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Gerd Zenhäusern se prête au portrait avant les play‑off (archives).
KEYSTONE
Directeur sportif depuis mars 2024, Gerd Zenhäusern a su construire un effectif capable d'aller chercher le premier titre de l'histoire de Fribourg-Gottéron. Mais le Valaisan reste très humble.
«Les dieux du hockey étaient avec nous!» Sur la glace davosienne et alors que derrière lui les joueurs se congratulent et qu'une pluie de houblons s'abat au loin, Gerd Zenhäusern se replonge sur les derniers mois avec beaucoup de recul. Le directeur sportif s'excuse presque de retenir ses émotions. Ce qu'il ne cache pas en revanche, c'est cette joie de voir Reto Berra et Julien Sprunger soulever le trophée. «C'est Hollywood!, lance le Valaisan. C'est indescriptible.»
Quand il évoque les dieux du hockey, Gerd Zenhäusern pense à cette chance qui a accompagné les Fribourgeois pendant la saison et encore plus durant les play-off. Deuxième de la saison régulière, Gottéron est passé proche d'une saison ratée au cours d'une série de quarts de finale remportée 4-3 et un but de Jecker...en prolongation. Mais plutôt que de parler de doute, le directeur sportif préfère parler de tension: «Après avoir été mené 3-2 contre Rapperswil, il y a eu un moment de grosse tension, parce qu'on savait qu'il y avait des joueurs majeurs qui étaient blessés. On savait que ça allait être difficile, mais quand tu perds, les gens ne regardent pas la feuille de match. Pour eux, tu gagnes ou tu perds. Donc là, il y a eu un peu la peur d'avoir une saison ratée.»
Puis en demi-finales, Fribourg a su se ressaisir pour dominer Genève en cinq matches. «On savait que Genève était une équipe très lourde, forte physiquement, relève Zeno. Sur l'ensemble, on est d'accord qu'on n'aurait peut-être pas mérité le 4-1, mais à la fin on a de nouveau trouvé une solution. En finale, on en a eu la chance avec nous, il faut le dire. Les dieux du hockey étaient de notre côté. Peut-être un peu pour Julien, un peu pour Reto, mais on prend. (il sourit)»
L'année passée, Wallmark, Dorthe et Sprunger avaient inscrit des buts victorieux en prolongation. Cette saison, Jecker, Sprunger, Gerber et Wallmark ont été les héros du temps supplémentaire. Cela veut dire que le contingent est bien balancé. «Notre devise depuis le début était de dire que l'on voulait quatre lignes capables de marquer, explique-t-il. Parce qu'à un moment donné, si tu ne comptes que sur une ou deux lignes, on sait comment ça marche en play-off. Là, dès le début, il y a eu 4 lignes capables de produire offensivement tout en étant fiable défensivement.»
En voyant un Jamiro Reber, 19 ans, inscrire le 0-2, on se dit que l'avenir est plutôt rose du côté de Gottéron. «Il fallait développer les jeunes, appuie Zenhäusern. parce qu'on ne sait pas qui va être le joueur le plus important à la fin. Et on a commencé cette saison comme ça, au niveau du travail quotidien, dans la répartition de la glace avec les jeunes. On a dit que ce serait peut-être Galley qui nous ferait gagner le titre. Donc on était obligé de travailler avec tout le monde. Et c'est ça en fait, la profondeur. Ce sont ces jeunes joueurs qui ont pu gagner leur place et jouer. Et personne ne s'est inquiété de savoir si X ou Y n'était pas là.»
En allant chercher Roger Rönnberg, double champion de Suède avec Frölunda, Gerd Zenhäusern a là encore mis dans le mille. Il s'agissait aussi de bousculer les mentalités en place. «Honnêtement, on entend toujours des trucs quand ça frictionne un peu, mais c'était aussi voulu, a répondu le directeur sportif à une question concernant le côté très présent du Suédois sur le dos des joueurs. A un moment donné, on savait qu'il fallait sortir de notre zone de confort pour aller chercher quelque chose. C'était impossible de rester immobile.
Il fallait changer quelque chose au niveau du travail. Tous les jours, il fallait challenger. Et c'est clair qu'il y en a certains qui n'ont pas aimé tout de suite. Mais je pense qu'assez vite, ça s'est calmé et il fallait aussi une forte personnalité pour avancer, parce qu'à un moment donné, quand il y a tellement de changements, il faut garder le cap. Et si tu ne gardes pas le cap, tu hésites et tu commences à devenir un petit peu mou. Donc on a toujours dit 'Non, on y va' même si à un moment ça doit frictionner avec un ou deux, ce n'est pas si grave.»
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