National League «Ça fait mal» - Les rêves d’exploit historique de Zurich anéantis

par Marcel Hauck

14.4.2026 - 08:36

Un HC Davos impressionnant a anéanti le rêve des Zurich Lions de devenir la première équipe depuis trente ans à remporter trois titres consécutifs. L'analyse se fera rapidement, mais la frustration est profonde.

Double tenant du titre, le Z s'est incliné 4-1 en demies contre Davos.
Double tenant du titre, le Z s'est incliné 4-1 en demies contre Davos.
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Keystone-SDA, par Marcel Hauck

Les visages sont vides, presque personne ne parle, aucun bruit ne s'échappe du vestiaire. «Je n'ai encore rien dit aux joueurs», explique l'entraîneur Marco Bayer tard dimanche soir dans les coulisses de la patinoire de Davos. «Pour l'instant, je suis simplement déçu. Ça fait mal.»

C’est un sentiment que l'on n'avait plus connu depuis longtemps du côté du «Z», habitué au succès avec deux titres consécutifs de champion de Suisse et même un sacre en Ligue des champions la saison dernière.

La tâche s'annonçait difficile. Le HC Davos avait traversé la qualification et les quarts de finale avec tant d'assurance et de conviction. On s'attendait pourtant à une série serrée. Mais tout s'est terminé après seulement cinq matches pour les Lions.

Manque d'efficacité, manque de soif de victoire

L'analyse évidente conduit Bayer et le capitaine Patrick Geering à la même conclusion. Il manquait de l'efficacité, l'équipe n'a pas été assez rigoureuse. «Quand tu gagnes, c'est que tu as tout fait juste», constate Geering. «Quand tu perds, c'est que tu n'as pas fait assez de choses correctement. Ce sont toujours les détails qui font la différence, et nous n'avons pas réussi à les faire pencher de notre côté.»

Depuis que le grand HC Kloten des années 1990 a été sacré champion quatre fois de suite, aucune équipe n'a plus réussi le triplé. Bayer avait déjà évoqué avant les play-off «une saison extrêmement difficile». «On peut certes se dire ‘maintenant, on vise le troisième titre’. Mais dans certains matches, il y a quand même une certaine satisfaction qui s'installe. C'est humain.»

Au HC Davos, qui dispute la finale pour la première fois depuis son 31e titre de champion il y a onze ans, la soif de victoire est sans doute un tout petit peu plus grande. Au final, cette élimination nette en play-off reflète aussi une qualification difficile, que les Zurich Lions ont terminée «seulement» à la 4e place.

Les statistiques sont révélatrices: depuis le championnat 2020 interrompu par le coronavirus, le vainqueur de la qualification a été sacré champion quatre fois de suite avant que le «Z» ne double la mise la saison dernière après avoir terminé deuxième. En finale, pour la troisième fois en cinq ans, le premier affronte le deuxième; les deux autres fois, c'était le premier contre le troisième.

La longue phase de qualification n'a donc rien d'insignifiant. Marco Bayer rit d'ailleurs d'un air amer. «Aujourd'hui en particulier, je trouve que ce n'est pas une bonne chose de notre point de vue», estime-t-il. «Mais pour la ligue, c'est bien et juste qu'il en soit ainsi.»

Le poids de l'absence d'Andrighetto

Il est également vrai que les Zurichois ont dû faire face cette saison non seulement au blues du champion, mais aussi à une série de blessures. Les Lions ont souvent manqué de leurs dents les plus acérées, dont Sven Andrighetto était sans doute la figure clé absolue ces derniers temps.

«Cela ne doit pas servir d'excuse, c'est pareil pour les autres équipes», rappelle Marco Bayer. Mais Andrighetto est sans doute le seul joueur qui soit pratiquement irremplaçable, même dans un effectif aussi large et de haut niveau que celui du «Z». Il était absent depuis le troisième match des quarts de finale contre Lugano en raison d'une commotion cérébrale.

«Il voulait absolument revenir sur la glace», confie le directeur sportif Sven Leuenberger. «Mais dans ce genre de situation, il faut aussi protéger le joueur.» Andrighetto aurait peut-être pu tenir jusqu'à la finale, mais désormais, c'est au moins l'équipe de Suisse qui espère son retour pour le Championnat du monde à domicile.

Pour les Zurichois, cette élimination en demi-finale ne répond évidemment pas aux attentes élevées. «Nous sommes Zurich, nous avons l'ambition de jouer le titre de champion», souligne Marco Bayer. «Nous allons certainement tirer certaines conclusions et repartir à l'attaque l'année prochaine.»

Le coach ne sait toutefois pas avec certitude s'il sera encore aux commandes l'année prochaine. «Cela ne dépend pas de moi, ce n'est pas ma décision», déclare encore Marco Bayer avec un sourire quelque peu forcé. Cela dépend de Sven Leuenberger et, en fin de compte, du nouveau président Lorenz Frey-Hilti.

Une chose est sûre: Marco Bayer a un contrat pour une saison supplémentaire, et un renvoi prématuré serait surprenant. Sven Leuenberger lève donc les yeux au ciel face à cette question et renvoie à l'analyse précise de la saison à venir.