Tempête en vue pour le président de la FIFA Gianni Infantino

ATS

10.12.2020 - 16:30

Un procureur suisse a relevé des «indices» selon lesquels le président de la FIFA Gianni Infantino s'est rendu coupable de «gestion déloyale». Un vol en jet privé payé par l'instance du football est évoqué.

Le président de la FIFA Gianni Infantino est accusé de «gestion déloyale».
Keystone

Cette nouvelle accusation, qui ne fait pas formellement l'objet d'une enquête, s'ajoute à la procédure ouverte le 30 juillet contre le dirigeant italo-suisse pour «incitation à l'abus d'autorité», à la «violation du secret de fonction» et à «l'entrave à l'action pénale».

«Sur la base des investigations menées» au sujet d'un vol en jet privé entre le Suriname et la Suisse, remontant à 2017, «Stefan Keller est d'avis qu'une instruction pénale doit être ouverte pour gestion déloyale», ont indiqué ses services. Le magistrat n'est cependant «pas compétent pour ouvrir une telle instruction» et a donc transmis ses conclusions au Ministère public de la confédération (MPC).

Président de la Cour suprême du canton d'Obwald, Stefan Keller avait été désigné «procureur extraordinaire» début juillet pour enquêter sur les soupçons de collusion entre la FIFA et l'ancien chef du MPC, Michael Lauber. Ses investigations portent sur trois rencontres secrètes tenues en 2016 et 2017 entre M. Lauber et Gianni Infantino, non mentionnées dans les multiples procédures ouvertes depuis 2015 sur le football mondial, dans lesquelles la FIFA est partie civile.

L'affaire a contraint cet été Michael Lauber à la démission, mais la justice interne de la FIFA a blanchi mi-août M. Infantino. Le dirigeant a depuis jugé «absurde» d'être mis en cause pour avoir rencontré un magistrat et assure qu'il voulait juste montrer à M. Lauber combien la FIFA avait changé depuis les «fonctionnaires corrompus» de l'ère Sepp Blatter, son prédécesseur.

Malveillant et diffamatoire

La FIFA a réagi vivement à cette nouvelle accusation en apportant son soutien à M. Infantino: «Ce communiqué (de Stefan Keller) est à la fois malveillant et diffamatoire et démontre sa partialité extrême», a-t-elle estimé.

«Les méthodes du procureur extraordinaire Stefan Keller d'accuser et de porter préjudice en publiant des communiqués de presse sans justification frisent la diffamation et sont rejetés dans les termes les plus forts par la FIFA et son président», poursuit le communiqué. Il précise que la FIFA et son président prendront toutes les mesures juridiques nécessaires pour «mettre fin à ces accusations sans fondement et mal intentionnées».

Dans le cadre de cette enquête, Stefan Keller a entendu M. Blatter mercredi en tant que «personne appelée à donner des renseignements», alors que le Suisse âgé de 84 ans est lui-même poursuivi depuis 2015 pour «gestion déloyale».

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ATS