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«Neutraliser Messi? Impossible»: le constat sans détour de Raphaël Wicky
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La Suisse peut créer l'exploit

«Neutraliser Messi? Impossible»: le constat sans détour de Raphaël Wicky

Pour Raphaël Wicky, la Suisse peut surprendre l'Argentine de Messi.

Pour Raphaël Wicky, la Suisse peut surprendre l'Argentine de Messi.

AP

Aujourd'hui à la tête du Sporting Kansas City, Raphaël Wicky est persuadé que la Suisse est capable de battre l'Argentine en quart de finale du Mondial. Même si l'Albiceleste peut compter sur le génie de l'insatiable Lionel Messi.

Keystone-ATS, Lucien Willemin
Keystone-ATS

Keystone-ATS, Lucien Willemin, Keystone-ATS

10.07.2026, 18:50•10.07.2026, 18:54

Le Haut-Valaisan a eu du flair en acceptant l'offre du club de MLS en janvier. Six mois plus tard, le voici aux premières loges du quart de finale entre la Suisse, dont il a porté le maillot 75 fois entre 1996 et 2007, et l'Argentine, avec laquelle il partage son centre d'entraînement depuis plus d'un mois. Dans une interview accordée à Keystone-ATS, l'ancien milieu de terrain livre son pronostic et partage ses souvenirs, lui qui a conclu sa carrière internationale face à... l'Argentine de Messi.

Kansas City vit aussi pour le football

Raphaël Wicky, comment se passe la cohabitation avec les champions du monde? Vous avez pu glaner des informations précieuses pour Murat Yakin?

«En fait, on a dû se croiser deux ou trois fois depuis le début. On a un deal avec eux: on est là le matin et on doit libérer les installations à une certaine heure. Il y a des règles à suivre. Mais de toute façon, Murat n'a pas besoin de mes infos. Je suis certain que lui et son staff ont bien observé les matches et seront prêts.»

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MLS

Raphaël Wicky engagé de l’autre côté de l’Atlantique

Kansas City est plutôt une ville de football américain, avec les Chiefs qui ont remporté trois Super Bowl depuis 2019. C'est devenu une ville de «soccer» ces dernières semaines?

«Pas seulement depuis quelques semaines. «Notre» football a toujours eu de l'importance ici, car Kansas City est l'une des dix villes fondatrices de la MLS. Le Sporting a été sacré deux fois champion (réd: en 2000, sous le nom des Wizards, et en 2013). Et même si les dernières années ont été un peu moins bonnes, le club a une grande importance pour la ville. Il y a aussi le Current, l'équipe féminine, qui a son propre stade. Mais bien sûr, les grands noms ici restent les Chiefs et les Royals (baseball).»

«La Suisse peut créer l'exploit»

Parlons de l'équipe de Suisse. Qu'avez-vous pensé de son parcours jusqu'ici?

«Comme tout le monde, je suis super excité qu'ils soient en quarts. Cette équipe a écrit l'histoire, c'est magnifique et exceptionnel. J'ai été joueur et entraîneur et je connais le travail qu'il y a derrière. Ce n'est pas facile, surtout quand les attentes sont aussi élevées. Il y a eu de la surprise après ce premier match nul contre le Qatar, mais depuis, c'est très solide.»

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Humilité et réalité

Pourquoi les Argentins abordent la Suisse avec autant de respect

C'est peut-être moins flamboyant qu'à l'Euro 2024, mais défensivement, c'est très impressionnant. On l'a vu contre la Colombie...

«Ça a beaucoup à voir avec le onze et le nombre d'éléments offensifs alignés. Mais c'est un tournoi, il y a des moments où il faut se créer des occasions autrement. La plupart du temps, ce sont de bons changements qui ont amené des choses. On l'a vu avec la fraîcheur apportée par Manzambi, par exemple. Parfois, la solution ne passe pas par le foot champagne. La Suisse a une identité de jeu claire, et c'est ça qui compte.»

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ILS L'ONT FAIT

Au bout du suspense, la Nati écrit l'histoire et retrouve les quarts !

