellent sur le plan tactique, à l'aise techniquement, avec calme et vision. Pour sa 15e sélection, le joueur du FC Bâle, âgé de 32 ans, a pris ses responsabilités et s'est comporté en patron. «Il a très bien dirigé les jeunes à mi-terrain», a jugé Yakin. Comme Xkaha, en fait...

Les jeunes

Yakin n'a pas hésité à rebattre les cartes à sa première occasion, et pas seulement en raison des nombreuses absences. Outre Frei, qui n'était même pas de piquet à la base, il a par exemple préféré Michel Aebischer à Denis Zakaria. Choisir un élément des Young Boys avant un professionnel de la Bundesliga a été un signe fort. Après la pause, il a aussi remplacé Ricardo Rodriguez et Haris Seferovic par les jeunes Ulisses Garcia et Andi Zeqiri.

Quand il s'agit de prendre des décisions, il semble que Murat Yakin ne manque pas de courage. Deux enseignements peuvent être tirés du match dominical. Premièrement, personne ne peut être certain de sa place. Deuxièmement, un titulaire en Super League peut passer devant un remplaçant évoluant à l'étranger.

En fin de rencontre contre les vainqueurs de l'Euro, les Suisses avaient sur la pelouse six joueurs qui avaient disputé moins de 20 matches avec leur sélection. Frei, Garcia, Zeqiri, Aebischer, Ruben Vargas et Christian Fassnacht avaient ainsi un total cumulé de 48 apparitions avec l'équipe de Suisse, bien loin des chiffres des grands absents qu'étaient Granit Xkaha (98) ou Xherdan Shaqiri (96).



Le système

La Suisse a évolué principalement en 4-1-4-1 face à l'Italie. Fabian Frei a évolué devant la défense dans une position axiale. Le sélectionneur a laissé entendre que cette organisation pourrait aussi être utilisée quand il aurait ses meilleurs joueurs à disposition. «Si Xhaka avait été là, on aurait déjà joué ainsi mercredi contre la Grèce», a-t-il dit.

Mais on peut se demander si, dans un tel système, Shaqiri ne devrait pas fournir trop d'efforts défensifs. Ou encore si Yakin ne devrait pas sacrifier l'attaquant Embolo au profit d'un deuxième milieu offensif dans la ligne de quatre derrière le seul homme en pointe.

La flexibilité

2 matches, 180 minutes, et déjà trois ou quatre systèmes différents. Yakin a commencé contre les Grecs avec une défense à trois, alors qu'il avait exprimé sa préférence pour une ligne de quatre dans ce secteur. En deuxième période, il avait modifié deux fois l'organisation pour en choisir encore une autre contre l'Italie.

Cela constitue une rupture nette par rapport à son prédécesseur. Vladimir Petkovic ne s'écartait que très rarement de son système préféré, voulant imposer son jeu à l'adversaire, quel qu'il soit.

Murat Yakin veut quant à lui s'adapter. «Contre l'Italie, il était surtout important d'être stable et compact en défense. Face à l'Irlande du Nord mercredi, il faudra en premier lieu de l'agressivité, de la force dans les duels et de la présence dans les deux surfaces de réparation.»

En Italie, des entraîneurs comme Yakin sont appelés «Mister Camaleonte» (Monsieur Caméléon), parce qu'ils refusent de pratiquer un seul système de jeu. Ils privilégient la flexibilité dans la tactique et forment leur onze de départ en fonction de la forme actuelle des joueurs et des caractéristiques de l'équipe en face.

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