Malgré l'affaire Fischer, l'équipe de Suisse semble être sur la bonne voie à l'approche du Championnat du monde à domicile. La sélection de Yannick Frehner revêt une importance particulière.
Avant l'entrée en lice vendredi prochain à Zurich face aux Etats-Unis, l'affaire concernant l'ancien sélectionneur Patrick Fischer et son faux certificat Covid est toujours au coeur de l'attention. Mercredi, Fischer a de nouveau fait la une des journaux après la publication d’une interview.
De quoi semer le trouble au sein du groupe? «Non, je ne pense pas, déclare le gardien Leonardo Genoni à Keystone-ATS avant sa douzième participation au Championnat du monde. Nous avons abordé le sujet très souvent et de manière approfondie. C'était important. Mais nous avons aussi dit qu'il fallait aller de l'avant. Tout le monde l'a fait. Au final, nous devons jouer le Mondial et non pas discuter.»
Genoni voit un potentiel d’amélioration tant dans l’organisation défensive que dans le jeu offensif. «Nous devons encore y mettre un peu plus d’intensité. Mais je n’ai pas peur, ça viendra. Nous sommes sur la bonne voie.» Il s’est particulièrement réjoui de la façon dont ses coéquipiers se sont sacrifiés: «Je crois que je n’ai jamais vu autant de tirs bloqués lors d’un match de préparation pour un Championnat du monde.»
Cadieux en contact avec Fischer
Jan Cadieux, qui a succédé à Fischer au poste de sélectionneur national en raison de cette fraude, reste en contact régulier avec son prédécesseur. Il lui a d’ailleurs téléphoné dimanche soir, confie-t-il: «Je l’apprécie beaucoup. Après ma première victoire en tant que sélectionneur national, je crois que le premier SMS que j’ai reçu venait de Patrick Fischer. C’est aussi grâce à lui que je suis ici aujourd’hui. Il m’a toujours soutenu.»
Cadieux s’est également exprimé au sujet de l’attaquant de Zurich Sven Andrighetto, qui a subi une commotion cérébrale le 25 mars lors du troisième match des quarts de finale des play-offs contre Lugano et qui n’a plus pu jouer depuis.
«Il est sur la bonne voie. Nous devons toutefois faire preuve d’intelligence et ne voulons prendre aucun risque.» Il espère qu’Andrighetto pourra disputer au moins un match ce week-end contre la Suède ou la Tchéquie. «C’est l’objectif, si tout se passe au mieux», a déclaré Cadieux.
La situation de Philipp Kurashev reste incertaine. «J’espère que ça va fonctioner pour lui», dit Cadieux. «Il passera d’autres examens dans les prochains jours pour évaluer si son état s’est amélioré. Ensuite, nous devrons décider combien de temps nous pouvons encore attendre.»
Une sélection tardive
L’un des 13 nouveaux venus en sélection pour cette dernière phase de préparation est Yannick Frehner, qui a disputé son premier match international contre la Finlande à l’âge de 28 ans. «C’est la récompense de ma saison, mais c’est tout de même fou», déclare l’attaquant de Davos, qui s’est particulièrement illustré en play-off avec cinq buts et quatre passes décisives en 17 matches.
Frehner savait qu’il était candidat pour le Mondial. Mais ce n’est que dans la nuit de dimanche à lundi qu’il a reçu la confirmation définitive. Cadieux lui a envoyé un message dimanche soir à 23h30. «En fait, je voulais déjà dormir», raconte Frehner. «Mais je me suis réveillé, j’ai regardé mon portable et j’ai rappelé Jan à minuit et demi. Après ça, impossible de dormir», dit-il en riant.
Cette sélection en équipe nationale est-elle une sorte de compensation pour la défaite subie avec le HCD en prolongation lors du septième match décisif de la finale contre Fribourg-Gottéron? «Compensation n’est pas le mot juste», dit Frehner. «Cela me donne simplement un nouvel objectif, une distraction. Quand tout ça sera terminé, je devrai vraiment digérer tout ça. Ça fait encore extrêmement mal.»
Il considère cette opportunité en équipe nationale comme une «super expérience». Et il ne manque pas d’énergie: «Si c’était le cas, quelque chose n’irait pas.» Certes, il reprendra ses études de physiothérapie la semaine prochaine, mais il préférerait les mettre en suspens encore un peu plus longtemps et être lui-même sur la glace le 15 mai pour le coup d’envoi du Championnat du monde.