Ligue des Nations

Nati: l'immense chantier est ouvert

par Julien Pralong

7.9.2018

A force de voir l'ASF essayer d'éteindre les divers incendies qui ont consumé son été, on en oublierait presque que c'est un immense chantier sportif qui s'ouvre devant l'équipe de Suisse.

Le 11 de la Nati souhaité par les lecteurs de Bluewin.
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Pour la sélection de Vladimir Petkovic, l'entrée dans la Ligue des Nations contre l'Islande, samedi à Saint-Gall (18h00), doit être tout sauf un match amical.

Et ceci tout d'abord pour une raison très simple: la Ligue des Nations revêt peut-être encore un caractère hybride, elle n'en est pas moins une compétition qu'il serait de bon ton de disputer avec sérieux. Parce que mieux vaut ne pas terminer dernier de sa poule, afin de rester en 1re division avec les cadors du continent, que de subir une relégation dans l'antichambre.

De plus, tant qu'à faire, terminer en tête du classement devant l'Islande et la Belgique attesterait de la bonne santé sportive de l'équipe nationale, tout en offrant une participation au Final Four de juin prochain avec trois monstres de ce jeu.

Deux points à améliorer

Mais encore plus important que tout ceci, cet automne doit aussi être celui qui lancera la Suisse dans un nouveau cycle, à travers cette Ligue des Nations et deux rencontres amicales, mardi en Angleterre et en novembre contre le Qatar. La déception du Mondial russe est palpable, les crises estivales n'ont pas manqué, Petkovic doit amorcer une transistion générationnelle tout en faisant progresser son équipe dans le secteur de jeu le moins satisfaisant, à savoir l'attaque.

Le Mister va donc probablement repenser son compartiment offensif en l'articulant autour d'un Xherdan Shaqiri dans l'axe et non plus à droite. Des attaquants qui marquent peu, un fond de jeu pas suffisamment opérant dans les trente derniers mètres adverses: voici les A force de voir l'ASF essayer d'éteindre les divers incendies qui ont consumé son été, on en oublierait presque que c'est un immense chantier sportif qui s'ouvre devant l'équipe de Suisse.si elle entend un jour franchir un palier.

Aux "gamins" de s'imposer

Commencer par l'Islande est sans doute, compte tenu de la tâche à accomplir, une bonne chose. Parce que les Islandais sont compétitifs et misent surtout sur le jeu de contre. Un bloc bas et consolidé: idéal pour mettre à l'épreuve la capacité de la Suisse à créer des brèches, mettre du mouvement et désorganiser l'adversaire.

Ces deux matches de septembre, mais aussi ceux d'octobre (en Belgique et en Islande) et de novembre (contre la Belgique et le Qatar), doivent également être ceux d'un passage en revue des forces disponibles. Des nouvelles forces disponibles, en l'occurrence.

Vladimir Petkovic avait fait le pari, pour le Mondial, de repousser l'intégration de la nouvelle génération dans l'effectif. L'heure est désormais venue. Aux Kevin Mbabu, Denis Zakaria, Albian Ajeti, Edimilson Fernandes, Djibril Sow et ceux qui suivront durant l'automne de saisir cette opportunité pour s'installer durablement en sélection.

Quatorze mois pour convaincre

Et pour s'imposer dans le groupe qui devra qualifier la Suisse à l'Euro 2020, dont les éliminatoires s'étaleront entre mars et novembre 2019. Là encore, le calendrier est plutôt favorable au processus de renouvellement en douceur qu'entend mener Petkovic. Car il est bien plus facile de se qualifier pour un Euro regroupant près de la moitié des équipes du continent que pour une Coupe du monde.

Vivement critiqué pour sa communication cet été, Vladimir Petkovic n'a cependant peut-être pas fait tout faux dans la gestion de son calendrier. Mais, pour s'accorder sur ce point, la Suisse doit montrer d'encourageants signes de progression durant les quatorze mois à venir.

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