Patrick Rahmen «Personne n'aime jouer contre la Suisse»

ATS

21.6.2023 - 10:05

Patrick Rahmen prendra la direction de Winterthour au terme de l'Euro M21, dans lequel il espère emmener l'équipe de Suisse le plus loin possible. «Les gars ont vraiment envie de réussir quelque chose», lâche le technicien de 54 ans dans une interview accordée à Keystone-ATS.

Patrick Rahmen entend emmener l’équipe de Suisse le plus loin possible à l’Euro M21.
Patrick Rahmen entend emmener l’équipe de Suisse le plus loin possible à l’Euro M21.
Keystone

21.6.2023 - 10:05

Patrick Rahmen, vous avez retrouvé la majorité de vos joueurs il y a trois semaines. Quelle impression l'équipe vous a-t-elle laissée ?

«Une impression très, très positive. Outre la grande qualité des différents joueurs, c'est surtout la cohésion au sein de l'équipe qui m'a impressionné. Les gars ont vraiment envie de réussir quelque chose. Il y a beaucoup d'énergie à l'entraînement et tout le monde s'entend très bien en dehors du terrain. C'est un bon mélange d'ambiance détendue et de concentration absolue. C'est exactement l'esprit d'équipe dont nous avons besoin à l'Euro pour pouvoir résister à des adversaires dont la classe individuelle est encore plus grande».

Vous faites allusion à l'Italie et à la France, que vous allez affronter dans le groupe D.

«Ces deux nations ont un énorme potentiel. Mais les Norvégiens ne doivent pas non plus être sous-estimés. Malgré tout, je pense que nous avons des chances de réaliser un exploit».

Qualifieriez-vous d'exploit le fait de passer la phase de groupes ?

«Tout doit être réuni pour que nous puissions y parvenir, c'est pourquoi je qualifierais cela d'exploit. On ne laisse pas la France et l'Italie derrière soi aussi facilement. Mais c'est précisément ce que nous devons viser».

Vous abordez cette phase finale avec le slogan «Road to Paris», les trois meilleures équipes du tournoi se qualifiant pour les Jeux olympiques de 2024.

«Le slogan est pertinent. Nous voulons suivre une voie commune. Bien sûr, celui qui participe à un championnat d'Europe veut devenir champion d'Europe. Mais ce n'est pas cela qui doit être mis en avant. C'est la performance qui doit l'être. Le résultat est la quintessence de tout cela. Notre objectif est de prolonger le temps passé ensemble. Car le tournoi en Géorgie et en Roumanie est le dernier dans cette constellation d'équipe – sauf si nous parvenons à nous qualifier pour les Jeux olympiques.»

Le premier match contre la Norvège pourrait être décisif pour le déroulement du tournoi. Êtes-vous heureux de ne pas devoir commencer directement contre l'un des favoris du groupe ?

«Le match inaugural peut être décisif, mais pas nécessairement non plus. Le meilleur exemple – malheureusement négatif – est le dernier championnat d'Europe M21, où l'on a battu le favori du groupe, l'Angleterre, dès le début, mais où l'on n'a finalement pas réussi à passer. Cela n'a aucune importance pour nous de savoir quand nous jouerons contre qui».

Vous avez perdu contre la Norvège en septembre lors d'un match amical (3-2). Quels enseignements avez-vous tirés de ce match ?

«Que nous étions en fait la meilleure équipe, que nous avions nos possibilités en attaque, mais que nous avions trop laissé faire en phase défensive. Nous devons absolument remédier à cela et défendre encore mieux durant cette phase finale».

Vous avez donc de la chance qu'Erling Haaland ne soit pas de la partie avec la Norvège, même s'il pourrait l'être vu son âge.

«Cela aurait certainement été un grand défi de l'arrêter. Mais nous ne sommes pas mécontents qu'il ne soit pas là».

A propos de Haaland, la Norvège compte dans ses rangs un joueur de classe mondiale absolue, malgré une faible population de seulement 5,5 millions d'habitants. Pourquoi la Suisse ne possède-t-elle pas un footballeur d'un tel niveau ?

«Mais nous avons des joueurs de classe mondiale. Par exemple Granit Xhaka. C'est une personnalité, il prend toujours ses responsabilités, il est en permanence au sommet. Ou Manuel Akanji, qui a encore fait un grand pas en avant avec Manchester City. Je ne connais pas beaucoup de défenseurs dans le monde qui sont à son niveau».

Où se situe la relève du football suisse par rapport à celle d'autres pays ?

«Je pense que nous nous sommes rapprochés des nations de pointe ces dernières années. On l'a vu lors de notre match amical en Espagne (défaite 3-2 fin mars), où nous avons pu mettre en difficulté le numéro 1 européen. Mais de nombreux autres pays ont également beaucoup investi et rattrapé leur retard. L'attitude est donc d'autant plus importante. On l'a vu récemment lors de la Coupe du monde des «grands» au Qatar, où le Maroc s'est hissé jusqu'en demi-finale grâce à un incroyable esprit d'équipe et a éliminé des adversaires de qualité nettement supérieure. Par l'organisation, l'attitude et la confiance en soi, tu peux compenser beaucoup de choses».

Et c'est cette mentalité de gagnant qu'il s'agit d'adopter...

«Nous abordons ce tournoi avec confiance et humilité, nous connaissons nos propres qualités, mais aussi celles des équipes adverses. Personne n'aime jouer contre nous. Fondamentalement, il est important que nous entrions dans le tournoi avec un incroyable esprit d'équipe. Et il est également clair que nous devons être prêts comme jamais auparavant».

ATS