Mondial de hockey Une Suisse qui respire la sérénité dans la difficulté

Nicolas Larchevêque, à Zurich

17.5.2026

Au lendemain de sa solide performance face aux États-Unis (3-1), l’équipe de Suisse de hockey sur glace se devait de confirmer samedi à Zurich face à la Lettonie, un adversaire largement à sa portée au premier abord. Roman Josi et ses coéquipiers se sont néanmoins compliqués la tâche avant de dérouler face à des Baltes plus frais et qui ont pu compter sur un dernier rempart impérial. Voici les trois points à retenir du second succès (4-2) de la troupe à Jan Cadieux dans «son» Mondial.

Jan Cadieux : «Je n’étais pas content, mais les gars ont su répondre»

Jan Cadieux : «Je n’étais pas content, mais les gars ont su répondre»

La réaction de Jan Cadieux, entraîneur de l’équipe de Suisse, après la victoire de sa formation face à la Lettonie (4-2) samedi à Zurich au Mondial de hockey sur glace 2026.

16.05.2026

Nicolas Larchevêque, à Zurich

On a aimé...

... la sérénité helvétique. S’ils avaient réalisé une entrée en matière tonitruante face aux Etats-Unis vendredi (3-1), les Suisses ont eu plus de peine pour prendre les commandes de la rencontre samedi. La pénalité infligée à Ken Jäger après 55 secondes de jeu a ainsi permis aux Lettons de mieux rentrer dans le match.

Il a alors fallu attendre la 8e minute et un tir de Théo Rochette pour voir la première tentative helvétique «cadrée». Dès lors, l’attaquant lausannois et ses partenaires ont gentiment pris le jeu à leur compte. Mais malgré une avalanche d’occasions, ni Roman Josi (13e, deux fois à 21e et 27e), ni Nino Niederreiter (latte à la 19e), ni Janis Moser (25e), ni Pius Suter (26e) et ni Denis Malgin (28e) ne sont parvenus à faire sauter le verrou balte. Ce n’est pas pour autant que ceux-ci ont cédé à la panique.

Et même si l’égalisation lettone du «Zurichois» Rudolfs Balcers est tombée moins de deux minutes après l’ouverture du score tant attendue et signée finalement par Timo Meier à la mi-match, la Suisse a continué de travailler, sans s’énerver. «On sentait qu’ils allaient craquer. On mettait tellement de pression ligne après ligne que ce n'était qu'une question de temps avant que le rouleau compresseur puisse se mettre en marche», a analysé Damien Riat, buteur tant sur le 2-1 que le 4-1.

Le sentiment du buteur du LHC a fini par se confirmer avec ce succès 4-2. Il reflète également une autre réalité : à une certaine époque, l’équipe de Suisse aurait sans doute laissé filer la victoire dans une telle rencontre face à un adversaire dit «plus faible». Preuve qu’elle a considérablement grandi ces dernières années et qu’elle fait bel et bien partie désormais des cadors du hockey mondial.

Nos trois étoiles de la rencontre

  • ⭐️ Damien Riat. Avec deux buts, l’attaquant du Lausanne HC a été l’un des grands artisans du succès suisse. Il faut toutefois relever que sur ses deux réussites, il a bénéficié de l’excellent travail de ses collègues. Sur le 2-1 en power-play, c’est Sven Andrighetto qui a eu le coup d’oeil pour voir le Genevois esseulé dans l’enclave. C’est ensuite Simon Knak qui lui a adressé une merveille de passe sur le 4-1. Mais Riat a su être là au bon endroit, au bon moment.
  • ⭐️ Kristers Gudlevskis. Le dernier rempart de la Lettonie a écoeuré durant de longues minutes les attaquants suisses en multipliant les parades samedi. «Il a fait un très gros match et nous a freinés en début de match», a d’ailleurs reconnu Riat. L’ange gardien du club allemand des Fischtown Pinguins de Bremerhaven a fini par céder, mais ses 39 arrêts démontrent bien les difficultés rencontrées par la Suisse. 
  • ⭐️ Sandro Aeschlimann. Préféré à Leonard Genoni, excellent la veille, le portier du HC Davos a également livré la marchandise face à la Lettonie. Il a notamment permis à ses couleurs de ne pas concéder l’ouverture du score dans un début de partie en dents de scie grâce à plusieurs arrêt. En fin de match, il s’est également montré solide. Jan Cadieux pourra ainsi compter sur deux gardiens en pleine possession de leurs moyens pour la suite du tournoi. Un luxe quand on sait qu’il a encore derrière un certain Reto Berra, toujours malade.

On a moins aimé...

... le manque d’efficacité de la Suisse. Si les hommes de Jan Cadieux ont su faire preuve de patience pour empocher les trois points, il faut également relever que ceux-ci se sont montrés particulièrement maladroits devant la cage adverse, certes défendue par un grand Kristers Gudlevskis. La preuve en est : avant le 1-0 de Timo Meier, le vidéotron de la Swiss Life Arena affichait la statistique affolante de... 30 tirs à 8 en faveur des Helvètes !

«On a eu de la peine à trouver cette solution pour marquer. Les Lettons ont fait un bon job défensif», a avoué Théo Rochette. «On doit être plus précis et avoir cette volonté de tirer au lieu de chercher la passe parfaite. On doit être focus sur notre jeu pendant 60 minutes», a pour sa part relevé Janis Moser.

La formation rouge à croix blanche est finalement parvenue à passer l’épaule, mais tout ne fut pas parfait ce samedi soir. Et c’est sans doute Riat qui a résumé de la meilleure des manières la situation en rappelant : «C’est un processus, le tournoi est long. On veut vraiment corriger les petites erreurs et arriver dans la phase finale dans les meilleures dispositions.» Un point positif pour la Nati, qui a encore cinq sorties pour s’ajuster avant les quarts de finale.

Le facteur X

Disputer un deuxième match en 24 heures. L’autre élément qui a pesé sur la rencontre, c’est la fraîcheur. Alors que la Suisse a durement bataillé vendredi face aux Etats-Unis, la Lettonie était, elle, pendant ce temps-là en journée de «repos». On a ainsi eu la sensation que les locaux se sont présentés sur la glace avec les jambes plus lourdes que leurs opposants, prêts physiquement contrairement aux Américains la veille.

Une impression réfutée par les principaux intéressés. «Ce n’est pas une excuse. C’est un tournoi dans lequel les matches s’enchaînent et on doit être prêts», a rétorqué Rochette. Pour Moser, il y a toujours deux poids, deux mesures. «Tu peux dire qu’on avait déjà joué et qu’on était déjà dans le ‘flow’. À l’inverse, tu peux aussi dire que les Lettons avaient plus d’énergie. C’est donc difficile à analyser», a avancé le Biennois.

Quoi qu’il en soit, ce dernier et ses compères ont désormais devant eux une «bonne journée de récupération pour recharger les batteries», dixit Moser, avant de remettre le couvert lundi soir face à l’Allemagne.

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