Christian Dubé : «La situation actuelle est tout sauf simple»

ck, ats

5.1.2022 - 11:06

Le cumul des tâches réussit à Christian Dubé. Entraîneur et directeur sportif de Fribourg-Gottéron, il a mené le club en tête de la National League. Mais le Covid-19 et les Jeux olympiques lui causent des soucis.

Le coronavirus tourmente Christian Dubé.
KEYSTONE

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5.1.2022 - 11:06

Dubé (44 ans) s'est confié à Keystone-ATS. Le Canadien, deux fois champion de Suisse avec Berne en tant que joueur, a détaillé ses attentes et ses craintes sur la fatigue mentale et la suite de la saison.

Christian Dubé, Fribourg a été l'une des rares équipes à ne pas avoir subi une quarantaine durant les Fêtes. Vos joueurs sont-ils plus disciplinés que les autres?

(rires) «Non, on ne peut pas dire ça. Nous testons seulement les joueurs qui présentent des symptômes, et de nombreux n'en ont pas avec le nouveau variant. Je trouve problématique que les mêmes procédures ne soient pas appliquées partout. Pour notre part, nous suivons les recommandations de nos médecins.»

Très compliqué

Seriez-vous satisfait si les tests étaient faits partout de la même manière?

«Naturellement. Il y aurait alors une situation idéale avec un système similaire pour tous. Il y a actuellement de grosses différences entre les médecins cantonaux et les médecins des clubs. Regardez aussi pour les écoles. Quelques kilomètres plus loin, tout est différent. Mais c'est la Suisse. Dans certaines situations, c'est bien, mais c'est pour le moment c'est très compliqué. Et c'est comme ça depuis le début de la pandémie.»

Sur la glace, votre équipe se distingue par une grosse discipline. Que faites-vous mieux cette saison par rapport à la précédente?

«Nous avons changé de petites choses dans le système. Mais je pense que l'une de nos grandes forces est d'avoir pratiquement gardé la même équipe. A part Diaz, Haussener et Dufner, pas d'autres joueurs ne sont arrivés. Le staff n'a pas changé non plus. Les joueurs se sentent bien dans cette configuration.»

Situation pas idéale

Les Jeux olympiques arrivent bientôt. Est-ce que cela vous procure de l'inquiétude?

«C'est clair que la situation n'est pas idéale. On se demande ce qu'il se passera si un joueur doit aller en quarantaine. Nous voulons finir la saison. Le fait que mes joueurs voyagent si loin en ces temps incertains ne me procure aucune joie. Nous ne pourrions pas nous permettre que nos meilleurs éléments soient absents dans la phase finale de la qualification ou durant les play-off. Mais on ne peut rien changer, il faut faire avec du mieux possible.»

Si un joueur vous demandait s'il devait accepter ou refuser une sélection pour les JO, que lui répondriez-vous?

«On pourrait évidemment en discuter, mais au final la décision appartient au joueur. Plusieurs facteurs sont à prendre en considération, par exemple s'il a une famille et des enfants, où il en est dans sa carrière et s'il a déjà participé aux JO.»

Si vous étiez plus jeune et encore joueur, auriez-vous accepté une sélection avec le Canada pour aller en Chine disputer le tournoi olympique?

«Si je n'avais pas d'enfants, j'irais.»

Le fait que les JO se passent en Chine change-t-il quelque chose?

«Il y a bien entendu beaucoup de controverses sur la Chine. On se sent un peu moins sûr que si c'était en Allemagne ou en Angleterre. Il y a bien davantage de points d'interrogation.»

Mentalement éprouvant

Craignez-vous que la saison puisse éventuellement ne pas aller à son terme?

«Cette peur existe, oui. La situation actuelle est tout sauf simple. Tout est en perpétuel changement. On joue, on ne joue pas? On se prépare à l'entraînement pour affronter Zoug, et peu après on joue plutôt contre les Zurich Lions. Mentalement, c'est extrêmement éprouvant. Cela nous prend beaucoup de forces.»

Une grande flexibilité est requise. Faut-il un type particulier de joueurs ou d'entraîneur pour bien vivre avec ça?

«Il faut un esprit ouvert, une attitude ouverte. Quelqu'un de strict et qui n'aime pas l'imprévu aura de la peine. Il faut toujours être prêt à affronter ce qui arrive. Il n'y a pas le choix. C'est le monde actuel, et pas seulement le sport, et on doit l'accepter.

Double casquette

Dans cette situation, votre double casquette est-elle plus légère ou plus lourde à porter?

«Un peu des deux. Il est clair que je vois tout de manière très précise, aussi des choses qu'un entraîneur ne sait pas forcément. C'est le côté positif. De l'autre, c'est plus compliqué. La tête est très pleine...»

On dit généralement que le double rôle n'est pas idéal. Pourquoi cela fonctionne-t-il avec vous à Fribourg?

«Chris McSorley l'a assumé longtemps et avec succès à Genève. Le fait d'être bien soutenu est décisif. Gerd (Zenhäusern, ancien entraîneur de Gottéron) m'aide beaucoup en tant qu'assistant du directeur sportif. Cela me permet de me concentrer davantage sur l'équipe. Il participe aussi à la majorité des séances. Donc, cela fonctionne bien.»

Pour finir, est-ce que vous pensez que la saison pourra aller à son terme?

(rires) «C'est l'objectif, naturellement. Mais regardez ce qu'il s'est passé il y a deux ans. Nous nous sommes qualifiés pour les play-off, puis ceux-ci n'ont pas eu lieu. Pour le moment, je pense que personne ne peut dire comment cela sera dans deux semaines ou un mois.»


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