Descente aux enfers: rien ne va plus à GC

28.2.2019 - 06:04, ATS

Un monument est en péril: club le plus titré de l'histoire du football suisse (27 fois champion), Grasshopper s'enfonce chaque saison un peu plus dans des sables mouvants.

Sur le plan sportif, l'expérience Thorsten Fink est loin d'être une réussite.
Source: KEYSTONE/ANTHONY ANEX

Avant d'être, peut-être un jour, englouti totalement dans le marasme, le Rekordmeister a-t-il seulement conscience de sa descente aux enfers?

Dernier épisode en date d'un soap opera déprimant, la révélation cette semaine, par les titres de Tamedia, du renvoi de cinq entraîneurs du centre de formation, soupçonnés d'avoir été rémunérés par l'entourage de jeunes joueurs pour garantir à ces derniers une place dans la structure de l'académie.

Fin janvier, c'était la NZZ qui faisait état d'un réel danger de dépôt de bilan, faute d'une augmentation de capital de 6 à 8 mio de francs devenue obligatoire depuis qu'un des principaux investisseurs, Heinz Spross, a décidé de se désengager. Deux jours plus tard, le président Stephan Anliker s'était présenté face aux médias pour affirmer que l'avenir financier de GC était assuré... du moins à moyen terme.

Cette corruption présumée dans le secteur de la formation et ces difficultés économiques seraient peut-être moins inquiétantes (ou importantes) si le club se portait bien sportivement. Ce qui est loin d'être le cas, les Grasshoppers occupant le dernier rang de la Super League. «Nous avons pris conscience qu'il s'agirait pour nous de lutter contre la relégation et c'est pour cela, maintenant que nous avons franchi ce pas, que nous nous en sortirons», garantit à Keystone-ATS Mathias Walther, le directeur sportif de GC.

Un optimisme sans doute rassurant pour certains, mais qui pose tout de même la question d'une possible perte de contact avec la réalité. Peut-être faut-il alors demander l'avis de ceux qui ont connu l'ancienne grande puissance du football suisse de l'intérieur mais portent, aujourd'hui, un regard extérieur sur ce GC 2019.

C'est loin, 2003

«Si vous regardez le classement de ces cinq dernières années, à part un quatrième rang en 2016, GC a fini deux fois huitième, une fois neuvième et est actuellement neuvième. La lutte contre la relégation est presque devenue normale», insistait récemment dans Arcinfo l'ancien gardien des Sauterelles et de l'équipe de Suisse Pascal Zuberbühler.

Les Grasshoppers vivent ce que de nombreux autres clubs ont vécu dans le monde entier: lové dans le prestige d'un palmarès devenu poussiéreux (le dernier titre de champion remonte à 2003) mais qui continue de lui tenir chaud, il peine à croire qu'il peut sombrer. GC est un club qui vit aujourd'hui bien plus sur son passé et ses espoirs – un à un déçus – que sur les faits dont la froideur mord les chairs.

C'est à cet espoir que s'est raccroché le Rekordmeister en août 2017, convaincu qu'il avait trouvé en Murat Yakin le coach providentiel qui guiderait le club vers la lumière. Un fiasco qui n'aura duré que sept mois. C'est le même espoir qui a accompagné l'annonce de la nomination sur le banc de Thorsten Fink lequel, dix mois plus tard, n'a toujours pas réussi à bâtir une équipe compétitive.

Les astres semblaient pourtant s'être alignés le dimanche 25 novembre dernier quand, presque simultanément, le peuple zurichois acceptait enfin dans les urnes le projet d'un nouveau stade au Hardturm et que les Grasshoppers venaient à bout, au Letzigrund, de Saint-Gall. Une victoire 2-1 qui demeure, toutefois, la dernière en date d'une formation battue lors des six rencontres suivantes et qui n'a pu que ralentir l'hémorragie le week-end passé à Thoune (1-1).

Les deux nouveaux visages de l'espoir

Au plus fort de l'inquiétude, dans les jours entourant le match des cancres contre Neuchâtel Xamax (0-1) le 17 février, Manuel Huber, CEO de Grasshopper, s'était offert deux semaines de vacances dans les Caraïbes. Une absence qui a choqué jusqu'au directoire du club, avait alors écrit Blick. Tensions supplémentaires pour un GC qui aurait besoin de sérénité.

Mais qui aurait surtout besoin de points, et la pression sur Thorsten Fink se fait de plus en plus pesante. «C'est à l'entraîneur de faire en sorte que l'équipe soit performante», dit Mathias Walther, tout en affirmant qu'un changement sur le banc n'est pas d'actualité. Reste à savoir pour combien de temps.

Le directeur sportif est persuadé que l'effectif a été renforcé de manière adéquate pour relever le défi, pensant essentiellement aux engagements cet hiver du Français Yoric Ravet et du Brésilien Francisco Caiuby, arrivés à Zurich en provenance de la Bundesliga. «Avec eux, nous avons injecté dans l'équipe l'expérience qui faisait défaut», pense (ou espère?) Mathias Walther. Tiens, l'espoir, à GC, s'est trouvé deux nouveaux visages...

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