Elle semble aussi posséder une force mentale impressionnante. Surpassera-t-elle celle de l'Argentine, qui est revenue de nulle part contre l'Egypte en 8es de finale?

«Oui, cela va jouer un rôle important. Si la Suisse est devenue si forte, c'est aussi grâce à l'expérience accumulée. Tous ses joueurs évoluent dans les grands championnats et sont sous pression chaque week-end. Ils ont presque tous déjà vécu des grands tournois, des Euros et des Coupes du monde. Les Argentins aussi sont très costauds, mais ils ont des faiblesses, on l'a bien contre le Cap-Vert et l'Egypte. Cela dit, ils peuvent compter sur un joueur unique.»

Messi, un joueur à part

Justement, vous étiez au stade lorsque Messi a inscrit un triplé contre l'Algérie à Kansas City (3-0). Qu'est-ce qui vous frappe le plus chez lui?

«Premièrement, sa faim, le fait qu'il veuille toujours jouer pour gagner chaque match. Deuxièmement, sa capacité d'éliminer trois ou quatre joueurs en une seule accélération, comme quand il avait 30 ans. Troisièmement, la façon dont ses coéquipiers le suivent. J'ai pu le voir quand on s'est croisé: c'est le chef et il a sa bande autour de lui. L'Argentine a de nombreuses stars, mais une seule voix compte. C'est une force énorme pour cette équipe.»

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Suisse - Argentine

Granit Xhaka insatiable : «Maintenant, on veut aller jusqu'au bout !»

Qu'est-ce que la Suisse doit faire pour le neutraliser?

«Je ne sais pas si on peut neutraliser Messi. Tous les entraîneurs essaient, mais personne n'a réussi en 20 ans. Ce que la Suisse doit faire, c'est garder le ballon, idéalement dans le camp adverse. Elle a les joueurs pour: Xhaka au coeur du jeu, Akanji à la relance.»

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Il évoque son idole...

«J’ai passé des jours difficiles» - Lionel Messi fend l’armure

Murat Yakin contre Lionel Scaloni, est-ce que ce sera aussi un duel de tacticiens?

«Ça m'étonnerait que Scaloni bouge quelque chose. Depuis la retraite d'Angel di Maria, tout tourne autour de Leo. Le système argentin est assez clair, très axial. Par contre Murat pourrait surprendre. Il est très fort dans la lecture du jeu.»


Vous croyez que l'exploit est possible?

«Oui, j'y crois. La Suisse a une vraie chance de gagner. Les Argentins ont eu des soucis, même contre l'Algérie. A la mi-temps c'était seulement 1-0 car Messi a mis le ballon dans la lucarne. Ce n'était pas un match à sens unique.

Eight remain. #FIFAWorldCup pic.twitter.com/aT2X4ymon0

— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) July 8, 2026

Les souvenirs d'un ancien international

En 2006, vous étiez sur le terrain lors du 8e de finale perdu contre l'Ukraine aux tirs au but. Le succès actuel de la Suisse, c'est aussi un peu le vôtre?

«On a certainement aidé à construire le foot suisse actuel en se qualifiant pour l'Euro 2004, puis pour le Mondial 2006. On a partagé cette expérience des tirs au but, malheureusement on a perdu. En quelque sorte, j'étais avec eux, dans leurs chaussures. Mais c'était il y a 20 ans. La plupart des joueurs actuels ne se rappellent sans doute pas de ce qui s'était passé à l'époque.

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Super League

Raphael Wicky n’est plus l’entraîneur des Young Boys

Joli clin d'oeil: vous avez joué votre dernier match avec la Suisse contre l'Argentine, le 2 juin 2007. Quel souvenir en gardez-vous?

«Je me souviens très bien de ce match. C'était à Bâle. Il pleuvait beaucoup. Deux joueurs étaient au-dessus du lot à l'époque: Carlos Tevez et, évidemment, Messi. L'Argentine avait des grands noms, mais à 19 ans, il était déjà beaucoup plus fort que les autres.


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