L'équipe de Suisse dames va ouvrir un nouveau chapitre de son histoire vendredi à Jerez. Le match amical prévu contre la Belgique sera le premier sous la direction de Rafel Navarro.
Le technicien espagnol a succédé de manière un peu surprenante à l'expérimentée Suédoise Pia Sundhage. Le nom de Navarro ne dit pas grand-chose à la majorité des joueuses, à l'exception d'Ana-Maria Crnogorcevic et Sydney Schertenleib.
Crnogorcevic a fait la connaissance du nouveau sélectionneur en 2019, quand elle est arrivée au FC Barcelone où Rafel Navarro officiait comme assistant. Et Schertenleib a travaillé avec lui depuis son transfert dans le club catalan en été 2024.
Superlatifs
Toutes deux ont exprimé leur surprise à l'annonce de la nomination de l'Espagnol. Pour le décrire, les superlatifs sont légion dans la bouche des deux Suissesses. Ses entraînements font plaisir, il est «super communicatif», «très bien humainement» et «calme en sachant élever la voix si nécessaire.»
A Barcelone, Navarro était notamment chargé des balles arrêtées. Les louanges quant à ses qualités humaines reviennent souvent. Cet aspect avait parfois été critiqué chez Pia Sundhage, à qui il était reproché entre autres de ne pas parler assez avec l'équipe.
La Suédoise a toujours rejeté ces critiques, les assimilant à des bruits. Mais certaines joueuses ont certainement accueilli le changement de sélectionneur sans verser la moindre larme.
Manque d'identité
«En football, il y a toujours des cycles. Je pense qu'il est important d'avoir un nouveau projet pour les prochaines années», a expliqué Ana-Maria Crnogorcevic. «Lors des années précédentes, une identité claire nous a manqué. Il n'y avait pas une marque de fabrique dans le jeu de la Suisse. J'espère que nous allons y parvenir à l'avenir», a-t-elle développé.
Rafel Navarro a déjà dit aux joueuses ne pas vouloir construire un Barcelone 2.0, mais il prône un jeu offensif et veut améliorer le travail avec et sans le ballon.
Il sera important qu'il puisse rapidement dégager une équipe-type. Le test de vendredi contre la Belgique sera suivi d'un autre, mardi 2 décembre, toujours à Jerez mais face au Pays de Galles. Les choses sérieuses commenceront en mars prochain avec le début des qualifications pour la Coupe du monde.
Nouveau système
«C'est parfait d'avoir ces deux matches amicaux», relève Sydney Schertenleib. «Nous avons dix jours pour essayer des choses et voir comment Rafel veut nous faire jouer. Nous allons probablement évoluer avec un nouveau système», ajoute Crnogorcevic.
Celle-ci a coché la Coupe du monde comme un objectif. Encore sous contrat jusqu'à la fin de l'année avec Seattle Reign, elle ne sait pas encore de quoi son avenir sera fait. «Je tends vers un retour en Europe. J'aimerais trouver un projet qui me passionne», dit-elle, en précisant vouloir jouer encore au moins un an et demi, après quoi la fin approchera gentiment.